Format :
- Dramma per musica (opera seria) en trois actes.
- Musique : Giuseppe Sarti (1729-1802).
- Livret : Pietro Giovannini, déjà mis en musique par Giuseppe Giordani sous le titre Epponina (Florence, 1779).
- Langue : italien.
Création :
3 janvier 1781, Teatro San Benedetto, Venise.
Sarti, alors âgé d’une cinquantaine d’années, est de retour en Italie après son séjour à la cour du Danemark ; il est l’un des maîtres de l’opera seria de la fin du siècle, fidèle au modèle métastasien mais attentif à l’expressivité des récitatifs accompagnés et à la couleur orchestrale. Le rôle-titre fut créé par le célèbre castrat Gaspare Pacchierotti ; Anna Pozzi chantait Epponina.
Livret :
Pietro Giovannini s’inspire du destin du chef gaulois Julius Sabinus, qui, après l’échec de la révolte des Lingons contre Vespasien (69-70), se serait caché de longues années dans un souterrain avec sa fidèle épouse Epponina, qui lui donna deux enfants. Le poète en fait un drame sur le triomphe de l’amour conjugal, dans le cadre de la Gaule romaine du Ier siècle.
Intrigue :
- Acte I : Après la défaite des Gaulois face aux troupes romaines, Sabino, que l’on croit mort, se cache, tandis qu’Epponina, restée fidèle, pleure son époux. Tito, fils de l’empereur Vespasien, paraît en Gaule avec ses officiers ; autour de lui, Voadice, Arminio et Annio nouent leurs intrigues et leurs sentiments.
- Acte II : Epponina, qui protège en secret Sabino et leurs enfants, résiste aux pressions et aux soupçons. La vérité se fait jour : Sabino est découvert et les amants sont placés devant la justice romaine.
- Acte III : Condamné, Sabino affronte la mort ; Epponina plaide pour lui avec une constance et un courage qui émeuvent Tito. La clémence l’emporte et l’amour conjugal triomphe.
Enregistrement(s) :

Ottavio Dantone — 1999
Format : CD (2 h 16 min environ)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2246/47
Année d’enregistrement : 20 et 21 mars 1999, Teatro Alighieri, Ravenne (enregistrement live).
Distribution :
- Giulio Sabino : Sonia Prina, contralto
- Epponina : Elena Monti, soprano
- Tito : Giuseppe Filianoti, ténor
- Arminio : Alessandra Palomba, mezzo-soprano
- Voadice : Donatella Lombardi, soprano
- Annio : Kremena Dilcheva, mezzo-soprano
Direction : Ottavio Dantone
Orchestre : Accademia Bizantina
Langue : italien
Particularité :
Captation de la production du Teatro Alighieri de Ravenne, réalisée avec le Teatro alla Scala de Milan, qui ramenait à la scène un ouvrage absent depuis plus de deux siècles. Sonia Prina, dans le rôle-titre écrit pour un castrat, y affirme déjà sa carrière de contralto baroque, entourée d’une distribution jeune, parmi laquelle le ténor Giuseppe Filianoti. Dantone dirige l’Accademia Bizantina avec une énergie qui sert la partition : un critique américain a loué un orchestre « luxuriant, transparent ou puissant selon la musique ».
Postérité :
Grand succès international, Giulio Sabino fut joué dans six ou sept pays d’Europe jusqu’en 1811 (Esterháza en 1783, Vienne en 1785, Londres en 1788, Turin en 1790) et connut diverses versions, dont Epponina en deux actes et Tito nelle Gallie. La partition fut exceptionnellement publiée, et Salieri en parodia plusieurs pages dans l’intermezzo Prima la musica e poi le parole (1786). Oublié ensuite, l’ouvrage est revenu sur scène à Ravenne à la fin des années 1990.






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