Format :
- Grand opéra romantique allemand en quatre actes (op. 81).
- Musique : Robert Schumann.
- Livret : Robert Schumann lui-même, d’après Leben und Tod der heiligen Genoveva de Ludwig Tieck et la tragédie Genoveva de Friedrich Hebbel ; le poète Robert Reinick avait d’abord été chargé du texte, dont il ne reste qu’environ deux cents vers.
- Langue : allemand.
Création :
25 juin 1850, au Stadttheater de Leipzig, sous la direction du compositeur ; Caroline Meyer chante le rôle-titre.
Schumann compose la partition d’avril 1847 à août 1848, à Dresde, à trente-sept ans. Il vient de traverser sa grande année du lied et de la musique de chambre, et rêve d’un opéra allemand à la hauteur de Weber et de Beethoven. Il y aspire à une déclamation continue, sans numéros isolés, et à un drame musical plus unifié, ce qui annonce la voie ouverte ensuite par Wagner. Genoveva restera son unique opéra.
Livret :
La légende de sainte Geneviève de Brabant, épouse calomniée d’un comte absent et sauvée à la dernière heure, a inspiré tout le romantisme allemand. Reinick, poète et peintre sans expérience de la scène, rédige d’abord un texte d’après Tieck (1799), trop lyrique au gré de Schumann. Les deux amis ne parviennent pas à s’entendre et le compositeur écrit lui-même le livret, reprenant par endroits des vers de la tragédie de Hebbel (1843). Schumann modifie la matière des sources, notamment en donnant à l’histoire une fin heureuse.
Intrigue :
- Acte I : Genoveva fait ses adieux à son époux, le comte palatin Siegfried, qui part combattre les Maures, et s’évanouit. Golo, compagnon de Siegfried resté au château, profite de ce moment pour l’embrasser, sous les yeux de la nourrice Margaretha. Celle-ci, jadis chassée par Siegfried pour sorcellerie, veut se venger et persuade Golo que Genoveva l’aime.
- Acte II : Golo annonce la victoire et avoue son baiser. Repoussé par Genoveva, il jure de se venger et répand la rumeur d’une liaison avec le chapelain. Avec Margaretha, il attire l’intendant Drago dans la chambre de la comtesse pour l’y « surprendre ». Margaretha accuse Genoveva d’adultère, le serviteur Balthasar poignarde Drago, et Genoveva est jetée dans la tour.
- Acte III : Siegfried, blessé, séjourne à Strasbourg, où Margaretha veut l’empoisonner. Golo lui apporte la nouvelle de l’infidélité de sa femme et Siegfried la condamne. Margaretha lui montre dans un miroir magique une vision trompeuse, ce qui confirme sa sentence. L’ombre de Drago menace Margaretha du bûcher si elle ne dit pas la vérité.
- Acte IV : Dans la forêt, Golo doit exécuter Genoveva avec l’épée de Siegfried. Il lui offre de fuir avec lui, mais elle refuse. Siegfried, à qui Margaretha a avoué la vérité, sauve son épouse au dernier moment. Genoveva lui pardonne, et l’évêque les unit une seconde fois.
Enregistrement(s)

Kurt Masur — 1976
Format : CD (2 disques : 69’17 et 56’46)
Label : Berlin Classics
Référence : 0020562BC
Année d’enregistrement : octobre 1976, Studio Paul-Gerhardt-Kirche, Leipzig
Distribution :
- Hidulfus, évêque de Trèves : Siegfried Lorenz
- Siegfried, comte palatin : Dietrich Fischer-Dieskau
- Genoveva : Edda Moser
- Golo : Peter Schreier
- Margaretha : Gisela Schröter
- Drago, intendant : Siegfried Vogel
- Balthasar, serviteur : Karl-Heinz Stryczek
- Caspar, serviteur : Wolfgang Hellmich
Direction : Kurt Masur
Orchestre : Gewandhausorchester Leipzig, Rundfunkchor Berlin (préparation du chœur et direction de la musique de scène : Wolf-Dieter Hauschild)
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement de studio réalisé à Leipzig, ville de la création. Il a longtemps été la référence de l’œuvre, avant la version live de Nikolaus Harnoncourt parue en 1998. Masur y donne au drame une grande conviction et un orchestre de fosse particulièrement incisif. La distribution est de premier ordre : Edda Moser en Genoveva, Dietrich Fischer-Dieskau en Siegfried et Peter Schreier en Golo, qui font de leurs personnages de véritables êtres de chair et de sang. L’enregistrement, paru d’abord chez Berlin Classics, a connu ensuite une réédition chez Brilliant Classics (95117).
Postérité :
La création de 1850 a reçu un accueil très froid de la presse, et ce revers explique en bonne part que Schumann ne se soit jamais retourné vers le théâtre. Longtemps négligée, Genoveva reste aujourd’hui un ouvrage d’exception, rarement joué malgré le prestige de son auteur, mais défendu par quelques productions et par la discographie. Son livret, souvent jugé maladroit, ne doit pas faire oublier la richesse d’une partition d’une grande unité, dont l’ouverture est la seule page régulièrement donnée au concert. Face au Lohengrin de Wagner, créé la même année 1850 à Weimar, elle apparaît comme une autre voie vers le drame lyrique allemand, plus intériorisée et moins démonstrative.






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