Format :
- Opéra en deux actes, d’inspiration vériste dans un cadre tatrain.
- Musique : Władysław Żeleński (1837-1921).
- Livret : Ludomił German (1851-1920).
- Langue : polonais.
Création :
4 octobre 1900, Théâtre municipal de Lviv (Lwów), pour l’inauguration de la salle, aujourd’hui siège de l’Opéra national de Lviv.
Żeleński commence la composition en 1896 (l’œuvre est datée de 1896-1899), après le succès de Goplana à Varsovie en 1889. Le compositeur, successeur de Moniuszko dans l’opéra national polonais, y transpose les principes du vérisme italien : Cavalleria rusticana de Mascagni a servi de source d’inspiration libre.
Livret :
Ludomił German écrit une intrigue de facture vériste, avec des références directes aux schémas de Mascagni et de Leoncavallo. L’élément national tient aux paysages des Tatras et à la vie des Górals (montagnards) ; le langage du livret n’imite pas le dialecte local mais reste un polonais littéraire du XIXe siècle. La partition cite des matériaux folkloriques authentiques, notamment dans l’ouverture et dans l’intermezzo de l’acte II, ainsi que le zbójnicki, danse de Podhale fondée sur la chanson W murowanej piwnicy.
Intrigue :
- Ouverture et acte I : Dans les Tatras, Marek et Stach apportent Janek, chef blessé d’une bande de brigands montagnards, à la chaumière de Bronka, qui le soigne. Bronka est la fiancée de Stach, mais Janek lui avoue peu à peu ses sentiments ; ils échangent un baiser et se promettent un amour éternel. Marek, qui revient, soupçonne ce qui se passe.
- Acte II : Marynka, fiancée de Janek, le retrouve guéri et, apprenant que Bronka l’a soigné, comprend qu’elle est sa rivale. Lors de la fête donnée pour son rétablissement, on évoque la nuit où Janek fut presque tué lors d’un vol, à la suite d’une trahison ; le traître, démasqué, a été tué par Marynka d’un coup de hache. Janek rejette ouvertement l’amour de Marynka et défend Bronka. Marynka, certaine de ses soupçons, révèle à Stach qu’il est trompé ; l’assistance se range d’abord de son côté, puis la situation se calme. Dans un accès de fureur vengeresse, Marynka arme Stach et lui ordonne de régler son compte à Janek : un coup de feu retentit, Janek tombe, Bronka sanglote auprès de lui et Marynka sombre dans le désespoir.
Enregistrement(s) :

Wojciech Rodek — 2021
Format : 2 CD
Label : Naxos
Référence : Naxos 8.660521-22 (publié en 2023)
Année d’enregistrement : 2021 (Salle de concert de la Philharmonie Henryk Wieniawski, Lublin)
Distribution :
- Bronka : Małgorzata Grzegorzewicz-Rodek, soprano
- Marynka : Agnieszka Kuk, soprano
- Janek : Łukasz Gaj, ténor
- Stach : Paweł Trojak, baryton
- Marek : Dariusz Górski, basse
- Montagnard 1 : Dawid Jarząb, ténor
- Montagnard 2 : Mateusz Słonina, basse
Direction : Wojciech Rodek
Orchestre : Orchestre philharmonique Henryk Wieniawski de Lublin ; Chœur de femmes de la Philharmonie de Lublin (chef de chœur : Dawid Jarząb) ; I Signori, ensemble vocal d’hommes (chef de chœur : Izabela Polakowska-Rybska)
Langue : polonais
Particularité :
La partition éditée par PWM a été reconstruite par Paweł Pietruszewski (le livret ne détaille pas ce travail). Pour Mike Parr (MusicWeb International), la partie orchestrale et chorale est le point fort de l’enregistrement : Rodek fait ressortir les couleurs de la partition, tandis que les passages d’inspiration folklorique, le chant du brigand et la danse qui le suit, sont les plus enlevés. La distribution jeune est jugée vaillante : Łukasz Gaj est héroïque mais tendu dans l’aigu, Paweł Trojak (Stach) est le plus constant avec un baryton chaud et ferme, Dariusz Górski dispose d’une basse imposante qui manque de fermeté sur les notes tenues, et Małgorzata Grzegorzewicz-Rodek est décrite comme un futur spinto. La prise de son est jugée chaleureuse, naturelle et spacieuse. Le livret imprimé ne reproduit pas le texte polonais, disponible en ligne chez Naxos.
Postérité :
Żeleński reste dans l’histoire de la musique polonaise comme l’un des plus proches continuateurs de Moniuszko. Les musicologues soulignent le caractère éclectique de Janek, entre vérisme italien et opéra français romantique (Gounod), et ses emprunts mesurés au folklore des Tatras. L’air de Janek (dumka) de l’acte I est considéré comme le plus populaire de l’ouvrage. L’enregistrement de Wojciech Rodek, publié par Naxos en 2023, fait figure de redécouverte d’une œuvre rarement entendue.
Sources :
MusicWeb International (Mike Parr) · Wikipedia · livret du CD Naxos 8.660521-22 (notice de Karol Furtak)






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