Format :
- Drame musical mythologique nordique (opéra) en deux actes, avec prologue et épilogue ; durée d’environ trois heures dans la version originale.
- Musique : Wilhelm Stenhammar (op. 15) ; prologue, acte I et acte II écrits à Särö à l’été 1897, épilogue à Båstad à l’été 1898.
- Livret : Anna Boberg, d’après la saga d’Hervor (Hervarar saga).
- Langue : suédois.
Création :
9 décembre 1898, Stockholm (Opéra royal), sous la direction du compositeur.
Deuxième et dernier opéra de Stenhammar, alors âgé de vingt-sept ans, Tirfing reçoit un accueil plutôt favorable du public et d’une partie de la critique, mais le compositeur-critique Wilhelm Peterson-Berger attaque le livret et juge une scène « irrémédiablement de mauvais goût ». L’ouvrage fut remanié et coupé par la suite et ne fut plus joué intégralement après la reprise de 1901 de l’Opéra royal. Stenhammar lui-même se montra très sévère envers sa partition.
Livret :
Anna Boberg, artiste peintre et amie de longue date du compositeur, s’inspire d’un épisode de la saga d’Hervor, où l’héroïne se déguise en homme pour obtenir l’épée magique Tyrfing (« Tirfing ») de son père mort. Elle y glisse un commentaire sur la condition des femmes qui, pour réussir dans un monde défini par les hommes, doivent devenir semblables à eux.
Intrigue :
- Prologue (à Samsö) : Hervor, jeune femme à l’époque des Vikings, doit s’emparer de l’épée Tirfing pour survivre. Le fantôme de son père Angantyr lui impose de renier sa féminité pour en hériter.
- Acte I : Devenue le guerrier Hervardur, elle triomphe au combat et gagne l’amitié de Vidar, fils du roi Gudmund, qui se prend d’une affection troublante pour « Hervardur », tandis que sa sœur Gullväg aime elle aussi le jeune guerrier.
- Acte II : Lors d’une fête à la cour, Hervardur repousse Gullväg. Vidar, furieux, se bat en duel avec lui et est tué.
- Épilogue (retour à Samsö) : Le cœur brisé, Hervor rapporte l’épée sur la tombe de son père, puis meurt.
(Répartition par actes établie à partir des comptes rendus de la production de Malmö.)
Enregistrement(s) :

Arnold Östman — 2026
Format : 2 CD (128 min), « Romantic Opera in Sweden », vol. 11 — première mondiale au disque de l’intégrale
Label : Sterling
Référence : CDO 1134-35
Année d’enregistrement : en public, octobre 2011, Opéra de Malmö (production de Per-Erik Öhrn, première reprise scénique depuis plus d’un siècle) ; paru fin 2025 – début 2026.
Distribution :
- Hervor / Hervardur : Martina Dike, mezzo-soprano
- Gullväg : Ulrika Mjörndal, soprano
- Vidar / Un berger : Daniel Hällström, baryton
- Angantyr / Le roi Gudmund : Bengt Krantz, basse
- Un barde : Jakob Högström
- Le chef des serviteurs : Nils Olsson
- Gestur : Dardan Bakraqi
- Svasur : Per Fernesten
- Harald : Patrik Forsman
Direction : Arnold Östman
Orchestre : Orchestre et chœur de l’Opéra de Malmö
Langue : suédois
Particularité :
Captation de la production de Malmö, première mise en scène de l’ouvrage depuis plus d’un siècle, publiée avec quatorze ans de retard. La version est écourtée : 128 minutes pour une partition de près de trois heures, sans que le livret du disque ne l’explique. Nick Barnard (MusicWeb) salue la voix puissante et concentrée de Martina Dike, dont les deux soliloques finaux sont les sommets, et regrette un livret guindé et un son orchestral un peu mince. Lennart Bromander (Opera) loue la conviction d’Östman mais juge Ulrika Mjörndal sous-employée et Bengt Krantz diminué vocalement.
Postérité :
Longtemps éclipsé, Tirfing reste l’une des rares incursions de Stenhammar à l’opéra, avec Das Fest auf Solhaug. Une sélection d’extraits dirigée par Leif Segerstam avait déjà été publiée chez Sterling. La partition, d’une mélancolie nordique empreinte de wagnérisme, a été décrite comme belle et émouvante plutôt que mélodique, bien qu’elle ne montre pas Stenhammar à son meilleur.





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