Note personnelle : ,

Marchetti, Filippo — Romeo e Giulietta (1865)

Format :

  • Dramma lirico en quatre actes
  • Langue : italien

Création :

Créé le 25 octobre 1865 au Teatro Comunale de Trieste, avec Angiolina Ortolani (Giulietta), Leone Giraldoni, Paolo Medini et, dans le rôle de Romeo, le ténor Mario Tiberini : Marchetti rompait ainsi avec la tradition de Vaccai et de Bellini, qui confiaient Roméo à une voix féminine. L’accueil triestin fut tiède, le finale (où Roméo, dans un monologue hallucinant, se remémore ses moments heureux avec Juliette) étant jugé froid ; Marchetti remania donc l’ouvrage pour la reprise de Venise (La Fenice, 1872, après le succès de Ruy Blas), où les amants chantent un duo final (« Voliamo insieme nel cielo… »). Treize représentations en sont connues, à Trieste (1865), Milan (Teatro Carcano, 1867), Venise (1872) et Rome (1876, Teatro Apollo, sous la direction de Terziani, avec Wanda Miller et Italo Campanini) ; l’œuvre fut aussi donnée à Carpi, Udine, Gênes, Parme, Brescia et Cuneo. Pour la reprise romaine, Marchetti remplaça la valse du premier acte par la Ballabile qui précédait la romance de Pâris. Le Festival de Martina Franca l’a redonnée en 2005 dans une révision de Lamberto Lugli (édition BMG Ricordi, Milan), première exécution moderne, d’après le manuscrit autographe et la dernière partition.

Livret :

Marco Marcelliano Marcello, d’après Roméo et Juliette de Shakespeare (et non d’après la novella de Luigi Da Porto suivie par Vaccai et Bellini) : les deux auteurs déclarent dans leur Avvertimento vouloir s’écarter des œuvres précédentes sur le même sujet. Un climat verdien, évoquant La Traviata et Un ballo in maschera, imprègne la partition.

Intrigue :

  • Acte I : Vérone, XIVe siècle, pendant le Carnaval. Tebaldo, des Capulet, s’en prend à Baldassarre, du parti des Montaigu, dont il juge les paroles infamantes ; Romeo, mélancolique, est exhorté à la prudence. Paride, qui croise Romeo, apprend qu’un bal a lieu chez les Capulet et s’y rend masqué. Il y rencontre Giulietta, promise à Paride ; le coup de foudre est immédiat, mais Tebaldo reconnaît Romeo et veut le châtier ; Paride prend la défense de son ami, et le bal s’achève sur les accusations des invités.
  • Acte II : De nuit, Romeo escalade le mur du jardin des Capulet et surprend Giulietta au balcon : ils s’avouent leur amour. Poursuivi par Tebaldo et les siens, il se fait connaître ; le duel est ajourné. À l’aube, Frère Lorenzo marie les amants. Giulietta attend Romeo ; la nourrice Marta lui apprend que Romeo a tué Tebaldo en duel et a été banni de Vérone. Giulietta, déchirée, pleure son cousin et son époux.
  • Acte III : Après la nuit passée ensemble, les amants se séparent à l’aube. Cappellio annonce à sa fille son mariage avec Paride. Frère Lorenzo lui offre une potion qui provoque un sommeil semblable à la mort. Giulietta la boit et passe pour morte ; Paride et Cappellio s’affligent, et la joie se change en deuil.
  • Acte IV : Ignorant la ruse, Romeo pénètre dans la crypte, embrasse une dernière fois Giulietta et boit du poison. Giulietta se réveille, comprend ce qu’il a fait, et se poignarde. Les amants expirent dans les bras l’un de l’autre, consolés par l’espoir d’un bonheur éternel.

Enregistrements :

Andriy Yurkevych — 2000

Format : 2 CD (live, premier enregistrement)
Label : Dynamic
Référence : CDS 502/1-2
Année d’enregistrement : 2005 (live, Festival della Valle d’Itria, Martina Franca, août 2005 ; publié en 2006)
Distribution :

  • Romeo de’ Montecchi : Roberto Iuliano, ténor
  • Giulietta : Serena Daolio, soprano
  • Cappellio de’ Cappelletti : Mario Cassi, baryton
  • Tebaldo : Giovanni Coletta, ténor
  • Paride : Dario Solari, baryton
  • Frate Lorenzo : Emil Zhelev, basse
  • Baldassarre : Andrea Mastroni, basse
  • Marta : Tiziana Portoghese, mezzo-soprano
  • Un serviteur / Un vieillard : Eugen Gáal, basse

Direction : Andriy Yurkevych
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia
Chœur : Bratislava Chamber Choir
Langue : italien

Particularité :

Première exécution moderne de l’œuvre, présentée au Festival della Valle d’Itria (direction artistique : Sergio Segalini), dans la révision de Lamberto Lugli d’après l’autographe et la dernière partition ; la valse de l’acte I et la cabalette « E’ in questa ampolla » / aria de Giulietta « Eppur io tremo… Ma se deposta » y sont orchestrées par le réviseur.

Postérité :

Premier enregistrement de l’œuvre. ResMusica y voit une rareté intéressante sans être un chef-d’œuvre, d’un intérêt documentaire, et salue la direction « sans reproche » d’Andriy Yurkevych, la voix généreuse du Romeo de Roberto Iuliano et l’engagement d’une distribution jeune et homogène.

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