Note personnelle : ,

Wagner, Richard — Tannhäuser (1845)

Format :

  • Opéra romantique en trois actes (« Romantische Oper in drei Aufzügen »), WWV 70.
  • Musique : Richard Wagner
  • Livret : Richard Wagner
  • Langue : Allemand

Création :

19 octobre 1845, Hoftheater de Dresde, sous la direction de Wagner, avec Josef Tichatschek (Tannhäuser), Johanna Wagner (Elisabeth), Wilhelmine Schröder-Devrient (Venus) et Anton Mitterwurzer (Wolfram).
L’œuvre fut remaniée à Dresde dès 1847 (version dite de Dresde, publiée en 1860). Pour l’Opéra de Paris, Wagner la révisa profondément à la demande de Napoléon III : traduite en français, dotée d’une Bacchanale étendue au début de l’acte I et d’une Venus plus proche de Kundry, elle fut donnée le 13 mars 1861 et retirée après trois représentations tumultueuses (le Jockey-Club réclamait un ballet au second acte). Wagner supervisa une dernière version à Vienne en 1875, sous la direction de Hans Richter, en allemand, qui sert souvent de base à la « version de Paris » jouée en allemand.

Livret :

Wagner réunit deux légendes allemandes : celle du chevalier-poète Tannhäuser, séjournant dans la grotte de Vénus, et celle du Tournoi des chanteurs de la Wartburg (« Sängerkrieg »). Il s’appuya notamment sur le récit de Ludwig Tieck, le récit de E. T. A. Hoffmann sur le concours de chant, un poème de Heinrich Heine et les légendes thuringiennes de Ludwig Bechstein. Le plan en prose date de 1842, le livret d’avril 1843 et la partition fut achevée en avril 1845, l’ouverture étant composée en dernier.

Intrigue :

  • Acte I : Tannhäuser, retenu par Vénus dans le Venusberg, se lasse de ses plaisirs et demande à partir ; il invoque la Vierge Marie, ce qui rompt le charme. Dans la vallée proche de la Wartburg, il croise des pèlerins puis ses anciens compagnons, les chanteurs, qui le persuadent de revenir auprès d’Elisabeth.
  • Acte II : À la Wartburg, Elisabeth l’accueille. Lors du concours de chant sur l’essence de l’amour, Tannhäuser célèbre Vénus et déclenche un tumulte. Les chevaliers veulent le tuer ; Elisabeth le protège et il est envoyé à Rome faire pénitence avec les pèlerins.
  • Acte III : À l’automne, Elisabeth prie pour le retour des pèlerins. Tannhäuser revient seul, raconte que le pape lui a refusé l’absolution (il pardonnera quand son bâton reverdira), et, désespéré, se tourne vers Vénus jusqu’à ce que Wolfram invoque le nom d’Elisabeth. Son cortège funèbre arrive ; Tannhäuser meurt auprès de sa dépouille et l’on annonce que le bâton du pape a refleuri, signe de sa rédemption.

Enregistrement(s) :

André Cluytens — 1955

Format : 3 CD, enregistrement public (live), mono
Label : Orfeo d’Or (Orfeo)
Référence : C 643 043 D (2004) ; première édition Golden Melodram GM 1.0055 (2002)
Année d’enregistrement : 9 août 1955, Festspielhaus, Bayreuth
Distribution :

  • Hermann, Landgrave de Thuringe : Josef Greindl, basse
  • Tannhäuser : Wolfgang Windgassen, ténor
  • Wolfram von Eschenbach : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
  • Walther von der Vogelweide : Josef Traxel, ténor
  • Biterolf : Toni Blankenheim, baryton
  • Heinrich der Schreiber : Gerhard Stolze, ténor
  • Reinmar von Zweter : Alfons Herwig, baryton
  • Elisabeth : Gré Brouwenstijn, soprano
  • Venus : Hertha Wilfert, soprano
  • Un jeune berger : Volker Horn, voix d’enfant (soprano)

Direction : André Cluytens
Orchestre : Orchestre et Chœur du Festival de Bayreuth
Langue : Allemand

Particularité :

Version dite de Dresde, avec la Bacchanale parisienne en ouverture de l’acte I (un compromis légèrement coupé). Reprise de la production sobre de Wieland Wagner ; André Cluytens a remplacé au dernier moment Eugen Jochum, qui s’était retiré. Prise de son monophonique, jugée riche et fidèle malgré quelques bruits de scène. Windgassen y est un Tannhäuser héroïque, Fischer-Dieskau un Wolfram remarquable par la ligne et la diction, Brouwenstijn une Elisabeth puissante à l’acte II, plus fragile dans la Prière. Le livret d’accompagnement ne contient qu’un résumé de l’intrigue, sans texte ni traduction.

Wolfgang Sawallisch — 1962

Format : 3 CD, enregistrement public (live), stéréo
Label : Philips (Richard Wagner Edition)
Référence : 420 122-2 (3 CD) ; réédition 434 607-2
Année d’enregistrement : Juillet–août 1962 (dates exactes inconnues), Festspielhaus, Bayreuth
Distribution :

  • Hermann, Landgrave de Thuringe : Josef Greindl, basse
  • Tannhäuser : Wolfgang Windgassen, ténor
  • Wolfram von Eschenbach : Eberhard Waechter, baryton
  • Walther von der Vogelweide : Gerhard Stolze, ténor
  • Biterolf : Franz Crass, basse
  • Heinrich der Schreiber : Georg Paskuda, ténor
  • Reinmar von Zweter : Gerd Nienstedt, baryton-basse
  • Elisabeth : Anja Silja, soprano
  • Venus : Grace Bumbry, mezzo-soprano
  • Un jeune berger : Else-Margrete Gardelli, soprano

Direction : Wolfgang Sawallisch
Orchestre : Orchestre et Chœur du Festival de Bayreuth (chef de chœur : Wilhelm Pitz)
Langue : Allemand

Particularité :

Version de Dresde avec la Bacchanale parisienne : le chef passe à la version de Paris au début du ballet puis revient à la version originale à la première entrée des voix. Mise en scène de Wieland Wagner. Enregistrement public, avec bruits de scène et un peu de souffle, mais d’une grande intensité dramatique, notamment dans le Venusberg. La critique y salue le Tannhäuser de Windgassen, l’Elisabeth de Silja, la Venus de Bumbry et le Wolfram de Waechter, ainsi que la direction vive de Sawallisch.

