Format :
- Tragedia lirica en trois actes.
- Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901)
- Livret : Francesco Maria Piave, d’après la pièce The Two Foscari de Lord Byron
- Langue : italien
Création :
3 novembre 1844, Teatro Argentina, Rome, avec Achille De Bassini (Francesco), Giacomo Roppa (Jacopo), Marianna Barbieri-Nini (Lucrezia) et Baldassare Miri (Loredano).
Après Ernani, le Teatro Argentina commande une nouvelle œuvre à Verdi, composée à l’été 1844. L’accueil est partagé : prix des places élevés, voix jugées peu puissantes, mais la direction du théâtre et certains critiques, dont la Rivista di Roma, saluent chaleureusement l’ouvrage. Verdi reconnaîtra en 1848 que sa « couleur » est « trop monochrome du début à la fin ».
Livret :
Verdi avait envisagé le sujet de Byron dès 1843 pour La Fenice de Venise, mais le projet avait échoué : une partie de l’aristocratie vénitienne ne voulait pas qu’on lui rappelle le rôle peu glorieux de ses ancêtres en 1457. Il opta alors pour Ernani, tout en conservant un projet détaillé de livret de Piave. Verdi relut Byron et jugea que la pièce manquait de grandeur théâtrale ; il poussa Piave à ajouter un premier acte frappant, tout en conservant l’intérêt émotionnel de l’intrigue. Piave brosse un tableau romantique de Venise, cité mystérieuse peuplée d’espions, où les conspirations criminelles empêchent les habitants de se parler ouvertement. Pour unifier une action faite de scènes disjointes, Verdi donne aux personnages principaux des mélodies récurrentes, des « motifs de réminiscence ».
Intrigue :
- Acte I : Jacopo Foscari, fils du doge Francesco Foscari, accusé de meurtre et banni de Venise, avait écrit au duc de Milan pour qu’il intercède en sa faveur. La lettre est interceptée et Jacopo est ramené à Venise pour une nouvelle enquête. Le Conseil des Dix se réunit. Parmi ses membres, Jacopo Loredano tient Jacopo Foscari pour responsable de la mort de son père et de son oncle. Heureux de revoir sa ville, le jeune homme est de nouveau condamné à l’exil. Lucrezia, son épouse, l’apprend de Pisana, sa confidente. Le doge se plaint de sa charge qui l’empêche de protéger son fils : les lois de Venise l’obligent à refuser la grâce que Lucrezia le supplie de lui accorder.
- Acte II : En prison, Jacopo apprend de Lucrezia qu’il est de nouveau banni. Le doge tente de lui redonner courage, tandis que Loredano vient le chercher pour entendre sa sentence et se réjouit du malheur du père et du fils. Jacopo implore une dernière fois la clémence du Conseil, mais son père ne peut que lui conseiller de se soumettre. Lucrezia paraît avec ses deux jeunes enfants et demande en vain de suivre son mari en exil ; la volonté de vivre de Jacopo est brisée.
- Acte III : Sur le Grand Canal, une régate joyeuse est interrompue par l’arrivée de la galère d’État. Avant de monter à bord, Jacopo fait ses adieux à sa famille. Le doge apprend peu après qu’un certain Erizzo a avoué sur son lit de mort le meurtre dont Jacopo a été accusé, mais il est trop tard : Lucrezia annonce que Jacopo est mort peu après le départ du navire. Le Conseil des Dix contraint Francesco à abdiquer et, quand la grande cloche de Saint-Marc proclame l’élection de son successeur, le doge s’effondre sans vie. Loredano a réglé son vieux compte avec les deux Foscari.
Enregistrement(s) :

