Format :
- Märchenoper (opéra féerique) en trois actes.
- Musique : Emil Nikolaus von Reznicek (1860-1945).
- Livret : Herbert Eulenberg, d’après sa propre pièce en cinq actes Ritter Blaubart (1906).
- Langue : allemand.
Création :
29 janvier 1920, Staatstheater de Darmstadt, sous la direction de Michael Balling, avec Johannes Bischoff dans le rôle-titre.
Les premières esquisses datent de l’automne 1915 et la partition fut composée en 1917-1918. Une tentative de création à Berlin en 1918, pourtant soutenue par Richard Strauss, avait échoué. L’œuvre est publiée par Universal Edition (Vienne).
Livret :
Herbert Eulenberg tire le livret de sa pièce en cinq actes créée sans succès au Lessing-Theater de Berlin en 1906. Pour l’opéra, il révise le texte avec le compositeur, le ramène à trois actes, supprime plusieurs passages et quelques scènes secondaires. Le conte de Barbe-Bleue y est recentré sur la psychologie du personnage principal.
Intrigue :
- Déroulement général : Barbe-Bleue tue chacune de ses épouses qui pénètre dans la pièce interdite. Judith, fille du comte Nikolaus, désobéit : la clef se tache de sang et elle meurt. Lors des obsèques de Judith, Barbe-Bleue tente de séduire sa sœur Agnes, qui refuse le rôle qu’il voudrait lui imposer. Après la confession de Barbe-Bleue, Agnes se jette d’un balcon ; Josua, le serviteur aveugle, met le feu au château, et Barbe-Bleue périt dans l’incendie.
Enregistrement(s) :

Michail Jurowski — 2003
Format : 2 CD (132’39), DDD
Label : cpo (coproduction cpo / DeutschlandRadio / ROC Berlin)
Référence : cpo 999 899-2 (publié en 2003)
Année d’enregistrement : 2002 (4-5 et 12-16 mars, Großer Sendesaal du SFB, Berlin)
Distribution :
- Ritter Blaubart : David Pittman-Jennings, baryton
- Graf Nikolaus : Arutjun Kotchinian, basse
- Werner, son fils : Robert Wörle, ténor
- Judith, sa fille : Celina Lindsley, soprano
- Agnes, sa fille : Andion Fernandez, soprano
- Josua, serviteur aveugle de Blaubart : Victor Sawaley, ténor
- Der Pfarrer : Carsten Sabrowski, basse
- Hinz, pillard de tombes : Johannes Schmidt, basse
- Ratte, pillard de tombes : Peter Maus, ténor
Direction : Michail Jurowski
Orchestre : Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin
Langue : allemand
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’œuvre. Pour Christopher Fifield (MusicWeb International), la prestation de Michail Jurowski est convaincante, les solistes sont à la hauteur d’une écriture vocale dont certaines exigences rivalisent avec celles de Wagner, et les interludes orchestraux, superbement joués par l’orchestre berlinois, comptent parmi les plus belles pages de la partition. Le livret imprimé indique un éditeur de la partition (Universal Edition), une supervision d’enregistrement et un montage numérique d’Helge Jörns ; la pochette reproduit une peinture d’Annette Bartusch-Goger, Einsames Schloß bei Vollmond (2002).
Postérité :
Après Darmstadt, l’Opéra d’État de Berlin monte l’œuvre dès le 31 octobre 1920 sous la direction de Leo Blech, pour 27 représentations en six ans ; elle est aussi donnée à Vienne et à Leipzig. Elle reste ensuite largement oubliée, Reznicek n’étant guère connu que pour l’ouverture de Donna Diana. Le Theater Augsburg en propose une mise en scène de Manfred Weiß en 2012, reprise en 2013 sous la direction de Dirk Kaftan, saluée comme une redécouverte importante. La critique y relève une partition postromantique luxuriante, aux échos de Wagner, Strauss et Humperdinck, et de longs interludes orchestraux.
Sources :
Wikipedia · MusicWeb International (Christopher Fifield) · Revierpassagen (Augsburg 2013) · AGMA · pochette et livret du CD cpo 999 899-2






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