Format :
- Dramma per musica avec prologue et trois actes.
- Musique : Francesco Cavalli
- Livret : Aurelio Aureli (son seul livret pour Cavalli)
- Langue : italien (version anglaise du XVIIe siècle)
Création :
30 décembre 1655 (26 décembre selon l’Amadeus Almanac), Venise, Teatro Sant’Apollinare, avec des représentations jusqu’au 28 février 1656.
Le livret de 1655 fut imprimé à Venise et dédié à Giacomo Cavalli, mais la partition ne fut publiée qu’en 2018, chez Bärenreiter. Le succès fut considérable : plus de trente représentations pendant le carnaval de 1656, puis des reprises dans d’autres villes italiennes au cours des deux décennies suivantes. Cavalli remania l’ouvrage en 1670. Un marchand anglais, Robert Bargrave, qui l’avait vu à Venise, en rapporta une partition dotée d’une traduction anglaise : conservée à la Bodleian Library d’Oxford, elle est la plus ancienne partition d’opéra subsistant en Angleterre et la première traduction connue d’un opéra de grande envergure en anglais (peut-être jouée en Angleterre en 1674). Le manuscrit, frappé d’une interdiction d’exportation, a été acquis par souscription publique (85 000 livres).
Livret :
Aureli signe une intrigue de travestis, de reconnaissances et de passions croisées, dont l’action se déroule à Tauris, antique siège des Mèdes. Le livret emprunte à la Poppea de Busenello et à l’Ormindo de Cavalli, et s’ouvre sur un prologue allégorique qui suggère une représentation devant un public princier.
Intrigue :
- Acte I : À Tauris, Erismena, héroïne arménienne, combat sous des habits d’homme après la défaite de l’Arménie face aux Mèdes. Le roi Erimante convoite la belle Aldimira, tandis que le prince ibérique Idraspe vit déguisé sous le nom d’Erineo.
- Acte II : Les intrigues amoureuses se croisent : le roi ordonne à Erineo de faire empoisonner Erismena, mais celle-ci le reconnaît comme le prince qui l’avait abandonnée en Arménie et s’évanouit, ce qui la sauve.
- Acte III : Erismena et Erineo sont condamnés à s’affronter jusqu’à la mort. Erismena révèle alors son identité et Erimante découvre qu’elle est sa fille. L’opéra s’achève sur un dénouement heureux.
Résumé général : aucune des sources consultées ne détaille la répartition exacte des épisodes par acte.
Enregistrement(s) :

Alan Curtis — 1968
Format : 3 LP stéréo (compatibles mono), présentés comme la « première américaine »
Label : Vox
Référence : SVBX 5213
Année d’enregistrement : 1968
Distribution :
- Erimante, roi des Mèdes : Walter Matthes, basse-baryton
- Diarte, général de son armée : Edgar Jones, baryton
- Erismena : Delreen Hafenrichter, soprano
- Argippo, serviteur du prince Orimeno : Edward Jameson, ténor
- Orimeno, prince de Colchide : Paul Esswood, contre-ténor
- Aldimira, belle captive : Carole Bogard, soprano
- Florida, sa suivante : Holly Alonso, soprano
- Alcesta, vieille nourrice d’Aldimira : Walt McKibben, contre-ténor
- Idraspe, prince d’Ibérie, déguisé en Erineo, échanson : Melvin Brown, ténor
- Clerio, son confident maure : Leslie Retallick
Direction : Alan Curtis (édition, réalisation et direction depuis le clavecin)
Orchestre : Cordes et trompettes de l’Oakland Symphony (violons solistes : Ronald Erickson et Anne Crowden ; violoncelles continuo : Sally Kell et Marilynn Blanc ; violone : Patrick McCarthy)
Langue : anglais (traduction anonyme du XVIIe siècle du livret d’Aurelio Aureli)
Particularité :
Présenté comme la première américaine de l’ouvrage, chanté dans la traduction anglaise ancienne plutôt qu’en italien. Alan Curtis y assure lui-même l’édition et la réalisation de la basse continue. Le contre-ténor Paul Esswood y tient le rôle d’Orimeno.
Postérité :
Après ce disque, l’ouvrage fut repris par l’Edinburgh University Opera Club (1989), l’English Touring Opera, la New Chamber Opera (2010) puis, en 2017, au Festival d’Aix-en-Provence (Leonardo García Alarcón et la Cappella Mediterranea, mise en scène de Jean Bellorini), production captée en vidéo et reprise à Versailles en décembre 2017. Une édition critique de Beth Glixon, bilingue italien-anglais, a été publiée chez Bärenreiter en 2018.
Sources :






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