Format :
- Opéra en deux actes, inachevé (D 918), complété et orchestré par Richard Dünser (né en 1959).
- Musique : Franz Schubert (1797-1828) ; complétion de Richard Dünser.
- Livret : Eduard von Bauernfeld.
- Langue : allemand.
Création :
12 juillet 1997, Stephaniensaal, Graz (festival styriarte), en version de concert dans la complétion de Richard Dünser.
Schubert travaille à son dernier grand opéra en 1826-1827, dans les deux dernières années de sa vie, sans attendre l’approbation de la censure, qui jugeait le sujet et son dénouement très négativement. Il laisse des esquisses pour onze numéros de l’acte I et neuf de l’acte II (chœurs, airs, ensembles, quatuor), mais aucune note pour le finale. Commandé par le festival styriarte, Dünser reconstitue l’ouvrage de 1995 à 1997.
Livret :
Eduard von Bauernfeld, ami de Schubert, propose le sujet d’une légende que les frères Grimm ont reprise : celle du comte de Gleichen qui, prisonnier des Sarrasins pendant les croisades, est libéré par la fille du sultan et épouse ensuite deux femmes avec la bénédiction du pape. Seize opéras de Schubert sont conservés, mais ils demeurent le pan le moins connu de son œuvre .
Intrigue :
- Acte I : Le comte Ernst von Gleichen, croisé prisonnier au Caire avec son écuyer Kurt, devient jardinier du palais du sultan. Il gagne l’affection de Suleika, fille du sultan, qui fête ses quinze ans. Avant qu’il ne déclare son amour en lui offrant une rose pourpre, son père lui présente trois princes indiens, ses prétendants. Suleika obtient de son père la libération des esclaves chrétiens et s’enfuit en bateau avec eux et sa dame de compagnie Fatime, décidée à se convertir au christianisme.
- Acte II : Au château de Gleichen, la comtesse Ottilie attend son mari, absent depuis sept ans. Il revient déguisé, puis se fait reconnaître. Suleika, devenue Angelika, arrive avec les autres. Le comte demande si la comtesse peut partager son amour avec Suleika, qui confirme aimer le comte. Le comte annonce que le pape l’autorise à prendre Suleika pour seconde épouse, et le mariage est célébré dans la chapelle du château.
Enregistrement(s) :

Christoph Eberle — 2004
Format : 2 CD (53 min 32 s et 53 min 23 s)
Label : Oehms Classics (en coproduction avec l’ORF)
Référence : OC 903
Année d’enregistrement : 2004, Festspielhaus Bregenz (enregistrement live).
Distribution :
- Le Comte / Le Sultan : Florian Boesch, baryton
- Suleika : Cornelia Horak, soprano
- La Comtesse / Fatime : Letizia Scherrer, soprano
- Récitant : Kurt Sternik, rôle parlé
Direction : Christoph Eberle ; chef de chœur : Wolfgang Schwendinger
Orchestre : Symphonieorchester Vorarlberg ; KornmarktChor Bregenz
Langue : allemand
Particularité :
Captation live de la complétion de Dünser au Festspielhaus de Bregenz, chantée par un plateau réduit où un seul chanteur tient deux rôles (le comte et le sultan, la comtesse et Fatime) et où un récitant relie les numéros par un texte parlé en allemand, dont le livret du disque ne donne pas le texte. La critique salue le chœur de Bregenz et les couleurs vocales de Florian Boesch, à la voix pleine mais trop lyrique dans le récitatif, de Cornelia Horak, aux aigus ravissants mais fatiguée en fin de parcours, et de Letizia Scherrer, à l’émission chaleureuse. L’orchestre est parfois trop épais dans le médium. Le critique juge l’ouvrage digne d’être entendu pour ses beautés, sans en faire un chef-d’œuvre, et le finale de Dünser dépourvu de véritable sommet.
Postérité :
Resté dans les cartons du compositeur, l’opéra n’a retrouvé la vie que grâce à Richard Dünser, qui a étoffé, raccourci ou développé les esquisses de Schubert, inventé mélodies et harmonies là où il y avait des lacunes, et composé le dernier duo et le finale, où il cite le thème des « Nebensonnen » du Winterreise que Schubert avait déjà réemployé dans le duo du comte et de la comtesse. On a rapproché cette orchestration, volontairement « non schubertienne », de celle de Fierrabras et d’Alfonso und Estrella. Nul ne sait ce que Schubert aurait écrit pour la dernière scène.






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