Note personnelle : ,

Cavalli, Francesco — L’Ormindo (1644)

Format :

  • Opéra vénitien (dramma per musica) en un prologue et trois actes.
  • Musique : Francesco Cavalli.
  • Livret : Giovanni Faustini.
  • Langue : italien.

Création :

1644, Teatro San Cassiano, Venise.
L’œuvre est créée dans le premier théâtre d’opéra public de l’histoire, où Cavalli fait alors une carrière brillante. L’action se déroule à Anfa (Casablanca) et à Fès, dans les royaumes maures. Probablement jamais reprise entre 1644 et 1967, elle est redécouverte au XXᵉ siècle.

Livret :

Giovanni Faustini signe un livret d’intrigue amoureuse mêlant rivalité entre deux amis, dépit d’une amante abandonnée, scènes comiques (la nourrice travestie, jouée par un ténor) et dénouement par la reconnaissance d’un fils perdu. Le prologue est confié à L’Armonia, qui célèbre les théâtres de Venise.

Intrigue :

  • Prologue : L’Armonia fait l’éloge de Venise et de ses théâtres.
  • Acte I : Les princes Ormindo et Amida, qui aident à défendre la Mauritanie, aiment tous deux Erisbe, la jeune épouse du vieux roi Hariadeno. Les deux amis conviennent de rester fidèles en amitié et de laisser Erisbe choisir. Sicle, abandonnée par Amida, se désespère, tandis qu’Amore, Sicle et la nourrice Erice complotent pour troubler la rivalité.
  • Acte II : Erice organise une séance de spiritisme où Sicle, tenue pour morte, reproche à Amida son infidélité ; pris de remords, il comprend qu’il l’aime encore et Sicle se révèle vivante. Erisbe se tourne vers Ormindo et les deux amants projettent de s’enfuir à Tunis.
  • Acte III : Hariadeno découvre la liaison et ordonne à son capitaine Osmano d’empoisonner les amants. Osmano, à la prière de Mirinda qui lui promet sa main, substitue un narcotique au poison. Le roi apprend qu’Ormindo est le fils d’une liaison de jeunesse, pardonne à tous et lui cède son royaume.

Enregistrements :

Fasano — 1971

Format : 2 CD (réédition numérique en 2018)
Label : Datum
Référence : DAT 12307
Année d’enregistrement : 26 septembre 1971, en public (Venise, Scuola Grande di San Rocco).
Distribution :

  • Ormindo : Vincenzo Manno
  • Amida : Alberto Rinaldi
  • Nerillo : Elena Zilio
  • Sicle : Katia Kolceva
  • Melide : Stella Silva
  • Erice : Florindo Andreolli
  • Erisbe : Cecilia Fusco
  • Mirinda : Franca Mattiucci
  • Hariadeno : Robert Amis El Hage
  • Osmano : Giorgio Gatti

Direction : Renato Fasano
Orchestre : I Virtuosi di Roma
Langue : italien

Particularité :

Captation en public d’une représentation vénitienne de 1971, parue sur le label Datum d’après la révision de Raymond Leppard, dans une version en deux actes. Lecture d’esprit « grand orchestre de chambre » d’avant le mouvement baroqueux, avec luth, harpe, violoncelle, clavecin et orgue pour le continuo.

Correas — 2006

Format : 2 CD
Label : Pan Classics
Référence : PC 10330
Année d’enregistrement : juin 2006, Temple Saint-Marcel, Paris.
Distribution :

  • L’Armonia (prologue) : Sandrine Piau, soprano
  • Ormindo : Martín Oro, contre-ténor
  • Amida : Howard Crook, ténor
  • Nerillo : Dominique Visse, contre-ténor
  • Sicle : Magali Léger, soprano
  • Erice : Jean-François Lombard, ténor
  • Erisbe : Stéphanie Révidat, soprano
  • Mirinda : Karine Deshayes, mezzo-soprano
  • Hariadeno : Jacques Bona, baryton
  • Osmano : Benoît Arnould, baryton

Direction : Jérôme Correas
Orchestre : Les Paladins
Langue : italien

Particularité :

Enregistrement en studio sur instruments d’époque, salué pour la couleur de l’orchestre et l’élan de la direction. La critique relève le Prologue éblouissant de Sandrine Piau, les duos d’Ormindo et d’Erisbe, et le timbre androgyne de la nourrice Erice, déroutant mais possiblement inspiré ; c’est l’une des références de l’œuvre.

Postérité :

Probablement oubliée entre 1644 et 1967, L’Ormindo est redonné à Glyndebourne en 1967 dans l’édition de Raymond Leppard, puis à New York en 1968. Elle est ensuite montée à Adélaïde (1980), Pittsburgh (2007), Sydney (2009), ainsi qu’au Sam Wanamaker Playhouse du Globe de Londres par le Royal Opera (2014-2015). Elle est devenue l’un des opéras vénitiens de Cavalli les plus joués.

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