Format :
- Singspiel en trois actes.
- Musique : Franz Lehár (1870-1948).
- Livret : Ludwig Herzer et Fritz Löhner-Beda, d’après l’idylle de jeunesse de Goethe et Friederike Brion.
- Langue : allemand.
Création :
4 octobre 1928, Metropol-Theater, Berlin.
Lehár vient d’enchaîner les succès taillés pour la voix de Richard Tauber (Paganini, 1925 ; Der Zarewitsch, 1927). Tauber crée le rôle de Goethe, Käthe Dorsch celui de Friederike. Avec ce « Singspiel » qui se veut plus proche de l’art lyrique que de l’opérette, Lehár emploie des motifs conducteurs et cherche une unité stylistique inhabituelle pour le genre, tout en conservant une structure en numéros. L’idée de porter à la scène le plus grand poète allemand scandalise une partie des milieux intellectuels, mais le public se presse ; des adaptations anglaises suivent à Londres (1930) et à Broadway (1937).
Livret :
Herzer et Löhner-Beda, déjà librettistes de Lehár, s’inspirent des amours de l’étudiant Goethe et de la fille du pasteur de Sesenheim, Friederike Brion (1771), telles que le poète les a évoquées dans Poésie et Vérité. Plusieurs poèmes de jeunesse de Goethe, dont le célèbre Heideröslein (« Sah ein Knab’ ein Röslein stehn »), sont intégrés à la partition.
Intrigue :
- Acte I : Sesenheim, en Alsace, en 1771. Le jeune étudiant en droit Goethe, accompagné de ses camarades de Strasbourg, découvre le presbytère du pasteur Brion. Après un moment de timidité, il s’éprend de Friederike, l’aînée, tandis que sa sœur Salomea, promise à Weyland, mène la fête avec les étudiants et que le poète Lenz, ami de Goethe, s’égare en badinages. Le finale réunit Goethe, Salomea, les jeunes filles et Lenz.
- Acte II : Strasbourg, dans un salon. Goethe et Friederike s’apprêtent à échanger leurs anneaux quand survient l’envoyé du duc de Saxe-Weimar, porteur d’une invitation à sa cour. Comprenant que le poète doit choisir entre elle et sa destinée, Friederike feint l’indifférence pour le laisser partir ; Goethe, blessé, s’en va sans un adieu.
- Acte III : Huit ans plus tard (1779), au presbytère de Sesenheim, pendant une fête et des danses. Goethe revient en compagnie du grand-duc Karl August, dont il est devenu l’ami. Il reconnaît avoir sacrifié son amour à sa vocation ; les deux anciens amants se disent un dernier adieu.
Enregistrement(s) :

Lawrence Foster — 2011
Format : 2 CD
Label : Accord (Universal)
Référence : code-barres 028947 642770 (parution en 2011)
Année d’enregistrement : 31 juillet 2009, en direct, Opéra Berlioz / Le Corum, Montpellier (Festival Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon 2009).
Distribution :
- Friederike : Nicola Beller Carbone, soprano
- Goethe : Marius Brenciu, ténor
- Lenz : Yves Saelens, ténor
- Salomea : Mirjam Neururer, soprano
- Malchen, Hortense : Marianne Crebassa, mezzo-soprano
- Ännchen, Bärbchen : Béatrice Pary, mezzo-soprano
- Klärchen, Liselotte : Olivia Doray, soprano
- Lottchen, Dorothée : Joanna Malewski, soprano
- Récitante : Elodie Buisson
Direction : Lawrence Foster (chef de chant : David Zobel)
Orchestre : Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
Langue : allemand (texte de la récitante en français, de René Koering)
Particularité :
Captation live d’une version de concert dans laquelle les dialogues parlés d’origine sont remplacés par un texte de récitante en français, écrit par René Koering, qui relie les numéros musicaux. La critique a salué l’énergie et le panache de Lawrence Foster, qui évite la mièvrerie, mais a jugé la distribution vocale en deçà des exigences de la partition et la narration peu convaincante ; la version Wallberg des années 1980 (Helen Donath, Adolf Dallapozza) reste la référence.
Postérité :
Interdit sur les scènes allemandes après 1933 puis autrichiennes après 1938 en raison des origines juives de Löhner-Beda (assassiné à Auschwitz en 1942) et de Herzer, l’ouvrage n’a retrouvé qu’une place discrète au répertoire, malgré des airs célèbres comme « O Mädchen, mein Mädchen », longtemps associé à Richard Tauber. Œuvre longtemps critiquée pour avoir mis Goethe en scène, Friederike est aujourd’hui revisitée par la recherche comme un témoignage de la culture « middlebrow » de Weimar.

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