Format :
- Opéra en trois actes.
- Musique : Bedřich Smetana, composée entre 1865 et 1867 (achevée le 29 décembre 1867).
- Livret : Josef Wenzig, traduit en tchèque par Ervín Špindler.
- Langue : tchèque.
Création :
16 mai 1868, Prague, lors des célébrations de la pose de la première pierre du Théâtre national.
Après Les Brandebourgeois en Bohême et La Fiancée vendue (1866), Smetana y affirme une veine sérieuse, plus sombre et plus lyrique. Cet ouvrage lui tenait particulièrement à cœur : il le fit entendre au piano à Franz Liszt, qui l’approuva pleinement. La création n’obtint cependant pas le succès des ouvrages comiques du compositeur.
Livret :
Josef Wenzig, pédagogue et écrivain pragois de langue allemande, s’inspire de la légende de Dalibor de Kozojedy, chevalier tchèque emprisonné en 1497-1498 dans une tour du château de Prague (la future « tour Dalibor »). La tradition voulait que le prisonnier ait appris à jouer du violon pour distraire sa solitude ; Wenzig en fait le symbole central du drame, avec le souvenir de son ami musicien Zdeněk. Le texte allemand fut traduit en tchèque par Ervín Špindler pour Smetana.
Intrigue :
- Acte I : À Prague, à la fin du XVe siècle, sous le règne de Vladislav II, la foule attend le jugement de Dalibor, accusé d’avoir attaqué Ploškovice et tué le burgrave. La jeune Jitka, orpheline qu’il avait protégée, tente d’attiser la sympathie du peuple. Milada, sœur du burgrave, vient témoigner contre lui, mais Dalibor, enchaîné, avoue son acte comme une vengeance après le meurtre cruel de son ami, le musicien Zdeněk. Il accepte sa condamnation à mourir de faim dans un cachot. Bouleversée, Milada s’éprend de lui, plaide en vain sa grâce auprès du roi et décide avec Jitka de le délivrer.
- Acte II : Les mercenaires de Dalibor, avec Vítek, fiancé de Jitka, attendent le signal de Milada. Celle-ci, déguisée en jeune ménestrel, s’est introduite au château et gagne la confiance du geôlier Beneš, qui lui laisse porter son vieux violon au prisonnier. Dalibor, réveillé d’un rêve où lui est apparu Zdeněk, la reconnaît ; elle implore son pardon et un duo d’amour les unit.
- Acte III : Le roi, pressé par ses juges et alerté par Budivoj, le commandant de la garde, condamne à regret Dalibor à mort. Dans son cachot, Dalibor, qui a brisé ses fers, rêve de la délivrance annoncée ; une corde du violon se rompt au moment du signal et Budivoj vient le chercher. Devant la prison, Milada et ses partisans tentent l’assaut mais échouent : mortellement blessée, elle expire dans ses bras. Dalibor, désormais libre d’aller rejoindre Milada et Zdeněk, se jette sur les soldats et est tué.
Enregistrement(s) :

Jaroslav Krombholc — 1950
Format : 2 CD (enregistrement de studio monophonique, d’abord paru en 78 tours puis en LP)
Label : Supraphon
Référence : SU 3541-2 (2001)
Année d’enregistrement : 1950, studio, Prague.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Václav Bednář, baryton
- Dalibor : Beno Blachut, ténor
- Budivoj : Theodor Šrubař, baryton
- Beneš : Karel Kalaš, basse
- Vítek : Antonín Votava, ténor
- Milada : Marie Podvalová, soprano
- Jitka : Štěpa Petrová, soprano
Direction : Jaroslav Krombholc
Orchestre : Orchestre et chœur du Théâtre national de Prague
Langue : tchèque
Particularité :
Enregistrement le plus ancien de cette fiche, dont la pochette arbore le portrait de Beno Blachut dans le rôle-titre, qu’il avait fait sien au Théâtre national. Document historique, dans un son d’époque, d’une tradition d’interprétation tchèque.

Jaroslav Krombholc — 1967
Format : 2 CD (enregistrement de studio ; d’abord paru en 3 LP)
Label : Supraphon
Référence : SU 4335-2 (rééd. 2024) ; LP 1967 : Supraphon 10971/73
Année d’enregistrement : 9-21 septembre 1967, studio Domovina, Prague.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Jindřich Jindrák, baryton
- Dalibor : Vilém Přibyl, ténor
- Budivoj : Antonín Švorc, baryton
- Beneš : Jaroslav Horáček, basse
- Vítek : Zdeněk Švehla, ténor
- Milada : Naděžda Kniplová, soprano
- Jitka : Hana Svobodová-Janků, soprano
- Un juge : Dalibor Jedlička, basse
Direction : Jaroslav Krombholc
Orchestre : Orchestre et chœur de l’Opéra du Théâtre national de Prague
Langue : tchèque
Particularité :
Seconde gravure de studio de Krombholc, dix-sept ans après la première, enregistrée en stéréo avec une distribution du Théâtre national. Vilém Přibyl y chante le rôle-titre ; Naděžda Kniplová est une Milada d’envergure dramatique.

