Format :
- Opéra lyrique en 3 actes.
- Musique : Johann Christoph Vogel.
- Livret : Philippe Desriaux, d’après Métastase.
- Langue : Français.
Création :
15 septembre 1789, Académie royale de musique (Opéra), Paris.
Créé après la mort de Vogel, disparu à Paris en 1788 à l’âge de 32 ans, et peu après la prise de la Bastille, l’ouvrage remporte un grand succès, surtout son ouverture, déjà entendue au Concert de la Loge Olympique en février 1789 et bissée à la création. Il paraît après le Démophoon de Cherubini, qui traitait le même sujet. La partition est publiée par Sieber en 1790.
Livret :
Philippe Desriaux, déjà librettiste de La Toison d’or, premier opéra de Vogel, adapte le Demofoonte de Métastase, dont le sujet remonte à la légende du roi Démophon de Thrace. Disciple de Gluck, auquel il avait dédié La Toison d’or, Vogel s’inspire de l’Iphigénie en Tauride dans ses airs en trois parties et ses chœurs homophones, mais donne à ses scènes, conçues en grands tableaux, une ampleur qui annonce le grand opéra.
Intrigue :
- Acte I : Un oracle exige chaque année le sacrifice d’une jeune fille du peuple de Thrace. Narbal, courtisan du roi Démophon, demande qu’on épargne Dircée, sa prétendue fille ; le roi, irrité, la condamne. Dircée est secrètement l’épouse de Timante, fils du roi, et la mère de leur fils Olinte. Narbal tente de la cacher, mais les gardes la saisissent et Démophon reste sourd aux supplications de Timante.
- Acte II : Timante décide de sauver Dircée et de fuir avec elle, mais sa tentative échoue lorsque Démophon survient. Contraint d’assister au sacrifice, il avoue être l’époux de Dircée et le père d’Olinte, et réprime son envie de tuer le roi. Le sacrifice est suspendu pour consulter l’oracle, et les deux époux sont emmenés prisonniers.
- Acte III : L’oracle est favorable, mais révèle que Dircée est la fille de Démophon, ce qui fait de Timante un incestueux. Le chœur se lamente jusqu’à l’apparition de la déesse Diane, qui révèle que Timante est en réalité le fils de Narbal : le dénouement est heureux.
Enregistrement(s) :

Georges Tzipine — 1957
Format : 2 disques (version mono, 1 h 49), réédition numérique
Label : BnF Collection (Bibliothèque nationale de France), réédition de 2015
Référence : BnF Collection 2015
Année d’enregistrement : 1957
Distribution :
- Démophon : Louis Noguera, baryton
- Timante : Michel Sénéchal, ténor
- Dircée : Nadine Sautereau, soprano
- Narbal : Robert Jeantet
- Adraste : Lucien Lovano, basse
- Diane : Freda Betti, mezzo-soprano
Direction : Georges Tzipine
Orchestre : Orchestre national de la Radiodiffusion française, Chœurs Raymond-Saint-Paul
Langue : Français
Particularité :
Gravure en mono, rééditée en 2015 dans la collection de la BnF, qui suit les trois actes scène par scène : airs et duos de Dircée, Narbal et Timante, chœur des guerriers, scène du temple avec les prêtres, adieux de Timante et Dircée, quatuor de l’acte III et scène finale avec Diane et le chœur.
Postérité :
L’ouverture de Démophon reste l’une des plus jouées de la Révolution et de l’Empire : elle est exécutée en 1791 par quelque 1 200 instrumentistes à vent au Champ-de-Mars et réutilisée dans le ballet-pantomime Psyché de Pierre Gardel (1790). Berlioz salue l’œuvre comme une réussite personnelle de Vogel, que Gluck avait encouragé en louant son sens dramatique.
Sources :
Wikipedia — Démophon ; Wikipedia — Johann Vogel (composer) ; BnF Catalogue général — partition de Démophon (1790) ; IMSLP — Démophon ; Musik & Forschung — article sur Vogel ; Quaritch — Démophon (1790) ; Qobuz — Vogel : Démophon (BnF Collection) ; pochette du disque.






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