Note personnelle : , ,

Verdi, Giuseppe — Giovanna d’Arco (1845)

Format :

  • Dramma lirico en un prologue et trois actes (certaines éditions, dont celle de Parme 2008, le divisent en quatre actes).
  • Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901)
  • Livret : Temistocle Solera, d’après Die Jungfrau von Orleans de Friedrich von Schiller
  • Langue : italien

Création :

15 février 1845, Teatro alla Scala, Milan (direction : Eugenio Cavallini).
Septième opéra de Verdi, composé durant l’automne et l’hiver 1844-1845 après une commande acceptée dès décembre 1843. Le rôle-titre est écrit pour la soprano Erminia Frezzolini, alors au sommet de sa carrière, entourée d’Antonio Poggi (Carlo), Filippo Colini (Giacomo) et Francesco Lodetti (Talbot). Les critiques sont réservées mais le public fait un accueil enthousiaste à l’ouvrage, qui connaît dix-sept représentations. Mécontent de la mise en scène et de l’impresario Merelli, Verdi renonce à retourner à la Scala, qui ne représentera plus de création verdienne avant trente-six ans.

Livret :

Solera, déjà librettiste de Nabucco et d’I Lombardi, partisan d’un style grandiose et oratorio avec de vastes scènes chorales, tire l’argument de la pièce de Schiller, en prenant de grandes libertés avec l’histoire : Jeanne y est aimée du roi et dénoncée comme sorcière par son propre père. Solera revendiquait un drame italien « entièrement original », tandis que le musicologue Julian Budden n’y voyait que « du Schiller dilué ». Les livrets de la version romaine, sous la pression de la censure pontificale, furent remaniés et l’opéra rebaptisé Orietta di Lesbo.

Intrigue :

  • Prologue : En 1429, pendant la guerre de Cent Ans, le roi Carlo (Charles VII) songe à abdiquer après une série de défaites face aux Anglais. Il veut déposer les armes devant une image de la Vierge apparue dans un rêve, près du village de Domrémy. Il y rencontre Giovanna, fille du berger Giacomo, à qui le Ciel a ordonné de combattre aux côtés du roi. Son enthousiasme lui rend courage. Giacomo, qui a tout entendu, la prend pour une sorcière et croit les deux jeunes gens amants.
  • Acte I : Giacomo est persuadé que la France est gouvernée par des puissances infernales et promet de livrer sa fille à Talbot, le chef des Anglais. Les Français l’emportent à Orléans ; Giovanna estime sa mission accomplie et veut rentrer chez elle, mais Carlo la supplie de rester et lui avoue son amour. Malgré les avertissements des voix célestes, elle reconnaît partager ce sentiment et, se sentant coupable, l’accompagne à son sacre à Reims.
  • Acte II : Sur le parvis de la cathédrale, Giacomo voit sa fille acclamée par la foule et décide de mettre fin à ce qu’il juge sacrilège. Lorsque Carlo proclame Giovanna sainte patronne du pays, Giacomo l’accuse de sorcellerie. Coupable à ses yeux de son amour pour Carlo, elle ne se défend pas ; un orage semble confirmer sa faute. Bannie, elle est livrée aux Anglais par son père.
  • Acte III : Dans le camp anglais, Giovanna, enchaînée, attend son exécution pendant que la bataille fait rage au dehors. Les Français paraissent perdus, mais elle prie le Ciel et Giacomo reconnaît enfin son erreur : il la libère et la bénit. Giovanna retourne le cours du combat mais est blessée à mort. Une dernière vision de la Vierge l’appelle au Ciel ; elle meurt.

Enregistrement(s) :

James Levine — 1972

Format : 2 CD (3 LP à l’origine, 1973)
Label : EMI Classics (réédition Warner Classics)
Référence : CMS 7 63226-2 (CD, 1989) ; LP SLS 967
Année d’enregistrement : 1972 (studio, Londres)
Distribution :

  • Giovanna : Montserrat Caballé, soprano
  • Carlo VII : Plácido Domingo, ténor
  • Giacomo : Sherrill Milnes, baryton
  • Delil : Keith Erwen, ténor
  • Talbot : Robert Lloyd, basse

Direction : James Levine
Orchestre : London Symphony Orchestra ; Ambrosian Opera Chorus
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement de studio de référence de l’ouvrage, longtemps considéré comme la version de comparaison, porté par la Giovanna de Caballé, le Carlo de Domingo et le Giacomo de Milnes. Les puristes reprochent toutefois à Caballé de ne pas donner l’ut dièse aigu de « Sempre all’alba ».