Georg Solti — 1971

Format : 3 CD, studio, stéréo (réédition 2018 remasterisée en 96 kHz/24 bits, également en Blu-ray audio)
Label : Decca
Référence : 414 581-2 (3 CD, première édition CD) ; 470 810-2 (réédition) ; édition 2018 remasterisée
Année d’enregistrement : Octobre 1970, Sofiensaal, Vienne (parution 1971)
Distribution :

  • Hermann, Landgrave de Thuringe : Hans Sotin, basse
  • Tannhäuser : René Kollo, ténor
  • Wolfram von Eschenbach : Victor Braun, baryton
  • Walther von der Vogelweide : Werner Hollweg, ténor
  • Biterolf : Manfred Jungwirth, basse
  • Heinrich der Schreiber : Kurt Equiluz, ténor
  • Reinmar von Zweter : Norman Bailey, baryton
  • Elisabeth : Helga Dernesch, soprano
  • Venus : Christa Ludwig, mezzo-soprano
  • Un jeune berger : un membre des Wiener Sängerknaben, soprano

Direction : Georg Solti
Orchestre : Wiener Philharmoniker ; Wiener Staatsopernchor (chef de chœur : Wilhelm Pitz) ; Wiener Sängerknaben (chef de chœur : Norbert Balatsch)
Langue : Allemand

Particularité :

Seul enregistrement de ce dossier en version de Paris (en allemand), avec le ballet du Venusberg complet. Solti en a restauré un passage de la version de Dresde, le soutien du chœur et des solistes au « Zum Heil, den Sündigen zu führen » de l’acte II. Produit par Ray Minshull comme une œuvre pensée pour le disque plutôt que pour la scène : berger confié à un jeune soprano des Wiener Sängerknaben, jeunes pèlerins chantés par les Sängerknaben, cor anglais remplacé par une tenora pour évoquer le chalumeau, effets de déplacement des pèlerins. Prise de son Decca réalisée au Sofiensaal. La critique salue l’orchestre, la Venus de Ludwig, le Tannhäuser de Kollo et l’Elisabeth de Dernesch.

Bernard Haitink — 1985

Format : 3 CD, studio, stéréo (édition Warner Classics avec CD supplémentaire de livret et synopsis)
Label : EMI Classics (réédition Warner Classics)
Référence : CDS 7 47296 8 (3 CD, 1986) ; EMI 747 296-8 ; réédition Warner Classics 3 CD + disque bonus
Année d’enregistrement : 2–13 janvier 1985, Herkulessaal, Munich
Distribution :

  • Hermann, Landgrave de Thuringe : Kurt Moll, basse
  • Tannhäuser : Klaus König, ténor
  • Wolfram von Eschenbach : Bernd Weikl, baryton
  • Walther von der Vogelweide : Siegfried Jerusalem, ténor
  • Biterolf : Walton Groenroos, baryton
  • Heinrich der Schreiber : Donald Litaker, ténor
  • Reinmar von Zweter : Rainer Scholze, baryton
  • Elisabeth : Lucia Popp, soprano
  • Venus : Waltraud Meier, mezzo-soprano
  • Un jeune berger : Gabriele Sima, soprano

Direction : Bernard Haitink
Orchestre : Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks ; Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : Allemand

Particularité :

Version de Dresde (révision de 1860), plus courte d’environ un quart d’heure que la version de Paris. Les commentateurs retiennent surtout l’Elisabeth de Lucia Popp, le Wolfram de Bernd Weikl et le Landgrave de Kurt Moll, ainsi que le luxe d’un Walther chanté par Siegfried Jerusalem. Le Tannhäuser de Klaus König est jugé plus robuste que séduisant, la Venus de Waltraud Meier un peu mince et la direction de Haitink plus sage qu’enflammée.

Postérité :

Tannhäuser est resté au répertoire des grandes maisons d’opéra. La production de Cosima Wagner à Bayreuth en 1891 reprit la version de Vienne ; Richard Strauss (1894) et Arturo Toscanini (1930-31) y figurèrent parmi les chefs, puis Wieland Wagner y renouvela la mise en scène dans les années 1950-60, ce dont témoignent les enregistrements de Cluytens et de Sawallisch. Au disque, le choix entre version de Dresde, version de Paris et versions mixtes reste central : le Solti de 1970 est souvent cité comme référence pour la version de Paris, et la critique place volontiers le Sinopoli (DG, 1988) avant le Haitink.

Sources :

Operadis — Tannhäuser · Wagnerdisco — Cluytens 1955 · Wagnerdisco — Sawallisch 1962 · Wagnerdisco — Solti 1970 · Wagnerdisco — Haitink 1985 · Wikipedia — Tannhäuser (opéra) · Wikipedia — Tannhäuser discography · MusicWeb International — Cluytens (Orfeo) · Livret de l’édition Decca 2018 (Solti) et pochettes des disques Orfeo, Philips, Decca et EMI/Warner.

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