Format :
- Tragédie lyrique (tragedia lirica) en un prologue et deux actes.
- Musique : Giuseppe Verdi (1813 – 1901).
- Livret : Salvadore Cammarano, d’après Alzire, ou Les Américains de Voltaire.
- Langue : Italien.
Création :
12 août 1845, Teatro San Carlo, Naples.
L’impresario Vincenzo Flauto invita Verdi à écrire pour le San Carlo après le succès d’Ernani, et le compositeur commença l’ouvrage une fois Giovanna d’Arco achevée. Sa santé força à repousser la création. Verdi jugea plus tard l’œuvre « proprio brutta » (« franchement laide »), bien que les spécialistes y trouvent aussi des pages intéressantes.
Livret :
Verdi souhaitait travailler avec Cammarano, alors premier librettiste d’Italie et auteur notamment de Lucia di Lammermoor pour Donizetti. D’après la pièce de Voltaire (1736), le livret en réduit les enjeux religieux et politiques, si bien que le conflit devient surtout un triangle amoureux.
Intrigue :
- Prologue (Il prigioniero) : Au Pérou, au XVIe siècle, Zamoro, que l’on croyait mort après avoir été torturé par Gusmano, sauve de l’exécution le gouverneur espagnol Alvaro, menacé par des Indiens péruviens. Il exhorte ensuite les tribus à la révolte, car Alzira et son père Ataliba sont prisonniers.
- Acte I (Vita per vita) : Alvaro cède le gouvernement à son fils Gusmano, qui promet la paix aux Incas. Alzira refuse d’épouser Gusmano car elle aime toujours Zamoro. Celui-ci reparaît vivant, et Gusmano ordonne son arrestation et son exécution.
- Acte II (La vendetta d’un selvaggio) : Les Incas attaquent Lima et Zamoro est capturé. Gusmano offre de lui laisser la vie sauve si Alzira l’épouse, ce qu’elle accepte. Zamoro s’échappe déguisé, fait irruption dans la noce et poignarde mortellement Gusmano, qui lui pardonne, bénit l’union des amants et meurt.
Le livret de l’édition vidéo présente l’œuvre en trois actes (« Il prigioniero », « Vita per vita », « La vendetta d’un selvaggio »), le prologue étant numéroté comme premier acte.
Enregistrement(s) :

Fabio Luisi — 1999
Format : CD (2 CD)
Label : Philips
Référence : Philips 464 628-2
Année d’enregistrement : 29 juin – 2 juillet 1999, Victoria Hall, Genève
Distribution :
- Alzira : Marina Mescheriakova, soprano
- Zamoro : Ramón Vargas, ténor
- Gusmano : Paolo Gavanelli, baryton
- Alvaro : Slobodan Stanković, basse
- Ataliba : Wolfgang Barta, basse
- Ovando : Jovo Reljin, ténor
- Zuma : Jana Iliev, mezzo-soprano
- Otumbo : Torsten Kerl, ténor
Direction : Fabio Luisi
Orchestre : Orchestre de la Suisse Romande ; chœur du Grand Théâtre de Genève
Langue : Italien
Particularité :
Enregistrement réalisé en quatre jours de séances. La critique en loue surtout l’orchestre et les chœurs, ainsi que la scène finale, où Gusmano bénit les amants. Elle émet des réserves sur un Vargas mis à l’épreuve par le rôle déclamatoire de Zamoro, sur un Gavanelli moins sûr dans les ensembles et sur une Mescheriakova pas toujours maîtresse de sa voix.

Gustav Kuhn — 2012
Format : Blu-ray ou DVD (concert semi-scénique, collection « Tutto Verdi »)
Label : C Major (Unitel Classica)
Référence : C Major 721504 (Blu-ray)
Année d’enregistrement : 13 et 15 septembre 2012, Grand Hotel Centro Culturale, Dobbiaco (Alto Adige Festival)
Distribution :
- Alzira : Junko Saito, soprano
- Zamoro : Ferdinand von Bothmer, ténor
- Gusmano : Thomas Gazheli, baryton
- Alvaro : Francesco Facini, basse
- Ataliba : Yasushi Hirano, basse
- Ovando : Joshua Lindsay, ténor
- Zuma : Anna Lucia Nardi, mezzo-soprano
- Otumbo : Joe Tsuchizaki, ténor
Direction : Gustav Kuhn (chef de chœur : Marco Medved)
Orchestre : Orchestra Haydn di Bolzano e Trento ; chœur : Istituto Corale ed Orchestrale di Dobbiaco
Langue : Italien
Particularité :
Concert semi-scénique sans accessoires, dans une salle d’hôtel, avec un orchestre de format réduit et une trentaine de choristes sur scène (concept scénique d’Andreas Leisner, réalisation vidéo de Tiziano Mancini). La critique y trouve des chanteurs-acteurs convaincants et bien articulés, mais des voix masculines inégales, et juge la version Philips plus atmosphérique.
Postérité :
L’accueil fut mitigé : après la création, l’ouvrage ne fut donné que quatre fois à Naples. Les reprises à Rome (1845), à La Scala (1846) et à Ferrare (1847) valurent à Verdi sa pire presse depuis Un giorno di regno (1840), et l’œuvre quitta le répertoire. Les reprises restèrent rares avant 1940 : concert à Berlin en 1938 avec Elisabeth Schwarzkopf, mise en scène à Rome en 1967, concert au Carnegie Hall en 1968 (première américaine), puis Parme (1981), le Royal Opera House de Londres (1996) et Buxton (2018), première mise en scène professionnelle au Royaume-Uni.
Sources :
Wikipedia — Alzira ; MusicWeb International — Luisi 1999 ; MusicWeb International — Kuhn (C Major 721504) ; livret de l’édition C Major (Kuhn) ; pochettes des disques.




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