Bruno Bartoletti — 2008

Format : DVD (vidéo)
Label : C Major (Unitel Classica), collection « Tutto Verdi » du Teatro Regio di Parma
Référence : 721208
Année d’enregistrement : 2008 (en direct, Teatro Regio di Parma, 7 et 17 octobre)
Distribution :

  • Giovanna : Svetla Vassileva, soprano
  • Carlo VII : Evan Bowers, ténor
  • Giacomo : Renato Bruson, baryton
  • Delil : Luigi Petroni, ténor
  • Talbot : Maurizio Lo Piccolo, basse

Direction : Bruno Bartoletti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Regio di Parma (chef de chœur : Martino Faggiani)
Mise en scène : Gabriele Lavia
Langue : italien

Particularité :

Une production sobre, aux costumes d’époque, qui place bien les personnages et laisse chanter les interprètes. Vassileva, silhouette garçonne, séduit dans le chant piano mais son timbre se met à vaciller sous pression ; Bowers séduit par son timbre mielleux, et Bruson, en fin de carrière, compose un Giacomo convaincant. Bartoletti s’efforce d’adoucir l’orchestre, orchestre et chœur se montrant enthousiastes.

Paolo Carignani — 2014

Format : 2 CD
Label : Deutsche Grammophon
Référence : 479 2712 (parution 2014)
Année d’enregistrement : 2013 (en direct, Festival de Salzbourg, Felsenreitschule, août)
Distribution :

  • Giovanna : Anna Netrebko, soprano
  • Carlo VII : Francesco Meli, ténor
  • Giacomo : Plácido Domingo, baryton
  • Delil : Johannes Dunz, ténor
  • Talbot : Roberto Tagliavini, basse

Direction : Paolo Carignani
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; Philharmonia Chor Wien (chef de chœur : Walter Zeh)
Langue : italien

Particularité :

Un enregistrement événement réunissant Netrebko et Domingo, ce dernier en baryton dans le rôle de Giacomo. La critique salue l’énergie des tempi et la vigueur verdienne de Carignani, ainsi que la richesse vocale de Netrebko, sans la placer au-dessus de la Giovanna de Caballé (EMI, 1972). Meli séduit par son italianité mais manque un peu de caractère ; Domingo, instable au début, se fait plus assuré au fil de la soirée.

Marcus Bosch — 2024

Format : Blu-ray / audio numérique
Label : Coviello Classics (en coproduction avec Deutschlandfunk Kultur)
Référence : COV 92419 (Blu-ray)
Année d’enregistrement : 2023 (en direct, Festspielhaus Heidenheim, 11-22 juillet ; parution 2024)
Distribution :

  • Giovanna : Sophie Gordeladze, soprano
  • Carlo VII : Héctor Sandoval, ténor
  • Giacomo : Luca Grassi, baryton
  • Delil : Martin Piskorski, ténor
  • Talbot : Rory Dunne, basse-baryton

Direction : Marcus Bosch
Orchestre : Cappella Aquileia (orchestre des Opernfestspiele Heidenheim) ; Czech Philharmonic Choir of Brno (chef de chœur : Petr Fiala)
Mise en scène : Ulrich Proschka
Langue : italien

Particularité :

Production sur instruments d’époque, qui transpose l’action dans un hôpital psychiatrique : Giovanna, rêveuse délirante, vit ses combats comme un « théâtre dans la tête », les Anglais devenant des médecins. La critique salue le concept, la jeunesse de la distribution, la voix de Gordeladze et le jeu articulé et sans vibrato de Bosch.

Postérité :

Populaire en Italie pendant une vingtaine d’années, l’ouvrage tombe ensuite dans l’oubli. Il est ressuscité en 1951 par Renata Tebaldi (RAI Milan, direction Alfredo Simonetto, avec Carlo Bergonzi), puis enregistré par Montserrat Caballé, Plácido Domingo et James Levine (EMI, 1972). Création américaine en version de concert à Carnegie Hall en 1966 ; Royal Opera en 1996 ; Scala en 2015 avec Anna Netrebko. La critique reste partagée : les chœurs paraissent parfois faibles, mais l’écriture du rôle de Giovanna et plusieurs duos expliquent l’intérêt des grandes sopranos.

Sources :

Operadis — Giovanna d’Arco ; Wikipedia — Giovanna d’Arco ; MusicWeb International — Bartoletti (C Major 721208) ; MusicWeb International — Carignani (DG 479 2712) ; Coviello Classics — COV 92419 ; Concerti — Opernfestspiele Heidenheim 2023 ; OperaWire — Les enregistrements essentiels ; livrets des trois enregistrements (Roger Parker, Anselm Gerhard).

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