Format :
- Tragédie lyrique en 3 actes.
- Musique : Johann Christoph Vogel.
- Livret : Philippe Desriaux.
- Langue : Français.
Création :
5 septembre 1786, Académie royale de musique (Opéra), Paris (le livret imprimé annonçait la première pour le 29 août).
Le rôle de Médée est tenu par Mlle Maillard (Marie-Thérèse Davoux), Jason par François Lays et Hypsipyle par Anne Chéron. L’ouvrage ne tient l’affiche que neuf soirées, jusqu’au 7 novembre 1786, malgré l’ajout de ballets-pantomimes pour séduire le public. Il est repris à partir du 17 juin 1788 sous le titre Médée à Colchos, remanié et enrichi de ballets, mais Vogel meurt le 26 juin, entre la deuxième et la troisième représentation, et l’œuvre disparaît de l’affiche.
Livret :
Philippe Desriaux, qui fournira aussi à Vogel le livret de Démophon, tire son sujet de la légende de Jason, de Médée et de la Toison d’or. La tradition rapporte que le librettiste et le compositeur se seraient rencontrés dans les cabarets des Porcherons. Vogel dédie sa partition à Gluck, dont il se veut l’héritier spirituel ; Gluck lui répond en louant son « talent dramatique ». La création a lieu en pleine querelle des gluckistes et des piccinnistes, et ces derniers contribuent à la chute de l’œuvre. La critique reproche au livret une Médée froide et acariâtre, presque toujours en scène, et la disparition trop précoce d’Hypsipyle, le seul personnage sympathique.
Intrigue :
- Acte I : Hypsipyle, épouse de Jason et fille du roi de Lemnos, arrive aux murs de Colchos, où le chœur chante la victoire de Jason sur les taureaux furieux. Médée, qui lui a sauvé la vie par sa magie, paraît : on la félicite de son prochain mariage avec le héros. Hypsipyle, stupéfaite, rappelle que Jason est son époux. Médée, désespérée et jalouse, repousse Jason avec sarcasme et le quitte en proférant des menaces. Hypsipyle pardonne à son mari et tous deux décident de s’embarquer avec les Argonautes pour la Grèce.
- Acte II : Au bord de la mer, Calciope, sœur de Médée, l’exhorte à oublier Jason. Médée invoque la nuit, les vents et la tempête : la flotte des Argonautes est frappée par la foudre et sombre. Jason lui reproche ses crimes, puis la supplie de l’oublier, mais Médée, furieuse, poignarde sa rivale Hypsipyle et s’enfuit.
- Acte III : Devant le bois consacré à Mars, où est suspendue la Toison d’or, Médée vient consulter la Sibylle, qui lui prédit les crimes et les malheurs qu’entraînera sa passion. Médée reste ferme, sauve Jason lors du combat contre les géants nés de la terre, puis endort le dragon gardien de la Toison. Mais Jason, horrifié par ses crimes, la repousse et repart pour la Grèce sans un adieu. Dans sa fureur, Médée monte sur son char attelé de dragons et s’élance à sa poursuite.
Enregistrement(s) :

Hervé Niquet — 2012
Format : 2 CD (45’41 + 63’35)
Label : Glossa, coproduction Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française / Staatstheater Nürnberg / Centre de musique baroque de Versailles
Référence : GCD 921628
Année d’enregistrement : 26 et 27 juillet 2012 (publié en octobre 2013), Staatstheater Nürnberg, pendant les Internationale Gluck-Opern-Festspiele
Distribution :
- Médée : Marie Kalinine, mezzo-soprano
- Jason : Jean-Sébastien Bou, baryton
- Hipsiphile : Judith Van Wanroij, soprano
- La Sybille : Jennifer Borghi, soprano
- Calciope : Hrachuhi Bassenz, soprano
- Arcas : Martin Nyvall, ténor
- Première Suivante : Franziska Kern, soprano
- Deuxième Suivante : Dominique Lepeudry, soprano
Direction : Hervé Niquet
Orchestre : Le Concert Spirituel, Chor des Staatstheater Nürnberg
Langue : Français
Particularité :
Première intégrale de l’ouvrage, d’après l’édition Symétrie – Palazzetto Bru Zane (direction scientifique : Cyril Bongers). Le Palazzetto Bru Zane présente une musique « très intense, parfois insoutenable pour le public de l’époque » et rappelle que Berlioz voyait en Vogel l’un des pionniers du romantisme français.
Postérité :
Éclipsée dès 1789 par la création de Démophon, longtemps considéré comme le chef-d’œuvre de Vogel, La Toison d’or est restée sur les rayons de la bibliothèque de l’Opéra de Paris. Ses contemporains admiraient la variété d’expression du rôle de Médée, notamment l’air « Ah ! ne me parlez plus d’amour et d’espérance ». Pour Benoît Dratwicki, l’œuvre est un chaînon essentiel entre Gluck et Spontini, par son orchestre hérité de l’école de Mannheim, ses tempêtes et ses invocations aux harmonies déjà romantiques.
Sources :
Wikipedia — La toison d’or (opera) ; Palazzetto Bru Zane — La Toison d’or ; MusicWeb International — French Romantic (Bru Zane) ; livret du disque Glossa GCD 921628 (textes de Benoît Dratwicki, synopsis, fiche technique).






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