Format :
- Dramma giocoso per musica en 3 actes.
- Musique : Antonio Salieri (1750-1825)
- Livret : Giovanni Gastone Boccherini
- Langue : italien
Création :
29 janvier 1772, Vienne.
Septième opéra de Salieri, alors élève de Gassmann. L’ouvrage est repris dès le 22 novembre 1772, moins de dix mois plus tard, à l’Opéra de la cour de Mannheim par l’Électeur Charles-Théodore, sous la direction d’Ignaz Holzbauer ; la jeune Franziska Danzi, seize ans, y chante le rôle exigeant de la marquise Calloandra.
Livret :
Giovanni Gastone Boccherini, frère du compositeur Luigi Boccherini, situe l’action dans une Venise de cliché : place Saint-Marc avec ses étals, vue du pont du Rialto, jardin de la Giudecca, bal masqué. L’intrigue n’est pas très originale, mais le cadre de la foire de l’Ascension permet de multiples scènes de genre et une satire sociale légère.
Intrigue :
- Acte I : À Venise, pendant la foire de l’Ascension, le riche duc Ostrogoto cherche des aventures galantes ; Rasojo, aubergiste, convoite la marchande Cristallina ; la jolie et rusée Falsirena, qui aime son Belfusto, veut cependant pêcher le duc ; son père Grifagno, vieux cupide, est aussi naïf qu’avide ; enfin la fiancée noble du duc, la marquise Calloandra, est venue le retrouver à son insu. Falsirena se fait passer pour une cantatrice en quête d’engagement et fait chanter à Calloandra un duo de style opera seria, puis, en chanteuse bouffe, organise une loterie dont son père remporte le gros lot.
- Acte II : Déguisée en marchande française, Falsirena s’introduit chez Calloandra pour l’éloigner du duc ; puis elle revient en baronne allemande, menace Ostrogoto d’un couteau et lui arrache la promesse de l’accompagner au bal masqué et de l’épouser le lendemain. Cristallina révèle à Calloandra qui est vraiment Falsirena et conspire avec elle : Calloandra, déguisée comme Falsirena, se retrouve dans les bras d’Ostrogoto au bal et dévoile son infidélité. Calloandra s’évanouit ; Falsirena et elle s’insultent.
- Acte III : Rasojo éclaire le duc sur ce qui s’est passé. Calloandra ne veut plus le voir, Falsirena est partie avec Belfusto. Le duc, d’abord furieux, finit par se réconcilier avec Calloandra et fait arrêter Belfusto et Grifagno. Falsirena revient, apaise Ostrogoto, et l’opéra s’achève sur un triple mariage : Ostrogoto et Calloandra, Falsirena et Belfusto, Rasojo et Cristallina.
Enregistrement(s) :

Werner Ehrhardt — 2018
Format : CD + livret (collection « Opern aus den Archiven der Welt »)
Label : Sony Music (production WDR Köln / Bayer Kultur)
Année d’enregistrement : 31 octobre – 4 novembre 2018, Erholungshaus, Leverkusen (enregistrement public et patchs) ; édition en 2019.
Distribution :
- Falsirena : Francesca Lombardi Mazzulli, soprano
- Ostrogoto : Krystian Adam, ténor
- Calloandra : Dilyara Idrisova, soprano
- Grifagno : Furio Zanasi, baryton
- Belfusto : Giorgio Caoduro, baryton
- Cristallina : Natalia Rubiś, soprano
- Rasojo : Emanuele D’Aguanno, ténor
Direction : Werner Ehrhardt (Massimiliano Toni, fortepiano)
Orchestre : L’arte del mondo ; Chœur de L’arte del mondo
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement réalisé d’après la production du Schwetzinger Festspiele 2018 mise en scène par Deda Cristina Colonna. L’édition suit la version de Mannheim de 1772 établie par la Forschungsstelle Südwestdeutsche Hofmusik de Heidelberg (partition de Sanja Aleksic), à partir de la copie de Dresde et du manuscrit de Munich.
Postérité :
L’ouvrage connaît un grand succès et est joué à Cologne, Copenhague, Varsovie ou Moscou, jusqu’aux années 1820 ; Leopold Mozart le juge pourtant « enfantin » et vide d’harmonie en 1785, alors que le jeune Wolfgang compose en 1773 des variations pour clavier sur le duo « Mio caro Adone ». Annonçant par sa verve sociale Les Noces de Figaro, il tombe dans l’oubli ; l’édition de 2018 le remet à la scène 246 ans après sa création. Les Monty Python ont utilisé des extraits de son ouverture en 1974 pour leur sketch The Golden Age of Ballooning.






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