Format :
- Opéra en quatre actes (« Oper in vier Akten »), à scènes simultanées et collage de styles ; seize rôles chantés, une dizaine de rôles parlés et un orchestre d’une centaine de musiciens.
- Musique : Bernd Alois Zimmermann
- Livret : Bernd Alois Zimmermann, d’après le drame Die Soldaten (1776) de Jakob Michael Reinhold Lenz
- Langue : Allemand
Création :
15 février 1965, Opéra de Cologne, sous la direction de Michael Gielen (orchestre Gürzenich), dans la mise en scène de Hans Neugebauer, avec notamment Edith Gabry (Marie) et Zoltán Kelemen (Wesener).
Commande de l’Opéra de Cologne, l’œuvre fut d’abord jugée injouable (Zimmermann l’avait pensée pour plusieurs scènes entourant le public) : il en tira une version à barres de mesure communes pour un seul chef et la Vokal-Sinfonie (1963), puis la révisa à Rome en 1963-1964. À la création, l’effet final prévu, une explosion atomique projetée accompagnée d’un cri sur bande, fut remplacé par un effet de lumière dirigé vers le public. Beaucoup de huées accueillirent la soirée, mais l’œuvre gagna ensuite Kassel (1968), Munich (1969), Düsseldorf (1971) et de nombreuses autres scènes.
Livret :
Zimmermann écrit lui-même le texte à partir de la pièce du dramaturge du Sturm und Drang Lenz, en ne changeant que des répétitions et quelques coupures. Il en fait un montage où les scènes se superposent. Le cadre est Lille et Armentières, en Flandre française, mais le temps indiqué est « hier, aujourd’hui et demain ».
Intrigue :
- Acte I : Marie, fille du marchand Wesener, vit à Lille ; elle écrit à la mère de son fiancé Stolzius, drapier à Armentières. Sa sœur Charlotte se moque de cet amour. Le noble Desportes courtise Marie, et Wesener, tout en craignant pour la réputation de la famille, espère un mariage avec l’aristocrate. Dans les tranchées, l’aumônier Eisenhardt et le capitaine Haudy débattent de la comédie et de la morale des soldats.
- Acte II : Au café de Madame Roux, les officiers font des insinuations sur Marie, et une danse de jazz est interrompue. Marie reçoit une lettre de reproches de Stolzius mais Desportes la reconquiert. Stolzius, résolu à se venger, devient l’ordonnance du capitaine Mary pour s’approcher de Marie. Desportes abandonne Marie, qui accepte des cadeaux de Mary ; Charlotte la traite de « fille à soldats ».
- Acte III : La comtesse de la Roche reproche à son fils sa conduite envers Marie et lui propose de la prendre chez elle comme dame de compagnie, lui assurant que c’est le seul moyen de sauver son honneur.
- Acte IV : Marie refuse l’offre de la comtesse pour tenter de renouer avec Desportes ; il la livre à son garde-chasse, qui la viole. Déshonorée, elle erre pendant qu’on la cherche. Stolzius, qui entend Mary et Desportes dîner, sert à ce dernier une soupe empoisonnée, se fait connaître puis en boit à son tour et meurt. Marie, devenue mendiante, demande l’aumône à son père, qui ne la reconnaît pas ; une procession de soldats se change en vision de l’enfer, où l’individu est broyé par la collectivité et l’armée.
Enregistrement(s) :

Bernhard Kontarsky — 1991
Format : 2 CD (107:07), DDD
Label : Teldec, réédité par Warner Classics (2011)
Référence : Teldec 9031-72775-2 (paru le 22 avril 1991) ; Warner Classics 9029517895 (réédition)
Année d’enregistrement : 1988-1989, Staatstheater Stuttgart (le disque est paru en 1991)
Distribution :
- Marie, fille de Wesener : Nancy Shade, soprano
- Wesener, marchand à Lille : Mark Munkittrick, basse
- Charlotte, sa fille : Milagro Vargas, mezzo-soprano
- La vieille mère de Wesener : Grace Hoffman, contralto
- Stolzius, drapier à Armentières : Michael Ebbecke, baryton
- La mère de Stolzius : Elsie Maurer, contralto
- L’Obrist (colonel), comte de Spannheim : Alois Treml, basse
- Desportes, gentilhomme français : William Cochran, ténor
- Le capitaine Haudy : Klaus Hirte, baryton
- Le capitaine Mary : Raymond Wolansky, baryton
- Le capitaine Pirzel : Guy Renard, ténor
- Le père Eisenhardt, aumônier : Karl-Friedrich Dürr, baryton
- La comtesse de la Roche : Urszula Koszut, mezzo-soprano
- Le jeune comte : Jerrold van der Schaaf, ténor
Direction : Bernhard Kontarsky (régie des parties sur bande : Andreas Breitscheidt)
Orchestre : Staatsorchester Stuttgart ; Chor des Staatstheaters Stuttgart
Langue : Allemand
Particularité :
Enregistrement issu des représentations de la production de Harry Kupfer au Staatstheater de Stuttgart, également captée en DVD (Arthaus, 1989). Les autres chanteurs crédités par Presto (Robert Wörle, Johannes Eidloth, Helmut Holzapfel, etc.) tiennent des rôles secondaires non attribués par les sources. Musik an sich salue un chant « souverain » et un orchestre d’une perfection constante, mais note que la version enregistrée est une version simplifiée de l’original et que le caractère didactique de l’œuvre paraît aujourd’hui un peu forcé. Les tessitures sont celles des rôles.
Postérité :
L’œuvre est souvent décrite comme l’un des opéras allemands les plus importants depuis Wozzeck ; John Rockwell du New York Times la tenait pour le plus significatif depuis Berg. Elle a été jouée à Boston (1982), New York (1991), Dresde (1995), Londres (1996), Bochum (2006), Salzbourg (2012, Metzmacher), Munich (2014, Petrenko) et ailleurs. Outre cette version, la discographie compte notamment le CD Gielen (Wergo, 2008), les DVD de Bochum (2006) et de Salzbourg (2012) et la captation de Munich (2014).
Sources :
Wikipedia — Die Soldaten · Wikipédia allemande — Die Soldaten (Oper) · Musik an sich — critique du CD · OpusKlassiek — DVD Kupfer · Presto Music · pochette.






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