Format :
- Opéra (zpěvohra) en deux parties : un prologue en un acte, Helga (op. 55), et un drame en trois actes, Dargun (op. 60).
- Musique : Zdeněk Fibich (1850-1900).
- Livret : Anežka Schulzová.
- Langue : tchèque.
Création :
9 novembre 1900, Théâtre national de Prague, sous la direction de Karel Kovařovic (mise en scène de Robert Polák).
Dernier opéra de Fibich, composé en 1898-1899, Pád Arkuna (« La Chute d’Arkona ») est créé quelques semaines après la mort du compositeur, survenue le 15 octobre 1900. La création fut accueillie avec davantage de respect pour le défunt que d’enthousiasme : six représentations jusqu’au 4 janvier 1901, puis sept autres entre les saisons 1902-1903 et 1904-1905. Otakar Ostrčil avait aidé Fibich pour l’orchestration.
Livret :
Anežka Schulzová, élève, compagne et collaboratrice de Fibich, a écrit le livret après un voyage fait avec lui en juin 1898 sur l’île de Rujana (Rügen). Elle s’appuie sur les recherches historiques et ethnographiques de František Adolf Šubert, qui avait étudié les ruines du sanctuaire d’Arkona et la culture des Slaves païens de l’île. L’action se déroule au XIIe siècle sur les côtes de la Baltique, au moment de la croisade danoise contre le culte païen de Svantovít ; c’est le premier ouvrage de Fibich qui traite d’un conflit religieux. Helga a été publiée en revue en 1899 et Dargun en volume en 1901.
Intrigue :
- Prologue — Helga : Au Danemark, dans la maison du noble Gunar, sa fille Helga est secrètement enceinte de Dargun, un hôte slave. Son fiancé, le guerrier Absalon, revient victorieux. Helga le repousse et avoue sa faute. Dargun, lié à son dieu Svantovít, refuse d’épouser Helga pour sauver son honneur. Absalon manque de tuer Helga mais se retient ; Helga reconnaît publiquement qu’elle est mère. Gunar attaque Dargun, qui le tue. Le mourant confie sa fille à Absalon, qui se tourne vers le christianisme.
- Dargun, acte I : Vingt ans plus tard, Absalon est évêque et chancelier du Danemark ; il conduit une expédition contre les pirates de Rujana. Son navire fait naufrage et il échoue sur l’île avec Margit, la fille d’Helga qu’il a élevée. Dargun est le véritable maître de l’île comme grand prêtre d’Arkona. Radana, épouse de Rutan, est obsédée par son beau-frère Jaroměr et prête à tuer pour lui. Des pêcheurs amènent Absalon et Margit ; Jaroměr s’éprend de Margit. Radana tente de retourner Jaroměr contre son mari, mais il la repousse. Jaroměr s’oppose à une nouvelle guerre, Dargun le met hors la loi, et Jaroměr se tourne vers Absalon.
- Acte II : Dans une grotte de la forêt de hêtres, Absalon, Margit et Jaroměr trouvent refuge. Dargun découvre le chrétien caché et tente de détruire sa croix ; Margit paraît, et Dargun, la prenant pour le fantôme d’Helga, s’enfuit. Rutan, jaloux, emmène Radana dans la grotte, où elle le poignarde, puis accuse Margit du meurtre ; Margit est conduite à Arkona pour être jugée. Radana se confesse à Jaroměr, qui la repousse, et décide d’avouer devant le tribunal. Absalon annonce l’arrivée de l’armée danoise, et Jaroměr mène l’assaut sur Arkona.
- Acte III : Dans le temple, Radana se confesse à Dargun et accepte le châtiment qu’elle choisit : être brûlée sur le bûcher de Rutan. Margit est amenée devant Dargun, lui parle de sa mère, et Dargun comprend qu’elle est sa fille. Margit le supplie de se convertir, il refuse. Les Danois mettent le feu aux défenses et au temple. Dargun brise l’idole de Svantovít et meurt dans les ruines ; Jaroměr sauve Margit. Les Rujans survivants acceptent le baptême et se soumettent à Jaroměr et à Margit, sous protection danoise.
Enregistrement :

Petr Vronský — 2021
Format : 2 CD (1 h 49 min 06 s), édition numérique uniquement ; quatre parties de 33’28 », 27’04 », 26’36 » et 21’58 ».
Label : Supraphon.
Référence : VT 1889-2.
Année d’enregistrement : mai 1989, Théâtre national de Prague (version abrégée donnée en concert les 4 et 26 mai 1989) ; publié par Supraphon le 17 septembre 2021.
Distribution (le rôle de chaque chanteur n’est pas précisé dans la source) :
- Daniela Šounová-Brouková, soprano
- Marie Kremerová-Karabcová, soprano
- Olga Orolínová, soprano
- Vojtěch Kocián, ténor
- Jan Markvart, ténor
- Ivan Kusnjer, baryton
- Karel Petr, basse
- Luděk Vele, basse
- Dalibor Jedlička, basse
Direction : Petr Vronský.
Orchestre : Orchestre du Théâtre Smetana de Prague ; chœur de l’Orchestre du Théâtre Smetana (chef de chœur : Karel Fráňa).
Langue : tchèque.
Particularité :
Publication numérique d’un enregistrement de 1989, issu de deux concerts donnés au Théâtre national dans une version abrégée de l’ouvrage, qui n’avait pas été joué intégralement depuis la Seconde Guerre mondiale. Le transfert numérique est de ADK-Prague. Il existe par ailleurs des enregistrements radiophoniques partiels : Helga seule en 1952 (Eduard Haken, Drahomíra Tikalová, Václav Bednář, Karel Kalaš ; František Dyk, inédit à ce jour) et des scènes de Dargun en 1960 (Václav Jiráček).
Postérité :
Après les reprises de 1902 et 1925 au Théâtre national, de 1913 et 1924 à Brno et de 1922 et 1936 à Moravská Ostrava, l’ouvrage n’a plus été joué intégralement depuis la Seconde Guerre mondiale et n’a jamais été monté hors des pays tchèques ; Helga seule a été donnée plusieurs fois par des théâtres d’étudiants, en raison de sa petite distribution. Le Théâtre national l’a repris en octobre 2014 (direction : John Fiore, mise en scène : Jiří Heřman), à l’occasion de l’Année de la musique tchèque ; la critique y a vu une partition de style wagnérien, aux leitmotive puissants, mais jugé la mise en scène moderne confuse. Le dramaturge Ondřej Hučín relève que la création de 1900 avait loué la musique de Fibich mais critiqué le livret.

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