Note personnelle : ,

Schumann, Robert — Szenen aus Goethes Faust (1862)

Format :

  • Scènes dramatiques pour solistes, chœur et orchestre, en trois parties précédées d’une ouverture (WoO 3), à mi-chemin de l’oratorio profane et de l’opéra de concert.
  • Musique : Robert Schumann.
  • Livret : extraits du Faust de Goethe (première et seconde parties), choisis et assemblés par Schumann.
  • Langue : allemand.

Création :

1862, à Cologne (première exécution intégrale des trois parties, six ans après la mort du compositeur).
Schumann travaille à l’œuvre de 1844 à 1853, par à-coups, entre ses périodes de dépression. Les trois scènes de la dernière partie, la transfiguration de Faust, sont données dès 1849 à Dresde, Leipzig et Weimar, pour le centenaire de la naissance de Goethe ; l’ouverture, composée en 1853, est la dernière page écrite. Schumann n’a jamais entendu l’œuvre complète. Il abandonne vite l’idée d’en tirer un opéra et préfère une suite de scènes, empruntées à l’épisode de Gretchen et surtout à la seconde partie du poème, le « grand monde » de Goethe, où se joue la rédemption de Faust.

Livret :

Le texte est entièrement de Goethe. Schumann écarte l’idée d’adapter la pièce en livret d’opéra et choisit des passages, en évitant en général les passages chantés et en privilégiant les éléments les plus poétiques. Il ne met en musique que quelques épisodes de la première partie (la tragédie de Gretchen) et du Faust II, dont la fin, la mort de Faust et son salut, forme la partie la plus longue de la partition.

Intrigue :

  • Première partie : Trois scènes tirées de Faust I. Dans le jardin, Faust, rajeuni par le diable, courtise Gretchen sous le regard de Marthe, la voisine, et de Méphistophélès. Gretchen, devant l’image de la Mater Dolorosa, dépose des fleurs et implore la Vierge. Dans la cathédrale, au milieu du Dies irae, le Mauvais Esprit l’accable de sa faute.
  • Deuxième partie : Trois scènes tirées de Faust II. Au lever du soleil, Ariel et les esprits rendent à Faust, épuisé, la force de vivre. À minuit, quatre femmes grises, Mangel (le Manque), Schuld (la Dette), Sorge (le Souci) et Not (la Détresse) approchent du palais de Faust : Sorge le frappe de cécité. Dans la dernière scène, Faust aveugle croit entendre ses ouvriers bâtir et gagne la terre sur la mer, tandis que les Lémures creusent sa tombe ; il meurt en prononçant l’instant parfait, et Méphistophélès s’apprête à saisir son âme.
  • Troisième partie, Transfiguration de Faust : Dans les gorges de la montagne, anachorètes et saints (Pater Ecstaticus, Pater Profundus, Pater Seraphicus) célèbrent l’amour divin ; les anges emportent ce qui reste de Faust, et les bienheureux enfants le reçoivent. Le Doctor Marianus invoque la Mater Gloriosa, entourée de Magna Peccatrix, de la Samaritaine et de Marie l’Égyptienne. Gretchen, devenue Una Poenitentium, intercède pour son ancien amant. L’œuvre s’achève par le Chorus Mysticus : Alles Vergängliche ist nur ein Gleichnis.

Enregistrement(s)

Benjamin Britten — 1972

Format : CD (2 disques, 117’55)
Label : Decca (collection Ovation)
Référence : 425 705-2
Année d’enregistrement : 1972, Snape Maltings (Aldeburgh), peu après la reprise de l’œuvre par Britten au festival d’Aldeburgh ; première parution en 1973
Distribution :

  • Faust, Doctor Marianus : Dietrich Fischer-Dieskau
  • Gretchen, Una Poenitentium : Elizabeth Harwood
  • Méphistophélès, Böser Geist, Pater Seraphicus : John Shirley-Quirk
  • Ariel, Pater Ecstaticus : Peter Pears
  • Sorge, Engel : Jennifer Vyvyan
  • Not, Magna Peccatrix : Felicity Palmer
  • Marthe, Mangel, Mulier Samaritana : Meriel Dickinson
  • Schuld, Maria Aegyptiaca : Pauline Stevens
  • Pater Profundus : Robert Lloyd
  • Mater Gloriosa : Alfreda Hodgson

