Note personnelle : ,

Cavalli, Francesco — La Rosinda (1651)

Format :

  • Drama per musica en un prologue et trois actes.
  • Musique : Francesco Cavalli.
  • Livret : Giovanni Faustini.
  • Langue : italien.

Création :

Carnaval 1651 (février), Teatro Sant’Apollinare (« l’Aponal »), Venise.
Faustini, qui travaillait jusque-là pour le Teatro San Moisè, se replie en 1649 sur le petit théâtre Sant’Apollinare, loué à une somme bien plus modeste. Il y fait représenter Oristeo et Rosinda, mis en musique par Cavalli, dans une salle d’environ 400 places et avec un orchestre très réduit (six instrumentistes environ : deux clavecins dont Cavalli lui-même, deux violons, un archiluth et un violone). Faustini meurt le 19 décembre 1651, laissant cinq livrets inachevés, que son frère Marco achève.

Livret :

La Rosinda est la neuvième « fable » de Faustini, qualifiée de pur roman. Ses péripéties puisent dans les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, où apparaissent les îles Strophades près de Corcyre, et dans l’Arioste, dont la magicienne amoureuse et son rival-mage ont servi de modèle. Les épisodes comiques du page Vafrillo, de la servante Aurilla et du gourmand Rudione, ainsi que les danses de petits esprits et de nains, prennent une grande place.

Intrigue :

  • Prologue : Sur un rocher de Corcyre (Corfou), Nerea, reine et magicienne, convoque le Conseil des Sorcières ; des chœurs de Furies et de Harpies se succèdent.
  • Acte I : Rosinda, princesse de Corinthe, et le prince Clitofonte de Crète ont bu sans le savoir à une fontaine enchantée qui les a fait s’éprendre l’un de l’autre, oubliant leurs amours antérieures, Tisandro, prince d’Argos, et Nerea. Nerea a emporté Clitofonte sur l’île de Corcyre sans réussir à regagner son amour. Le vieux mage Meandro, épris de sa jeune élève Nerea, remet à Rosinda une épée enchantée pour aller libérer Clitofonte. Tisandro, croyant Rosinda infidèle, tente de mourir ; Rudione, l’écuyer de Rosinda, croit voir son fantôme. Au ciel, Pluton et Proserpine, touchés par ses peines, accordent à Nerea le pouvoir de défaire le sortilège de Meandro.
  • Acte II : Clitofonte et Rosinda poursuivent un géant envoyé par Nerea, qui a enlevé Rudione. Un duel oppose Clitofonte et Tisandro, puis tous se retrouvent dans le palais enchanté de Nerea, où Cillena, sa dame de compagnie, console la reine. Le page Vafrillo et Aurilla s’éprouvent par des jeux d’esprit ; Rudione, affamé, se voit offrir un festin par des nains, qui se change en serpents et en flammes avant une danse.
  • Acte III : La magie de Nerea trouble Rosinda, qui prend Clitofonte pour Tisandro et inversement. Meandro, repentant de son amour sénile, apporte à Nerea l’eau de la fontaine magique pour renverser le sortilège ; Nerea retrouve Clitofonte, mais Rosinda, au réveil, croit Tisandro mort. Tisandro reparaît finalement vivant devant Rosinda. Nerea et Clitofonte bénissent l’autre couple, Vafrillo et Aurilla s’avouent leur amour, et tous chantent un chœur nuptial final.

Enregistrement :

Fentross — 2008

Format : 3 CD (2 h 48)
Label : Ludi Musici (édition 2010)
Référence : LM 005
Année d’enregistrement : 13-16 août 2008, en public, Vantaa Baroque Week, salle de concert St. Martinus, Vantaa (Finlande).
Distribution :

  • Nerea : Emanuela Galli
  • Rosinda : Francesca Lombardi Mazzulli
  • Clitofonte : Makoto Sakurada
  • Thisandro, Plutone, Meandro : Nicola Ebau
  • Rudione : Fulvio Bettini
  • Proserpina, Aurilla : Silvia Vajente
  • Cilena : Milena Storti
  • Vafrillo : Roberto Romagnino

Direction : Mike Fentross
Orchestre : Ensemble La Sfera Armoniosa
Langue : italien

Particularité :

Première intégrale mondiale de l’œuvre, captée en public lors du festival de Vantaa après une série de représentations à Potsdam-Sanssouci, Vantaa et Bayreuth. La partition, dont il ne reste qu’un manuscrit (Bibliothèque Marciana de Venise), ne note que deux parties ; Fentross complète le continuo avec des citations de Monteverdi, des improvisations sur basses obstinées et des danses. La critique salue la dramaturgie et la Nerea d’Emanuela Galli, mais note les bruits de scène et des raccords inégaux liés à la prise en public.

Postérité :

L’œuvre est reprise à Naples en 1653 sous le titre Le magie amorose, remaniée par Giulio Cesare Sorrentino et le chorégraphe Giovan Battista Balbi, qui y accentuent l’élément magique. Sa première reprise moderne est donnée par Jane Glover à l’Oxford Playhouse en 1973 (livret anglais d’Anne Ridler) ; elle est remontée en 2008 à Potsdam, Vantaa et Bayreuth, avant l’enregistrement de Fentross.

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