Format :
- Genre : opéra bouffe en quatre actes (version de 1868 ; la version originale de 1861 comptait deux actes).
- Musique : Jacques Offenbach
- Livret : Hector Crémieux et Ludovic Halévy
- Langue : français
Création :
23 mars 1861, Paris, Théâtre des Bouffes-Parisiens, en deux actes, sous la direction d’Offenbach, avec Pierre-Armand Potel (Malatromba), Lise Tautin (Catarina) et Lucille Tostée (Amoroso).
L’ouvrage suit de peu Orphée aux enfers (1858), dont il retrouve les librettistes. Offenbach le fit aussitôt jouer en tournée à Vienne, Berlin, Pest et Bruxelles (à partir de juin 1861). Une seconde version en quatre actes fut donnée le 8 mai 1868 au Théâtre des Variétés, avec une fin différente : dans la première, Cornarino remporte l’épreuve qui l’oppose à son rival ; dans la seconde, les clés de la ville reviennent à Malatromba.
Livret :
Hector Crémieux et Ludovic Halévy, déjà auteurs d’Orphée aux enfers, situent leur farce à Venise en 1321 et font un clin d’œil aux grands drames vénitiens en vogue à Paris (La Reine de Chypre, Haydée). Offenbach y démythifie Venise : aux barcarolles et au charme du carnaval, il substitue boléros, tyroliennes et chansons de music-hall, tandis que les vertus traditionnelles des doges deviennent caprice, lâcheté et trahison.
Intrigue :
- Acte I : Au palais ducal, le doge Cornarino Cornarini, disgracié pour avoir fui une bataille navale, revient déguisé avec son écuyer Baptiste. Il trouve sa femme Catarina courtisée par le page Amoroso, puis par le sinistre Malatromba, qui fait arrêter Amoroso. Cascadetto et la foule dénoncent Cornarino, tandis que Malatromba tente de séduire Catarina ; le doge et Baptiste se cachent sur le balcon.
- Acte II : Deux sbires de Malatromba entrent chez Catarina ; dans un quatuor burlesque, Cornarino et Baptiste les terrassent et cachent les corps dans une horloge et un baromètre. Catarina supplie son mari déguisé de la protéger de Malatromba ; Amoroso s’échappe, une bagarre éclate et tous sont arrêtés, Cornarino et Baptiste prétendant détenir la preuve de la mort du doge.
- Acte III : Devant le Conseil des Dix, dont la plupart des membres dorment, arrive une délégation de gondolières. Cornarino et Baptiste affirment avoir tué le doge, dans l’espoir d’être libérés, tandis que Malatromba rêve de lui succéder. Catarina et Amoroso, déguisés en chevaliers, révèlent que Cornarino est vivant : celui-ci est condamné pour lâcheté et Malatromba proclamé doge, jusqu’à ce qu’un parchemin révèle que la fuite était une ruse de guerre, ce qui laisse deux prétendants.
- Acte IV : Au Lido, en plein carnaval, le Conseil ordonne une joute pour départager les deux doges. Dans la version de 1868, les rivaux doivent récupérer une coupe au sommet d’un mât et Malatromba l’emporte ; Cornarino est envoyé comme ambassadeur en Espagne avec Amoroso pour secrétaire, et l’ouvrage s’achève sur un boléro.
Enregistrement(s) :

Jean Doussard — 1968
Format : 2 LP (1984), réédité en 2 CD (enregistrement radiophonique)
Label : Bourg
Référence : BG 2008/2009 (2 LP, 1984) ; BGC 4/5 (2 CD)
Année d’enregistrement : 1968 (enregistrement de la Radio-Télévision Française)
Distribution :
- Fabiano Fabiani Malatromba : Michel Hamel
- Cornarino Cornarini : Aimé Doniat
- Baptiste : Joseph Peyron
- Le chef du Conseil des Dix : Gaston Rey
- Astolfo : Jacques Gillet
- Franrusto : Michel Jarry
- Cascadetto : René Lenoty
- Catarina : Claudine Collard
- Amoroso : Monique Stiot
- Laodice : Linda Felder
- Colombine : Régine Vallier
- Arlequin : Jacqueline Manier
Direction : Jean Doussard
Orchestre : Orchestre lyrique de la Radio et Télévision Françaises
Chœur : Chœurs sous la direction de P. Kréder
Langue : français
Particularité :
Seul enregistrement recensé de l’ouvrage dans la discographie operadis : une captation radiophonique de 1968 publiée seulement en 1984 par le label Bourg, commentée à l’époque par The Gramophone (janvier 1984) et Opéra International (n° 66, janvier 1984).
Postérité :
Très populaire en Europe dans ses deux versions (Vienne, Berlin, Graz, Budapest, Buenos Aires, New York en 1871 en français), l’ouvrage fut donné en anglais à Londres en 1872 sous le titre The Bridge of Sighs. Plus près de nous, la mise en scène de Jean-Michel Ribes au Théâtre de Paris (1987-1988) a été nommée aux Molières.

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