Note personnelle : ,

Wolf-Ferrari, Ermanno — Die neugierigen Frauen (1903)

Format :

  • Comédie musicale (« Musikalische Komödie ») en trois actes, d’après Carlo Goldoni.
  • Musique : Ermanno Wolf-Ferrari
  • Livret : Luigi Sugana, d’après Le donne curiose de Carlo Goldoni ; version allemande de Hermann Teibler
  • Langue : Allemand (version originale de la création) ; version italienne, Le donne curiose

Création :

27 novembre 1903, Residenztheater (aujourd’hui Cuvilliés-Theater), Munich, dans la version allemande. La version italienne, Le donne curiose, fut donnée pour la première fois le 3 janvier 1912 au Metropolitan Opera de New York sous la direction d’Arturo Toscanini.
La partition fut achevée le 4 août 1903. Une première prévue à Venise n’ayant pas pu avoir lieu, le livret italien de Luigi Sugana fut traduit en allemand et la création déplacée à Munich ; presque toutes les œuvres suivantes de Wolf-Ferrari existent ainsi en une version allemande et une version italienne, chacune ayant sa propre création.

Livret :

Sugana adapte la comédie Le donne curiose de Carlo Goldoni, dont les masques de la commedia dell’arte (Pantalone, Arlecchino, Colombina) sont vus à travers le regard de Goldoni, qui avait réformé et littérarisé cette comédie d’improvisation, puis à travers celui du compositeur et de son librettiste. L’action se déroule à Venise au milieu du XVIIIe siècle. Wolf-Ferrari, qui parlait de la pièce comme d’une « accidence » de son œuvre, y trouva le début d’une longue production comique : huit autres comédies suivirent, dont cinq d’après Goldoni.

Intrigue :

  • Acte I : Le riche bourgeois Ottavio et ses amis ont fondé au casino un club d’hommes interdit aux femmes. À l’occasion du prochain mariage de Florindo, le marchand Pantalone les invite tous à un dîner. Chez Ottavio, son épouse Beatrice, sa fille Rosaura, Eleonora et la femme de chambre Colombina s’interrogent sur ce que les hommes font en secret (jeu, plaisirs, pierre philosophale, trésor…). Ni les menaces envers Arlecchino, le serviteur de Pantalone, ni les provocations de Beatrice ne résolvent l’énigme. Seul l’évanouissement simulé de Rosaura attendrit Florindo, qui lui livre le mot de passe, « Amicizia » (« amitié »), et l’heure de la prochaine réunion.
  • Acte II : Eleonora découvre dans les vêtements de son mari Lelio deux clés et une lettre : Pantalone a fait changer les serrures du club. Chez Ottavio, Colombina renverse volontairement du café sur lui, échange les clés de ses poches contre celles de la cave, puis se déguise en homme et part avec Beatrice vers le club. Rosaura, restée seule, obtient de Florindo qu’il lui laisse les clés et se met elle aussi en route.
  • Acte III : Les femmes arrivent l’une après l’autre au casino, mais aucune ne parvient à y entrer : Arlecchino surprend Eleonora, Ottavio démasque Colombina, Florindo surprend Rosaura. Dans l’antichambre de la grande salle, elles se pressent autour d’une porte vitrée et découvrent enfin le grand secret : leurs maris se font servir des mets savoureux et bavardent. Au dessert, la poussée devient trop forte et la porte s’ouvre. Les femmes demandent grâce, Pantalone leur pardonne, et tous dansent en s’écriant « Amicizia ! ».

Enregistrement(s) :

Ulf Schirmer — 2015

Format : 2 CD, enregistrement public (live), stéréo (50:02 + 67:07)
Label : cpo
Référence : 777 739-2 (parution juin 2015)
Année d’enregistrement : 2011, Prinzregententheater, Munich
Distribution :

  • Rosaura : Agnete Rasmussen, soprano
  • Colombina : Viktorija Kaminskaite, soprano
  • Eleonora : Violetta Radomirska, soprano
  • Beatrice : Kathrin Göring, mezzo-soprano
  • Florindo : Andreas Weller, ténor
  • Leandro : Jörg Schörner, ténor
  • Pantalone : Kay Stiefermann, baryton
  • Lelio : Peter Schöne, baryton
  • Ottavio : Jürgen Linn, basse
  • Arlecchino : Hans Christoph Begemann, basse
  • Asdrubale : Moon Yung Oh, ténor
  • Almoro : Theodor Weimer, ténor
  • Alvise : Bernhard Schneider, ténor
  • Lunardo : Christof Hartkopf, basse
  • Momolo : Werner Rosenmüller, basse
  • Menego : Matthias Ettmayr, basse
  • Premier gondolier : Leonhard Auenhammer, basse
  • Second gondolier : Manuel Adt, basse

Direction : Ulf Schirmer
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; membres du Madrigalchor de la Hochschule für Musik und Theater München (préparation : Martin Steidler, Benedikt Haag)
Langue : Allemand

Particularité :

Enregistrement de la version allemande de la création. Le livret du disque ne précise pas la date d’enregistrement ; celle de 2011 et le caractère public viennent d’une critique de BBC Music Magazine (George Hall), qui parle d’un enregistrement live au Prinzregententheater de Munich et loue la baguette précise de Schirmer ainsi que la Rosaura d’Agnete Rasmussen, le Florindo chaleureux d’Andreas Weller, la Beatrice vive de Kathrin Göring, l’Ottavio extraverti de Jürgen Linn et le Lelio de Peter Schöne face à l’Eleonora enjouée de Violetta Radomirska. Le critique trouve la partition légère parfois bavarde et sans visage, mais l’exécution réussie (note de 3 sur 5).

Postérité :

La création de 1903, très applaudie, fit de Wolf-Ferrari un « Mozart redivivus » et lança sa carrière internationale : l’œuvre ouvrit une série de succès comme Les Quatre Rustres (1906), Le Secret de Suzanne (1909), Le Bijou de la Madone (1911) ou L’Amoureux médecin (1913), qui comptèrent parmi les œuvres les plus jouées du début du XXe siècle. Les représentations déclinèrent nettement avec la Première Guerre mondiale, et le compositeur, qui se voyait enfermé dans la comédie (« condamné à la gaieté »), revint à ce genre dans les années 1930 avec La vedova scaltra et Il campiello.

Sources :

Livret de l’enregistrement cpo 777 739-2 (essai de Florian Heurich, synopsis et livret) · BBC Music Magazine — Wolf-Ferrari, Die neugierigen Frauen · Europadisc — Die neugierigen Frauen · ArkivMusic — Die neugierigen Frauen · Pochette du disque cpo.

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