Format :
- Opéra en trois actes.
- Musique : Franz Schreker (1878-1934).
- Livret : Franz Schreker lui-même, achevé vers 1903.
- Langue : allemand.
Création :
18 août 1912, Opernhaus de Francfort-sur-le-Main, sous la direction de Ludwig Rottenberg.
Schreker, trente-quatre ans, chef de chœur et professeur à Vienne, voit son œuvre achevée après de longs retards et déceptions : le succès de la création lui vaut la célébrité. Son interlude orchestral central a été joué dès 1909 à Vienne, et la partition fait appel à un orchestre immense, à des instruments exotiques et à une orchestration d’une très grande richesse sonore, où se mêlent harpe, célesta, piano, mandolines, guitares et ensembles sur scène.
Livret :
Schreker, qui écrit ses propres livrets, imagine l’histoire d’un jeune artiste qui quitte la femme qu’il aime pour poursuivre un « son lointain » qui le hante. Le texte devient une fable symboliste où l’idéal artistique et l’amour ne peuvent coexister. Les trois actes se répartissent entre un village, un lieu de plaisir vénitien (« la casa di maschere ») et le théâtre de la grande ville. L’ouvrage fut l’un des grands succès de l’entre-deux-guerres allemandes avant d’être interdit par les nazis.
Intrigue :
- Acte I : Chez les Graumann, Grete, fille de la maison, supplie son amant Fritz, jeune artiste, de ne pas partir. Mais Fritz, hanté par un son lointain qu’il veut saisir, lui dit adieu en promettant de revenir. Grete, que son père, joueur ruiné, destine à l’aubergiste du « Cygne », elle s’enfuit dans la forêt, désespérée, où elle s’effondre.
- Acte II : Dix ans plus tard, dans la « Casa di maschere », maison de plaisirs sur une île du golfe de Venise, Grete est devenue la courtisane « Greta ». Fritz, qui la cherche toujours, entre dans l’établissement sans la reconnaître. Le comte, le baron et le chevalier se disputent ses faveurs ; le chevalier remporte le concours de chant avec sa ballade de la « couronne ardente ». Fritz retrouve Greta mais refuse de la suivre ; il repart, tandis qu’elle s’en va avec le comte.
- Acte III : Cinq ans plus tard, dans la grande ville, le dernier opéra de Fritz, Die Harfe, est un échec : on lui reproche de n’avoir pas trouvé le son qu’il cherchait. Grete, devenue une femme perdue, assiste à la représentation ; après la catastrophe, elle retrouve Fritz mourant et tous deux se reconnaissent. Il expire dans ses bras.
Enregistrement(s) :

Michael Halász — 1989
Format : 2 CD (132 min 28 s)
Label : Marco Polo (édition originale), réédité par Naxos (collection « Opera Classics »)
Référence : Naxos 8.660074-75 (réédition de 2000)
Année d’enregistrement : 2 au 7 janvier 1989, Hagen (Stadthalle).
Distribution :
- Grete Graumann (Greta, Tini) : Elena Grigorescu, soprano
- Fritz, jeune artiste : Thomas Harper, ténor
- Dr Vigelius, avocat : Andreas Haller, basse aiguë
- Un acteur cabotin : Horst Fiehl, baryton
- Le vieux Graumann / Un policier : Rüdiger Bunse, basse
- La vieille Mme Graumann : Erica Pilari, mezzo-soprano
- L’Aubergiste / Deuxième choriste : Paul Friess, basse
- Une voix de femme / Milli / Une serveuse : Marisa Altmann-Althausen, mezzo-soprano
- Le comte (24 ans) : Werner Hahn, baryton
- Le baron (50 ans) : Peter Nikolaus Kante, basse
- Le chevalier (30-35 ans) : Reinhard Leisenheimer, ténor
- Rudolf, ami de Fritz, médecin : William Pickersgill, baryton
- Un individu douteux : Cornelius Sullivan, ténor
- Mizi : Christina Styczynski, soprano
- Mary : Susanne Pettersson, soprano
- Une Espagnole : Celeste Barrett, contralto
- Premier choriste : Jürgen Dittebrand, ténor
- Un serviteur : Siegfried Wichert, rôle parlé
- Le double de Grete : Eleni Dagli
Direction : Michael Halász
Orchestre : Hagen Philharmonic Orchestra ; Chorus of the Hagen Municipal Opera
Langue : allemand
Particularité :
Captation du Theater Hagen, théâtre allemand de province, dirigée par Michael Halász qui a, selon la critique, « clairement maîtrisé la partition orchestrale complexe et stratifiée », dont les beautés ressortent pleinement. Elena Grigorescu campe une Grete convaincante, dont la douleur et l’humiliation sont fortement rendues ; le Fritz de Thomas Harper, un peu fade au premier acte, devient plus convaincant à la fin malgré une émission amincie dans la tirade du troisième acte. La prise de son est claire et vivante. Le livret chanté, en allemand seul, est accompagné d’une présentation en trois langues.
Postérité :
Der ferne Klang fut la percée de Schreker : joué fréquemment jusqu’en 1931, il fut repris à Prague (1920, sous la direction de Zemlinsky), à Berlin (1925, sous Erich Kleiber, avec Richard Tauber), à Leningrad et à Stockholm, avant que l’interdiction nazie n’en fasse un ouvrage oublié. Il a retrouvé les scènes depuis 2001 (Staatsoper de Berlin, Zurich, Bard, Bonn, Strasbourg, Francfort en 2019, Stockholm, Prague en 2022). Un second enregistrement, dirigé par Gerd Albrecht (Capriccio, 1990), lui succède.






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