Lamberto Gardelli — 1977
Format : 2 CD (2 LP à l’origine, 1978)
Label : Philips
Référence : 422 426-2 (CD, 1989) ; LP 6700 105 ; réédition 475 8697 (2007)
Année d’enregistrement : 1976 (studio, Vienne)
Distribution :
- Francesco Foscari : Piero Cappuccilli, baryton
- Jacopo Foscari : José Carreras, ténor
- Lucrezia Contarini : Katia Ricciarelli, soprano
- Jacopo Loredano : Samuel Ramey, basse
- Barbarigo : Vincenzo Bello, ténor
- Pisana : Elizabeth Connell, mezzo-soprano
Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : ORF-Symphonie-Orchester et chœur de l’ORF (Vienne)
Langue : italien
Particularité :
Longtemps l’enregistrement de référence de l’ouvrage : Bob Farr (MusicWeb International) lui voit « aucun rival audio sérieux », grâce à la distribution Cappuccilli, Carreras, Ricciarelli, Ramey et à la manière dont Gardelli éclaire les passages les moins intéressants.

Bruno Bartoletti — 1977
Format : 2 CD
Label : Mondo Musica (réédition 1999)
Référence : MFOH 10381
Année d’enregistrement : 1977 (en direct, Teatro La Fenice, Venise, 2 mars selon la pochette)
Distribution :
- Francesco Foscari : Renato Bruson, baryton
- Jacopo Foscari : Franco Tagliavini, ténor
- Lucrezia Contarini : Maria Parazzini, soprano
- Jacopo Loredano : Alessandro Maddalena, basse
- Barbarigo : Osvaldo Alemanno, ténor
- Pisana : Annalia Bazzani, mezzo-soprano
- Un fante : Guido Fabbris
- Un serviteur du doge : Paolo Cesari
Direction : Bruno Bartoletti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro La Fenice (chef de chœur : Aldo Danieli)
Langue : italien
Particularité :
Captation d’une représentation à La Fenice, théâtre d’où le sujet avait été écarté en 1843, avec Renato Bruson dans un de ses rôles verdiens de jeunesse. La réédition de 1999 est remastérisée en 20 bits.

Donato Renzetti — 2009
Format : DVD (vidéo)
Label : C Major (Unitel Classica), collection « Tutto Verdi » du Teatro Regio di Parma
Référence : 721008
Année d’enregistrement : 2009 (en direct, Teatro Regio di Parma, 8 et 16 octobre)
Distribution :
- Francesco Foscari : Leo Nucci, baryton
- Jacopo Foscari : Roberto De Biasio, ténor
- Lucrezia Contarini : Tatiana Serjan, soprano
- Jacopo Loredano : Roberto Tagliavini, basse
- Barbarigo : Gregory Bonfatti, ténor
- Pisana : Marcella Polidori, mezzo-soprano
- Un fante : Mauro Buffoli
- Un serviteur du doge : Alessandro Bianchini
Direction : Donato Renzetti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Regio di Parma (chef de chœur : Martino Faggiani)
Mise en scène : Joseph Franconi Lee ; décors et costumes : William Orlandi ; lumières : Valerio Alfieri ; chorégraphie : Marta Ferri
Langue : italien
Particularité :
Dans la collection « Tutto Verdi » du Festival Verdi de Parme, c’est la captation vidéo d’une production avec Leo Nucci, grand baryton verdien, dans le rôle du doge octogénaire.
Postérité :
Moins populaire qu’Ernani, l’ouvrage fut pourtant représenté dans au moins vingt-deux villes italiennes dans les années 1860 et gagna Barcelone (1845), Lisbonne et Paris (1846), Londres (1847) et Boston (1847). Parmi les reprises modernes : La Fenice (1957), La Scala (1988), le Royal Opera (1995) et le Los Angeles Opera (2012), où Plácido Domingo chanta pour la première fois Francesco. Julian Budden y voit un net progrès vers des numéros plus cohérents et une orchestration plus sensible ; Roger Parker souligne l’expérience des motifs récurrents. Pour Verdi, le premier engagement avec les rouages d’une république municipale sous l’autorité d’un doge annonce déjà Simon Boccanegra (1857 et 1881).
Sources :
Wikipedia — I due Foscari ; Operadis — I due Foscari ; MusicWeb International — Verdi: His Life and Operas (Part 2) ; livret de l’enregistrement Renzetti (Anselm Gerhard, Eva Reisinger) ; pochettes des enregistrements Bartoletti et Gardelli.






Laisser un commentaire