Format :
- Opéra (tragédie lyrique) en un prologue et 5 actes.
- Musique : Antonio Salieri (1750-1825)
- Livret : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799)
- Langue : français
Création :
8 juin 1787, Académie royale de musique, Paris.
Salieri compose l’ouvrage pour l’Opéra de Paris, après Les Danaïdes (1784). Il en donnera ensuite une version italienne, Axur, re d’Ormus (Vienne, 1788), sur un livret de Lorenzo Da Ponte.
Livret :
Beaumarchais, auteur du Mariage de Figaro, imagine une fable orientale dans le royaume d’Ormus : un despote jaloux, un soldat vertueux et un peuple qui finit par choisir son roi. Le prologue philosophique, avec la Nature et le Génie du Feu, annonce la thèse : c’est le caractère, non la naissance, qui fait la grandeur d’un homme.
Intrigue :
- Prologue : La Nature et le Génie du Feu calment les éléments pour donner la vie aux personnages du drame à partir des « atomes perdus dans l’espace ». Parmi les ombres, Atar est désigné roi, « despote de l’Asie », et Tarare simple soldat de naissance inconnue. Les deux divinités décident d’attendre quarante ans pour voir ce qu’ils sont devenus.
- Acte I : Le despote Atar méprise ses sujets. Tarare, soldat noble et généreux qui lui a sauvé la vie, a été nommé chef de sa milice et vit heureux avec sa seule épouse, Astasie : un crime pour Atar. Celui-ci a chargé Altamort, fils du grand prêtre, d’enlever Astasie, qui sera reçue au sérail sous le nom d’Irza. À la vue d’Atar, Astasie s’évanouit ; Spinette la ramène. Atar autorise Tarare à partir à sa recherche, tout en ordonnant en secret à Altamort de le tuer.
- Acte II : Le grand prêtre Arthenée apprend à Atar que des « barbares » chrétiens menacent le royaume. Atar et Arthenée conspirent pour faire élire Altamort chef de l’armée, mais le jeune oracle Elamir désigne Tarare, au grand bonheur du peuple. Altamort défie Tarare en duel.
- Acte III : Atar exige que la fête en l’honneur d’Irza soit donnée sur-le-champ. Urson raconte la victoire de Tarare. Pendant la barcarolle de Calpigi, Tarare s’introduit dans le sérail, que Calpigi déguise en esclave noir et muet. Repoussé par Astasie, Atar veut le faire décapiter, puis ordonne de le conduire chez Astasie pour l’humilier.
- Acte IV : Spinette, qui a pris la place de sa maîtresse, se trouve devant Tarare ; celui-ci se trahit. Atar envoie Urson tuer l’esclave ; Calpigi révèle son identité.
- Acte V : Atar veut tuer Tarare « avec le fer souple des lois ». Il meurt de rage devant Calpigi et ses soldats, qui veulent faire de Tarare leur roi. Tarare accepte finalement le trône. Dans l’épilogue, la Nature et le Génie du Feu concluent que c’est le caractère propre qui détermine la grandeur d’un homme.
Enregistrement(s) :

Christophe Rousset — 2018
Format : CD + livret
Label : Aparté (coproduction Les Talens Lyriques / Centre de musique baroque de Versailles)
Référence : AP208
Année d’enregistrement : 26 novembre 2018, Conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux, et 27-28 novembre 2018, Cité de la musique-Philharmonie de Paris ; édition en 2019.
Distribution :
- Tarare / Ombre de Tarare : Cyrille Dubois, ténor
- Astasie / Ombre d’Astasie : Karine Deshayes, mezzo-soprano
- Atar / Ombre d’Atar : Jean-Sébastien Bou, baryton
- La Nature / Spinette : Judith van Wanroij, soprano
- Calpigi : Enguerrand de Hys, ténor
- Arthenée / Ombre d’Arthenée / Le Génie du Feu : Tassis Christoyannis, baryton
- Urson / Un esclave / Un prêtre : Jérôme Boutillier, baryton
- Altamort / Ombre d’Altamort / Un paysan / Un eunuque : Philippe-Nicolas Martin, baryton
- Elamir : Marine Lafdal-Franc
- Une bergère sensible / Ombre de Spinette : Danaé Monnié
Direction : Christophe Rousset
Orchestre : Les Talens Lyriques ; Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles (direction : Olivier Schneebeli)
Langue : français
Particularité :
Enregistrement réalisé dans le cadre d’une coproduction entre Les Talens Lyriques et le Centre de musique baroque de Versailles ; la partition a été préparée par Nicolas Sceaux.
Postérité :
Salieri en tira pour Vienne Axur, re d’Ormus (1788), version italienne due à Da Ponte, a éclipsé l’original dans les pays germaniques.






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