Format :
- Légende (« Legende ») en trois actes, composée vers 1917-1925.
- Musique : Ermanno Wolf-Ferrari
- Livret : Ermanno Wolf-Ferrari, d’après le conte Peau d’âne de Charles Perrault
- Langue : Allemand
Création :
21 avril 1927, Nationaltheater (Opéra national) de Munich, sous la direction de Hans Knappertsbusch, avec notamment Fritz Krauss et Luise Willer dans les rôles principaux.
Malgré une interprétation brillante, l’accueil fut mitigé : on reprocha au livret un « poids d’idées trop philosophiques et esthétiques », des longueurs et un manque de tension dramatique, mais la critique fut unanime sur la qualité de la composition. Wolf-Ferrari, qui aimait cette œuvre plus que toutes les autres, fut déçu : « On peut supporter l’hostilité, pas l’indifférence » (livret Naxos).
Livret :
Wolf-Ferrari écrit lui-même le texte, tiré du conte de Perrault, qu’il transforme en parabole sur le développement d’une âme humaine : la princesse naît avec le « vêtement du ciel », qu’elle oublie à force d’abus de richesse, d’avidité et d’orgueil. Il présente cette œuvre comme « une légende » et non comme un opéra comique, « née du silence et appelant le silence ». Elle fait partie des trois opéras sérieux du compositeur, avec I gioielli della Madonna et Sly.
Intrigue :
- Préambule : Un mendiant avait offert au vieux roi, en remerciement de sa bonté, un âne d’or garantissant la prospérité du pays. À la mort du roi, sa fille, qui n’a connu que la richesse, est mise à l’épreuve par le mendiant : le vrai bonheur ne lui sera donné que si elle possède les vêtements du vent, de la lune et du soleil. Elle fait proclamer qu’elle n’épousera qu’un prince capable de les lui offrir ; tous les prétendants échouent.
- Acte I : Le chancelier est désespéré : la princesse vient de repousser trois nouveaux prétendants, le peuple s’agite et une guerre avec les royaumes voisins menace. Un nouveau prince se présente et, dès leur première rencontre, les deux jeunes gens se reconnaissent ; mais il n’apporte qu’une fleur. La princesse le renvoie chercher les vêtements. Restée seule, elle maudit sa richesse et l’âne d’or, qu’elle brise, détruisant sa magie. Le royaume sombre dans la ruine et, vêtue de la seule peau d’âne, elle est chassée par son peuple.
- Acte II : Le prince gagne le monde de l’air pour y chercher le vêtement du vent, mais n’y trouve que la moquerie des esprits. Dans le royaume de la lune, la Fée de la lune, qui veut le garder pour elle, le chasse avec mépris lorsqu’il lui demande le vêtement lunaire. Les filles du soleil lui disent qu’aucun mortel ne peut porter le vêtement du soleil. Il apprend que la princesse a été chassée et vit dans le besoin ; inquiet, il redescend sur terre.
- Acte III : La princesse erre dans une forêt, vêtue de la peau d’âne, prête à mourir. Elle y retrouve le prince, de nouveau sans les vêtements espérés, mais comprend qu’elle possède déjà ceux du vent, de la lune et du soleil, dans sa nudité et dans son amour. La magie du mendiant est restaurée et le royaume resplendit de nouveau.
Enregistrement(s) :

Gerhard Markson — 1996
Format : 3 CD, enregistrement en studio
Label : Naxos (réédition de Marco Polo, paru en 1997)
Référence : Naxos 8.660518-20 (℗ 1997 & 2022) ; Marco Polo 8.223261-63
Année d’enregistrement : 22-26 janvier 1996, Stadthalle de Hagen (Allemagne)
Distribution :
- La Princesse : Angelina Ruzzafante, soprano
- Le Prince : Sibrand Basa, ténor
- Le Chancelier : Reinhard Leisenheimer, ténor
- Le prince Korbinian : Stefan Adam, baryton
- Le prince Gudolin / Le Mendiant : Sergio Gómez, basse
- Le prince Fridolin : Peer-Martin Sturm, ténor
- Le prince Pippin : Michael Kurz, ténor
- La Fée de la lune : Anna-Maria Dur, mezzo-soprano
- Trois pages : Anneli Pfeffer, Christiane Rost et Ina Stachelhaus, sopranos
- Esprits de l’air, Vierges de la lune : Marilyn Bennett, mezzo-soprano
- Enfants du soleil : Marilyn Bennett, mezzo-soprano ; Anneli Pfeffer, Marlene Mild, Christiane Rost, Ina Stachelhaus, Vera Fischer, Gisela Ribbert et Niwako Shimbo, sopranos
Direction : Gerhard Markson
Orchestre : Orchestre philharmonique de Hagen ; Chœur de l’Opéra de Hagen et chœur renforcé du Theater Hagen
Langue : Allemand
Particularité :
Enregistrement issu de la reprise de l’œuvre au Theater Hagen le 6 mai 1995 (mise en scène d’Anette Leistenschneider, décors de Gerd Friedrich), qui reçut un bon accueil du public et de la presse. MusicWeb International (Mike Parr, 2023) salue la maîtrise de Markson, la puissance et la sensibilité de l’orchestre et du chœur, la Fée de la lune d’Anna-Maria Dur et la Princesse d’Angelina Ruzzafante, mais juge le livret pesant, la partition très longue et le deuxième acte largement statique ; il note aussi que Naxos a omis le livret imprimé de l’édition Marco Polo (le texte allemand et sa traduction anglaise sont en ligne sur le site de Naxos). Les tessitures sont celles du livret du disque.
Postérité :
Wolf-Ferrari, surtout connu pour ses comédies comme Il segreto di Susanna, tenait cette légende pour son œuvre favorite. Gramophone, en 1997, rappelait qu’il y attachait beaucoup de prix. Près de soixante-dix ans après sa création, la reprise du Theater Hagen en 1995 a donné lieu à cet enregistrement, destiné à faire connaître l’œuvre à un plus large public selon le livret.
Sources :
Wikipedia — Das Himmelskleid · MusicWeb International — Naxos 8.660518-20 · livret du disque Naxos (notes d’Astrid Rech, synopsis, distribution) · pochette.






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