Václav Smetáček — 1979
Format : 2 CD (enregistrement de studio ; d’abord paru en 3 LP, 1982)
Label : Supraphon
Référence : LP : 1416 2921-3 ; CD remastérisé en 2012
Année d’enregistrement : 9 juin – 2 septembre 1979, Stadion, Brno.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Václav Zítek, baryton
- Dalibor : Vilém Přibyl, ténor
- Budivoj : Bohuslav Maršík, baryton
- Beneš : Jaroslav Horáček, basse
- Vítek : Miloš Ježil, ténor
- Milada : Eva Děpoltová, soprano
- Jitka : Naďa Šormová, soprano
- Un juge : Karel Hanuš, basse
Direction : Václav Smetáček
Orchestre : Orchestre philharmonique d’État de Brno ; chœur de l’Opéra d’État de Brno (chef de chœur : Josef Pančík)
Langue : tchèque
Particularité :
Version enregistrée à Brno plutôt qu’à Prague, avec Vilém Přibyl reprenant le rôle-titre douze ans après Krombholc. Eva Děpoltová y chante Milada ; la prise de son numérique moderne (remastering 2012) restitue la partition avec davantage de présence.

Zdeněk Košler — 1995
Format : 2 CD
Label : Supraphon
Référence : SU 0077 2632
Année d’enregistrement : 1995, Prague.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Ivan Kusnjer, baryton
- Dalibor : Leo Marian Vodička, ténor
- Budivoj : Vratislav Kříž, baryton
- Beneš : Jiří Kalendovský, basse
- Vítek : Miroslav Kopp, ténor
- Milada : Eva Urbanová, soprano
- Jitka : Jiřina Marková, soprano
- Un juge : Bohuslav Maršík, basse
Direction : Zdeněk Košler
Orchestre : Orchestre et chœur du Théâtre national de Prague
Langue : tchèque
Particularité :
Version du Théâtre national de Prague réunissant Leo Marian Vodička, Eva Urbanová et Ivan Kusnjer, qui chantera de nouveau le roi sous la baguette de Bělohlávek en 2015.

Yoram David — 2000
Format : 2 CD (enregistrement public)
Label : Dynamic
Référence : CDS 295/1-2
Année d’enregistrement : en public, janvier 1999, Teatro Lirico di Cagliari ; paru en 2000.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Valeri Alexejev, baryton
- Dalibor : Valerij Popov, ténor
- Budivoj : Damir Basyrov, baryton
- Beneš : Jiří Kalendovský, basse
- Vítek : Valentin Prolat, ténor
- Milada : Eva Urbanová, soprano
- Jitka : Dagmar Schellenberger, soprano
- Premier juge : Carmine Monaco, baryton-basse
- Deuxième juge : Alexandr Blagodarnyi, basse
- Troisième juge : Bruno Pestarino, baryton-basse
Direction : Yoram David
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro Lirico di Cagliari (chef de chœur : Paolo Vero)
Langue : tchèque
Particularité :
Version captée sur le vif en Sardaigne avec une distribution internationale : Valerij Popov en Dalibor, Eva Urbanová en Milada et Dagmar Schellenberger en Jitka. Le livret est traduit en italien, en allemand et en anglais.

Jiří Bělohlávek — 2015
Format : 2 CD (enregistrement public, version de concert)
Label : Onyx (enregistrement BBC)
Référence : ONYX 4158 (novembre 2015)
Année d’enregistrement : 2 mai 2015, Barbican Hall, Londres.
Distribution :
- Vladislav, roi de Bohême : Ivan Kusnjer, baryton
- Dalibor : Richard Samek, ténor
- Budivoj : Svatopluk Sem, baryton
- Beneš : Jan Stava, basse
- Vítek : Aleš Voráček, ténor
- Milada : Dana Burašová, soprano
- Jitka : Alžběta Poláčková, soprano
Direction : Jiří Bělohlávek
Orchestre : BBC Symphony Orchestra ; BBC Singers
Langue : tchèque
Particularité :
Version de concert captée à Londres par la BBC, dirigée par l’un des grands défenseurs de la musique tchèque, avec une distribution tchèque et slovaque. La notice est de Jan Smaczny.
Postérité :
Smetana attribuait lui-même l’accueil réservé de Dalibor au manque de formation musicale du public pragois, attaché aux airs strophiques et aux chœurs populaires de La Fiancée vendue. Une partie de la critique l’accusa de « wagnérisme » en raison de son sujet quasi légendaire et de la métamorphose thématique, proche du leitmotiv. Pourtant, Eliška Krásnohorská, librettiste de ses derniers opéras, le tenait pour la « perle de l’opéra romantique tchèque ». Longtemps éclipsé en dehors de la Bohême, l’ouvrage reste le plus bel exemple du Smetana sérieux, avec son thème ascendant initial, son duo d’amour de l’acte II et un finale d’une brièveté saisissante.






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