Format :
- Grand opéra en quatre actes.
- Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901).
- Livret : Alphonse Royer et Gustave Vaëz, d’après I Lombardi alla prima crociata de Temistocle Solera.
- Langue : français (version italienne : Gerusalemme).
Création :
26 novembre 1847, Opéra de Paris (salle Le Peletier), avec Gilbert Duprez dans le rôle de Gaston.
Verdi reçoit la commande peu après son arrivée à Paris, en juillet 1847 ; adapter une partition existante lui permet de s’essayer au grand opéra. La création est un succès : Louis-Philippe fait donner deux actes aux Tuileries, et Verdi est ensuite nommé chevalier de la Légion d’honneur. La version italienne, Gerusalemme, traduite par Calisto Bassi, est créée à la Scala le 26 décembre 1850.
Livret :
Royer et Vaëz, déjà auteurs du livret de La favorite de Donizetti, transposent I Lombardi (1843) dans la perspective de la première croisade, avec une intrigue profondément remaniée. Arvino devient le comte de Toulouse et passe de ténor à baryton, le rôle d’Oronte disparaît, l’histoire d’amour centrale prend plus de place et la fin est plus heureuse. Verdi ajoute un ballet et de la musique nouvelle, et retire des pages qu’il jugeait faibles ; il affirmait avoir « transformé » l’original au point de le rendre méconnaissable.
Intrigue :
- Acte I : Toulouse, en 1095. Le comte souhaite marier sa fille Hélène à Gaston, qu’elle aime, afin de réconcilier leurs familles avant le départ pour la croisade. Roger, frère du comte, aime lui aussi Hélène et fait viser son rival, mais le meurtrier engagé tue par erreur le comte ; Gaston, accusé à tort, est exilé.
- Acte II : À Ramla, Hélène, qui a suivi les croisés déguisée, apprend que Gaston est vivant et prisonnier. Ils se retrouvent dans le palais de l’émir, mais leur tentative d’évasion échoue.
- Acte III : Hélène est condamnée au harem, et Gaston condamné à mort ; Roger, devenu ermite pénitent, lui remet son épée.
- Acte IV : Après la victoire des croisés, dans la vallée de Josaphat, Roger, mortellement blessé, avoue son crime ; Gaston est innocenté, les amants sont réunis et Roger meurt.
Enregistrement :

Fabio Luisi — 1998
Format : 3 CD (enregistrement en studio)
Label : Philips
Référence : 462 613-2 (édition 2000)
Année d’enregistrement : 1998 (Operadis mentionne des séances à la Victoria Hall de Genève, 18-25 août 2000)
Distribution :
- Gaston, vicomte de Béarn : Marcello Giordani, ténor
- Hélène : Marina Mescheriakova, soprano
- Le comte de Toulouse : Philippe Rouillon, baryton
- Roger : Roberto Scandiuzzi, basse
- Adhémar de Montheil, légat du pape : Daniel Borowski, basse
- Raymond : Simon Edwards, ténor
- Isaure : Hélène Le Corre, soprano
- Un soldat : Wolfgang Barta, basse
- Un héraut et l’émir de Ramla : Slobodan Stankovic, basse
- Un officier de l’émir : Jovo Reljin, ténor
Direction : Fabio Luisi
Orchestre : Orchestre de la Suisse Romande ; Chœur du Grand Théâtre de Genève
Langue : français
Particularité :
Intégrale de la version française de 1847. La critique salue la conviction de Luisi et de l’orchestre (Colin Clarke, MusicWeb), la voix puissante et la compréhension du style de Marina Mescheriakova, un Marcello Giordani satisfaisant vocalement mais moins sûr stylistiquement, un Roberto Scandiuzzi fort dramatiquement, et le trio du quatrième acte (Charles Osborne, Classical Music).
Postérité :
Pour Julian Budden, Jérusalem est « un peu moins qu’un chef-d’œuvre », mais l’époque parisienne fait progresser le style de la maturité de Verdi ; pour Roger Parker, l’ouvrage ne s’est imposé ni dans le répertoire français ni dans le répertoire italien, et Gerusalemme n’a pas détrôné I Lombardi dans le cœur du public italien. Parmi les reprises scéniques modernes figurent Paris (1984), Parme (1986) et Gênes (2000). Au disque, la version de Luisi voisine avec celle de Michel Plasson à Gênes en 2000 (Premiere Opera ; DVD TDK) et avec une retransmission de la RAI dirigée par Gianandrea Gavazzeni en 1975 (parue en 2004).
Sources :
Wikipedia — Jérusalem ; Wikipédia — Jérusalem (opéra) ; Operadis — Verdi, Jérusalem ; MusicWeb International — Luisi (Philips) ; Classical Music — Luisi (Philips).






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