Format :
- Tragédie lyrique en trois actes, mêlant parties chantées et parties parlées (op. 82).
- Musique : Gabriel Fauré
- Livret : Jean Lorrain et André-Ferdinand Hérold
- Langue : français
Création :
27 août 1900, Béziers, Arènes, en plein air, sous la direction de Charles Eustace, avec Édouard de Max dans le rôle de Prométhée.
L’œuvre est dédiée à Fernand Castelbon de Beauxhostes ; la partition fut écrite en moins de six mois, de février à juillet 1900. La création réunit près de 800 exécutants, dont deux musiques militaires et quinze harpes, devant environ dix mille spectateurs (jusqu’à quinze mille selon d’autres sources) ; un orage survenu deux jours plus tôt avait endommagé le décor, reconstruit en urgence. L’œuvre fut reprise en 1901 à Béziers, puis à Paris, à l’Hippodrome, et à l’Opéra en 1907.
Livret :
Les deux poètes symbolistes s’inspirent du mythe grec et du début de la tragédie d’Eschyle, Prométhée enchaîné. Les rôles de Prométhée, Pandore et Hermès sont parlés ; les autres sont chantés, ainsi que les chœurs.
Intrigue :
- Acte I : Après un prélude, un chœur célèbre le don du feu. Prométhée défend son geste, tandis que Pandore s’oppose à son défi lancé à Zeus ; Gaïa l’avertit des conséquences. Kratos, Bia et Héphaïstos viennent exécuter la sentence de Zeus : Prométhée sera enchaîné à un rocher, où un aigle noir viendra chaque jour boire son sang. Pandore tombe comme morte.
- Acte II : Un cortège de femmes porte le corps de Pandore ; Aenoé prononce l’oraison funèbre. Prométhée revient avec les bourreaux. Héphaïstos se lamente mais doit forger les chaînes sous la surveillance de Bia et Kratos. Une fois Prométhée enchaîné, Pandore revient à la vie et déplore son sort.
- Acte III : Les Océanides consolent Pandore. Bia et Kratos reviennent avec des menaces, puis Hermès apporte un coffret envoyé par Zeus. Prométhée met Pandore en garde, mais elle l’ouvre malgré tout et découvre que ses larmes se changent en baume. L’œuvre s’achève par une louange à Zeus.
Enregistrement(s) :

Désiré Dondeyne — 1992
Format : 1 CD stéréo DDD (durée : 67 min 46 s)
Label : Ariane (collection discographique régionale de Midi-Pyrénées ; distribution Scalen’Disc, Toulouse)
Référence : ARI/155 (SCA/500)
Année d’enregistrement : 1992
Distribution :
- Prométhée (comédien) : François Soulié
- Pandore (comédienne) : Elsa Berger
- Hermès (comédien) : Jean Castellat
- Aenoé : Rachel Esso, soprano
- Bia : Valérie Millot, soprano
- Gaïa : Lucile Vignon, mezzo-soprano colorature
- Andros : Guy Flechter, ténor
- Héphaïstos : Olivier Lallouette, baryton
- Kratos : Ruben Velazquez, ténor
Direction : Désiré Dondeyne
Orchestre : Harmonie régionale junior de Midi-Pyrénées ; Ensemble vocal « Ariège-Pyrénées » et Groupe vocal « Equinoxe »
Langue : français
Particularité :
Enregistrement confié à des ensembles régionaux de Midi-Pyrénées (harmonie junior et groupes vocaux), publié dans la collection discographique régionale de la région. Désiré Dondeyne avait réorchestré l’œuvre pour la version de plein air donnée en 1970 au théâtre antique de Fourvière, à Lyon, avec des décors de Jacques Rapp. Le livret est publié aux éditions Hamelle.
Postérité :
La création fut un succès : Saint-Saëns déclara à Fauré qu’avec Prométhée il avait « stupéfié ses collègues, lui compris ». Les critiques jugèrent en revanche les rôles parlés de Prométhée et de Pandore faibles et trop longs, et l’intrigue inégale. Entre 1914 et 1916, Jean Roger-Ducasse en tira une version réduite pour orchestre plus modeste, révisée par Fauré et créée à l’Opéra de Paris le 17 mai 1917, qui ne s’imposa pas. Du fait de ses dimensions, l’ouvrage est surtout donné en concert ; Warrack et West y voient une grande cantate, « à peine un opéra », et l’exemple le plus net de l’influence wagnérienne sur Fauré. Une production brésilienne de 2011 (São Paulo) en a donné une nouvelle orchestration de Paulo Maron.
Sources :






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