Format :
- Musikalische Komödie (comédie musicale) en cinq tableaux.
- Musique : Franz Lehár (1870-1948).
- Livret : Paul Knepler et Fritz Löhner-Beda.
- Langue : allemand.
Création :
20 janvier 1934, Staatsoper, Vienne.
Dernière œuvre scénique de Lehár, Giuditta est créée sous sa propre direction, avec Jarmila Novotná dans le rôle-titre et Richard Tauber en Octavio. Le compositeur, qui vise ici l’opéra plus que l’opérette, obtient d’ouvrir les portes de la maison d’opéra viennoise à son ouvrage ; les places sont vendues à triple tarif pour la première, retransmise en direct par de nombreuses stations de radio en Europe et aux États-Unis. La production ne dépasse pourtant pas quarante-deux représentations lors de la saison.
Livret :
Knepler et Löhner-Beda écrivent une histoire originale, dans l’esprit de Carmen de Bizet et du film Morocco (1930) : passion adultère, vie de garnison et exotisme nord-africain, mais avec un dénouement amer, sans le happy end habituel de l’opérette. La partition, richement orchestrée, comprend le célèbre air de Giuditta « Meine Lippen, sie küssen so heiß ».
Intrigue :
- Premiers tableaux : Dans un port méditerranéen, Giuditta, jeune épouse du vieux Manuele Biffi, tombe amoureuse du capitaine Octavio, dont le régiment est appelé en Afrique. Elle quitte son mari pour le suivre.
- Tableaux centraux : En Afrique du Nord, Octavio, déchiré entre sa passion et son devoir militaire, est finalement séparé de Giuditta.
- Derniers tableaux : Des années plus tard, Giuditta est devenue une danseuse de cabaret et l’entretenue d’hommes fortunés ; Octavio, qui a quitté l’armée et perdu foi en l’amour, est pianiste dans un hôtel. Les deux anciens amants se retrouvent, mais Giuditta ne peut que constater que leur amour est perdu. Les personnages secondaires Pierrino et Anita apportent une note comique.
Enregistrement(s) :

Willi Boskovsky — 1985
Format : 2 CD
Label : EMI Classics (EMI Electrola)
Référence : CMS 5 65378 2 (LP original : EMI EX 270257-3 ; Angel DSB 3947)
Année d’enregistrement : 1983-1984, studio, Munich, en coproduction avec la Bayerische Rundfunk ; parution en 1985.
Distribution :
- Giuditta : Edda Moser, soprano (dialogues : Christiane Hammacher)
- Octavio : Nicolai Gedda, ténor
- Anita : Brigitte Lindner, soprano
- Pierrino : Martin Finke, ténor
- Manuele Biffi : Klaus Hirte
- Martini : Günter Wewel
- Antonio : Ludwig Baumann
- Lord Barrymore : Jürgen Jung
- Le Duc : Thomas Wiedenhofer
- L’Adjudant du Duc : Jürgen von Pawels
- Sebastiano : Friedrich Lenz
- Premier chanteur des rues : Peter Cloé
- Second chanteur des rues : Rainer Weiss
Direction : Willi Boskovsky
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester
Chœur : Münchner Konzertchor (chef des chœurs : Josef Schmidhuber)
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement numérique de studio réalisé avec l’orchestre de la radio bavaroise, avec un Nicolai Gedda de luxe en Octavio, dont l’évolution du séducteur assuré à l’homme brisé est très nuancée, et une Edda Moser sensuelle et dangereuse, notamment dans son grand air. Les dialogues parlés de Giuditta sont confiés à la comédienne Christiane Hammacher. La critique y voit une version expressive et convaincante d’une partition qu’elle juge injustement négligée.
Postérité :
Après l’Anschluss de 1938, Tauber et Novotná quittent Vienne et l’œuvre disparaît de l’affiche ; Löhner-Beda est déporté et meurt à Auschwitz en 1942. Giuditta n’a connu que des reprises rares et une diffusion internationale limitée (l’Amérique ne la découvre qu’en 1994, à l’Ohio Light Opera), et reste aujourd’hui surtout connue par le disque, loin derrière les grandes opérettes de Lehár.

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