Format :
- Opéra en un acte.
- Musique : Spyridon Samaras (1861-1917), composé entre 1908 et 1911 ; orchestration de Byron Fidetzis (2009).
- Livret : Renato Simoni (1875-1952).
- Langue : italien.
Création :
29 avril 2010, Athens Concert Hall (Mégaron), Athènes, par l’Orchestre symphonique d’État de Thessalonique sous la direction d’Angelo Cavallaro.
Samaras compose Tigra entre 1908 et 1911, dans la lignée stylistique de Rhea (1908). Il n’en subsistait qu’un particello manuscrit, accompagné du livret dactylographié et découpé dans le Corriere della Sera, retrouvé en 1983 par Byron Fidetzis dans les archives de la veuve du compositeur. Le compositeur George Platon en fit une copie au net vers 1987, puis Fidetzis termina l’orchestration le 20 décembre 2009.
Livret :
Le livret est de Renato Simoni, critique du Corriere della Sera, dont c’était, selon Samaras, le premier livret. Dans un entretien de 1911, le compositeur le décrit comme une histoire d’amour à Venise mettant en scène une jeune femme de la cour byzantine, aimée en retour d’un jeune homme ; l’œuvre devait s’achever sur le Christos Anesti, hymne orthodoxe de Pâques. Le nom du librettiste a longtemps été orthographié de façon erronée.
Intrigue :
- Acte unique : Venise, vers 1300. Juste avant la litanie du soir en l’honneur de la Vierge, on rencontre Maria, jeune fille belle, pure et pauvre, aimée de ses voisins. Sa mère, Donna Palma, raconte qu’enfant elle jouait avec le seigneur Adoaldo, qui vit maintenant dans son palais avec Tigra, originaire de l’Orient. Tigra arrive avec Adoaldo et sa suite ; un vieux marin exprime sa déception devant l’évolution d’Adoaldo, qui avoue que ses rêves de jeunesse étaient autres et que sa passion pour Tigra l’a mené dans l’impasse. Tigra et ses servantes évoquent l’Orient et sa patrie lumineuse. Brana, guerrier venu d’Orient et fidèle à Tigra, est ému par le souvenir de leur pays ; Adoaldo, percevant son amour pour Tigra, le défie de retourner en Orient, de nouveau menacé par Venise. Tigra empêche l’affrontement en suppliant Brana de se retirer, car elle aime Adoaldo. La procession de la litanie approche et, tandis que la foule s’agenouille avec dévotion, Adoaldo ordonne à Tigra de s’agenouiller aussi. Elle refuse fièrement, s’attirant la colère de la foule. Brana la menace de son yatagan, Adoaldo le repousse pour protéger son épouse, puis la force à s’agenouiller « à sa volonté ». Quand la foule s’éloigne, Tigra, avant de regagner le palais, déclare avec colère que la honte qu’elle ressent ne se lavera que dans le sang, mais que son amour l’empêche de nuire à Adoaldo. Au son du tropaire pascal Christos Anesti, Adoaldo, resté seul sur la place, rencontre Maria, qui revient de la litanie ; il reconnaît son amie d’enfance et lui confie sa déception et le sentiment d’être prisonnier. Donna Palma rappelle sa fille chez elle, et Adoaldo, seul, se sent prêt à accueillir un amour pur après sa quête tumultueuse du bonheur. Maria paraît sur son balcon et avoue son amour dans l’obscurité ; il l’écoute, l’encourage, puis tous deux expriment mutuellement leur amour, et l’acte s’achève sur ces mots d’Adoaldo : « Tu es ma femme ! »
Enregistrement :

Byron Fidetzis — 2010
Format : 1 CD (Tigra 56’30, avec Epinikeia et Chitarrata).
Label : Naxos.
Référence : 8.574358.
Année d’enregistrement : 8-9 septembre 2010, Bulgaria Hall, Sofia (Epinikeia : 7 septembre 1996, Pazardzhik ; Chitarrata : 11 décembre 1994, Corfou).
Distribution :
- Maria : Lenia Safiropoulou, soprano
- Tigra : Marissia Papalexiou, mezzo-soprano
- Donna Palma (la mère) : Maria Vlachopoulou, mezzo-soprano
- Adoaldo : Angelo Simos, ténor
- Brana : Dionysios Sourbis, baryton
- Le vieux marin : Dimitri Kavrakos, basse
Direction : Byron Fidetzis.
Orchestre : Sofia Amadeus Orchestra ; Sofia Metropolitan Golden Voices Mixed and Children’s Choir (chef de chœur : Sofia Bardarska).
Langue : italien.
Particularité :
Premier enregistrement de l’opéra, dans l’orchestration réalisée par Fidetzis d’après le particello de Samaras. Le disque est complété par Epinikeia (Chants de victoire, 1914), sept poèmes de Georgios Drosinis pour mezzo-soprano et orchestre chantés par Varvara Tsambali avec l’Orchestre symphonique de Pazardzhik, et par Chitarrata (créée en 1885), œuvre de jeunesse écrite à Paris pour orchestre avec mandolines et guitares, jouée par l’ensemble à cordes pincées de l’École de musique de Corfou.
Postérité :
Pour Fidetzis, Tigra témoigne de la maturité artistique de Samaras : son langage harmonique, d’inspiration française, y oppose musicalement l’Occident vénitien et l’Orient dont est issue Tigra, et l’emploi du Christos Anesti au cœur de l’acte établit un équilibre entre tension dramatique et sérénité idyllique. Il estime que, par sa durée et son équilibre musico-théâtral, l’œuvre peut se jouer en un acte, comme Gianni Schicchi ou Pagliacci.






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