Format :
- Opérette en un acte.
- Musique : Jacques Offenbach.
- Livret : Alfred Delacour (Alfred Charlemagne Lartigue) et Léon Morand.
- Langue : français.
Création :
22 juin 1859, Théâtre des Bouffes-Parisiens (salle Lacaze), Paris, sous la direction d’Offenbach, avec Paul Geoffroy (Florestan Ducroquet), Coralie Geoffroy (Suzanne), Lise Tautin (Rosita) et Prosper Guyot (Henri Martel).
L’ouvrage se place chronologiquement entre Orphée aux enfers (21 octobre 1858) et Geneviève de Brabant (11 novembre 1859). Il fut composé au printemps-été 1859, alors que la France, alliée au royaume de Sardaigne, était en guerre contre l’Autriche : la bataille de Solferino eut lieu deux jours après la première.
Livret :
Le livret de Delacour et Morand repose sur une situation d’équivoques et de quiproquos typique du théâtre parlé français de l’époque, qui trouvera son apothéose à la fin du siècle dans la pochade et chez Georges Feydeau. L’élément érotique n’est présent qu’au point de départ : le soir de ses noces, le mari voudrait entrer dans la chambre, où s’est caché un débiteur qui a jeté la clef par la fenêtre. Le biographe Robert Pourvoyeur y voit, avec son « livret plaisant et sans problème » et sa musique de danse élégante, valses et mazurkas, une préfiguration de l’opérette bourgeoise un peu anémique des années postérieures à 1870.
Intrigue :
- Acte unique : Florestan Ducroquet, qui fuit sur les toits un mari jaloux, se laisse glisser dans une cheminée et se retrouve dans le noir, dans une chambre de femme ; entendant des voix, il se cache dans l’armoire. Suzanne, en robe de mariée, et son amie Rosita entrent : Suzanne, furieuse contre son mari Henri Martel, qui a prétendu qu’elle avait les yeux bleus et non noirs, est décidée à le laisser à la porte pour sa nuit de noces. Seule, Suzanne entend des gémissements dans l’armoire et en voit sortir Florestan, qu’elle chasse par la fenêtre. Rosita, revenue, le voit reparaître : il explique qu’il a dû fuir le mari de Mme Bolivard, qui a lancé à ses trousses un huissier, Henri Martel, le propre mari de Suzanne. Henri frappe à la porte ; Rosita le renvoie, la clef est jetée par la fenêtre, et Suzanne lui laisse croire qu’elle est en bonne compagnie, ce qu’il prend pour une plaisanterie. Les deux femmes se moquent de lui. Florestan, avant de s’enfuir par la corde, demande Rosita en mariage, car une tante a promis de payer ses dettes s’il se marie, et lui donne rendez-vous dans les jardins de Versailles. Il disparaît juste au moment où Henri entre enfin par la porte.
Enregistrement(s) :

Valerio Galli — 2019
Format : CD
Label : Dynamic
Référence : CDS7844
Année d’enregistrement : février 2019 (Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, Florence).
Distribution :
- Henri Martel : Patrizio La Placa, baryton
- Suzanne : Marina Ogii, mezzo-soprano
- Florestan Ducroquet : Matteo Mezzaro, ténor
- Rosita : Francesca Benitez, soprano
Direction : Valerio Galli
Orchestre : Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino
Langue : français
Particularité :
Enregistrement d’une nouvelle production du Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, sur une orchestration de Luca G. Logi réalisée pour le théâtre. Durée totale : 47 min 12 s.
Postérité :
L’ouvrage resta un temps au répertoire des Bouffes-Parisiens et fut largement joué à Paris, à Vienne et à Budapest jusqu’à la fin du XIXe siècle ; la première britannique eut lieu en février 1950 au Fortune Theatre. Il est encore donné occasionnellement en France. Son numéro le plus connu est la valse tyrolienne (« J’entends ma belle »), enregistrée notamment par Sumi Jo en 1994.

Laisser un commentaire