Format :
- Opéra romantique en 4 actes (version allemande créée à Vienne en 3 actes).
- Musique : Jacques Offenbach
- Livret : Charles-Louis-Étienne Nuitter (version originale française) ; traduction allemande d’Alfred von Wolzogen
- Langue : allemand (titre original français : Les Fées du Rhin)
Création :
4 février 1864, Hofoper (Kärntnertortheater), Vienne.
Commande de l’Opéra de la Cour de Vienne, l’œuvre est la grande tentative d’Offenbach dans le registre de l’opéra sérieux. La création se fait dans une version tronquée : le ténor Alois Ander (Franz) étant gravement malade et incapable d’apprendre son rôle, l’œuvre est ramenée à trois actes, avec environ une heure de musique coupée. Les critiques, dont Eduard Hanslick, jugent sévèrement cette version mutilée, et la légende d’un échec complet s’installe durablement.
Livret :
Le livret de Nuitter, l’un des collaborateurs habituels d’Offenbach, s’inscrit dans la veine des légendes rhénanes et du fantastique romantique allemand. L’action se déroule au XVIe siècle, pendant la guerre des Chevaliers, dans et autour du château de Franz von Sickingen, près de Kreuznach. C’est Alfred von Wolzogen qui en a établi la version allemande utilisée à Vienne.
Intrigue :
- Acte I : Dans la ferme de Hedwig, les paysans reviennent des vignes. Hedwig s’inquiète pour leurs terres et pour la mélancolie de sa fille Armgard, aimée du chasseur Gottfried mais éprise de Franz Baldung, parti avec les mercenaires de Conrad. Les soldats pillards arrivent, Franz parmi eux, ayant perdu la mémoire. Conrad exige qu’Armgard chante pour eux ; elle reconnaît Franz et s’évanouit à la fin de sa chanson. Franz retrouve alors la mémoire.
- Acte II : Les femmes pleurent Armgard, qu’elles croient morte. Hedwig confie à Gottfried que le père d’Armgard l’a abandonnée, puis tous deux se précipitent vers la forêt. Franz chante son amour, mais Conrad le contraint à partir attaquer le château d’Ebernburg. Gottfried, capturé, doit guider la troupe contre une récompense. À la nuit tombée, Armgard traverse la scène comme en transe.
- Acte III : Dans la forêt, au clair de lune, près de l’Elfenstein, elfes et esprits dansent et chantent. Hedwig apparaît ; Armgard feint d’être un esprit. Les mercenaires arrivent, croyant approcher du château, et comprennent que Gottfried les a trompés : il est condamné à être exécuté le lendemain. Le chant des elfes plonge Conrad dans une transe, et Hedwig appelle à la vengeance.
- Acte IV : Au château de Kreuznach, de nuit, les soldats préparent l’assaut. Franz menace de se tuer s’il ne revoit pas Armgard, qu’il croit devenue fée. Elle lui explique ce qui s’est passé et ils se réconcilient. Hedwig, amenée devant Conrad, lui révèle qu’il est le père d’Armgard. Conrad libère Gottfried. Les quatre personnages principaux veulent s’enfuir, mais les mercenaires font irruption : les elfes jettent un sort, certains soldats tombent dans un ravin, d’autres s’enfuient dans la vallée voisine. Le château et la population sont sauvés.
Enregistrement(s) :

Friedemann Layer — 2002
Format : 3 CD (74:57 / 67:50 / 65:55), DDD, enregistrement live
Label : Accord (Universal) ; pochette de la présente édition au logo Euterpe Montpellier
Référence : 472 920-2
Année d’enregistrement : 2002 (concert du 30 juillet 2002, Festival de Radio France et Montpellier, Corum)
Distribution :
- Armgard : Regina Schörg, soprano
- Hedwig : Nora Gubisch, mezzo-soprano
- Franz Baldung : Piotr Beczała, ténor
- Conrad von Wenckheim : Dalibor Jenis, baryton
- Gottfried : Peter Klaveness, basse
- Un paysan : Uwe Pepper, ténor
- Une fée : Gaëlle Le Roi, soprano
Direction : Friedemann Layer
Orchestre : Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon ; Chœur de la Radio lituanienne
Langue : allemand
Particularité :
Première intégrale moderne de l’œuvre, d’après la nouvelle édition critique de Jean-Christophe Keck (Boosey & Hawkes / Bote & Bock), captée en concert à Montpellier. La critique est très favorable : MusicWeb International salue une redécouverte de grand mérite, un plateau vocal solide, l’Armgard de Regina Schörg et surtout l’air de ténor de Piotr Beczała ; Opera Today parle d’une première exécution moderne remarquable ; Gramophone juge l’œuvre « à entendre absolument », malgré sa longueur et une atmosphère de concert, et trouve Beczała le plus convaincant des solistes.
Postérité :
Longtemps oubliée après le demi-échec viennois, l’œuvre revient grâce à l’édition critique et au concert de Montpellier de 2002. Elle est ensuite montée sur scène : Ljubljana (13 janvier 2005, première mise en scène moderne), Trèves, Lyon (Marc Minkowski), Cottbus (2006), puis création britannique en anglais par la New Sussex Opera en 2009. On y reconnaît des pages qu’Offenbach réutilisera dans Les Contes d’Hoffmann : le chant des elfes devient la célèbre Barcarolle, et la chanson à boire de Conrad y trouve aussi sa place.
Sources :
Wikipedia – Die Rheinnixen · Boosey & Hawkes – Les Fées du Rhin (édition critique) · MusicWeb International – critique du CD · Opera Today – critique du CD · Gramophone – critique du CD






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