Direction : Benjamin Britten
Orchestre : English Chamber Orchestra, Aldeburgh Festival Singers, Wandsworth School Choir (chef de chœur : Russell Burgess)
Langue : allemand

Particularité :
Britten venait de reprendre l’œuvre au festival d’Aldeburgh, et Decca a publié l’enregistrement en 1973 pour son soixantième anniversaire. La critique a salué un Fischer-Dieskau d’une grande richesse verbale, une Harwood touchante, un Shirley-Quirk sombre et inquiétant et un Pears délicat. Les chœurs réagissent avec une grande immédiacité, et le Chorus Mysticus final est empreint de recueillement. La seule réserve porte sur l’ouverture, où la texture orchestrale dense de Schumann aurait mérité d’être allégée.

Claudio Abbado — 1994

Format : CD (2 disques)
Label : Sony Classical
Référence : S2K 66308
Année d’enregistrement : 5 et 6 juin 1994, Philharmonie de Berlin (concerts)
Distribution :

  • Bryn Terfel
  • Karita Mattila
  • Jan-Hendrik Rootering
  • Barbara Bonney
  • Endrik Wottrich
  • Iris Vermillion
  • Brigitte Poschner-Klebel
  • Susan Graham
  • Hans-Peter Blochwitz
  • Harry Peeters

La pochette ne précise pas l’attribution des rôles.
Direction : Claudio Abbado
Orchestre : Berliner Philharmoniker, Swedish Radio Choir (chef de chœur : Eric Ericson), Tölzer Knabenchor (chef de chœur : Gerhard Schmidt-Gaden)
Langue : allemand

Particularité :
Captation en concert avec les Berliner Philharmoniker, dans une distribution de luxe réunissant plusieurs grands noms du chant de l’époque. Les chœurs sont ceux de la Radio suédoise et du Tölzer Knabenchor.

Antoni Wit — 2009

Format : CD (2 disques : 73’06 et 43’36)
Label : Naxos
Référence : 8.572430-31
Année d’enregistrement : du 21 au 28 avril 2009, salle de concert de la Philharmonie de Varsovie
Distribution :

  • Sorge, Engel, Magna Peccatrix : Iwona Hossa
  • Gretchen, Una Poenitentium, Not : Christiane Libor
  • Mulier Samaritana, Mangel : Anna Lubańska
  • Marthe, Maria Aegyptiaca, Schuld, Mater Gloriosa : Ewa Marciniec
  • Ariel, Pater Ecstaticus : Daniel Kirch
  • Faust, Doctor Marianus, Pater Seraphicus : Jaakko Kortekangas
  • Méphistophélès, Böser Geist, Pater Profundus : Andrew Gangestad

Direction : Antoni Wit
Orchestre : Warsaw Philharmonic Orchestra, Warsaw Philharmonic Choir (chef de chœur : Henryk Wojnarowski), Warsaw Boys’ Choir (chef de chœur : Krzysztof Kusiel-Moroz)
Langue : allemand

Particularité :
Version de la période récente, au sein de la série d’enregistrements de Wit pour Naxos. Les voix sont bien conduites et mélodieuses, mais un peu plus générales et moins incisives que dans les versions concurrentes, et l’équilibre sonore favorise les bois au détriment des cordes. Wit mène la fin de l’œuvre avec beaucoup de souplesse.

Postérité :

Longtemps négligées, les Szenen aus Goethes Faust connaissent depuis les années 1970 un renouveau d’intérêt. On les considère aujourd’hui comme l’une des partitions les plus accomplies de Schumann, notamment grâce à la beauté des pages chorales de la dernière partie. L’œuvre se démarque de la Damnation de Faust de Berlioz et du Faust de Gounod par son choix de se concentrer sur la rédemption plutôt que sur le pacte et la séduction, ainsi que de la Faust-Symphonie de Liszt par la place donnée à la voix. Elle reste rarement donnée sur scène et, plus souvent, au concert.

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