Note personnelle : ,

Verdi, Giuseppe — I Lombardi alla prima crociata (1843)

Format :

  • Dramma lirico en quatre actes.
  • Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901)
  • Livret : Temistocle Solera, d’après le poème I Lombardi alla prima crociata de Tommaso Grossi
  • Langue : italien

Création :

11 février 1843, Teatro alla Scala, Milan (direction : Eugenio Cavallini), avec Erminia Frezzolini (Giselda), Carlo Guasco (Oronte), Giovanni Severi (Arvino) et Prosper Dérivis (Pagano).
Quatrième opéra de Verdi, il est un triomphe à la création et gagne d’autres théâtres plus vite que Nabucco, donné à la Scala moins d’un an plus tôt. La partition est dédiée à Marie-Louise, duchesse de Parme, morte quelques semaines après la première. Le censeur exige que la prière de l’acte I passe d’« Ave Maria » à « Salve Maria ».

Livret :

Solera s’inspire de l’épopée de Tommaso Grossi (1826), reflet d’une prise de conscience lombarde, discutée dans le salon milanais d’Andrea et Clarina Maffei et illustrée par le peintre Francesco Hayez ; il abandonne les personnages historiques de Grossi pour bâtir l’action sur une famille fictive prise dans la première croisade. L’action, sans unité de temps ni de lieu, se déroule en tableaux presque de revue : Milan, Antioche, la vallée de Josaphat et le camp lombard devant Jérusalem. Le chœur assure la cohésion de l’ensemble : Verdi est aussitôt salué comme papa dei cori, et le chœur des croisés lombards de l’acte IV a été rapproché des tensions politiques du nord de l’Italie alors sous domination autrichienne.

Intrigue :

  • Acte I (La vendetta) : Les frères Arvino et Pagano aimaient tous deux Viclinda. Dans un accès de jalousie, Pagano avait tenté de tuer Arvino et fut exilé. Il revient à Milan dix-huit ans plus tard, apparemment repenti, tandis qu’Arvino s’apprête à partir pour la première croisade à la tête des chevaliers lombards. Avec son écuyer Pirro, Pagano projette cependant d’enlever Viclinda et d’assassiner Arvino. Dans l’obscurité, il frappe un homme endormi dans la chambre d’Arvino et réalise trop tard qu’il s’agit de son propre père. Arvino veut le venger, mais Giselda se jette entre les deux hommes pour protéger son oncle.
  • Acte II (L’uomo della caverna) : Giselda, prisonnière dans le palais du tyran Acciano d’Antioche, est aimée d’Oronte, fils du tyran, prêt à se convertir au christianisme comme sa mère Sofia l’a déjà fait en secret. Dans une grotte, Pagano vit en ermite repentant. Pirro, converti à l’islam, vient le trouver ; l’ermite lui conseille de racheter ses fautes en guidant les croisés lombards dans la ville. Arvino arrive et ne reconnaît pas son frère. Dans le harem, Sofia annonce la mort d’Acciano et d’Oronte. Horrifiée par le massacre commis au nom de Dieu, Giselda se retourne contre son père, qui veut la tuer pour son blasphème ; l’ermite s’interpose.
  • Acte III (La conversione) : Oronte, simplement blessé et déguisé, retrouve Giselda dans le camp d’Arvino. Ils décident de fuir ensemble. Arvino maudit sa fille et ordonne qu’on les poursuive. Dans la grotte de l’ermite, Oronte, mortellement blessé, est baptisé et meurt dans les bras de Giselda.
  • Acte IV (Il Santo Sepolcro) : Près de Jérusalem, Giselda endormie a une vision : Oronte lui annonce la victoire des croisés, et une source miraculeuse jaillit pour étancher leur soif. Pagano, mortellement blessé, révèle son identité à son frère. À la prière de Giselda, Arvino lui pardonne et Pagano peut mourir en paix devant Jérusalem enfin libérée.

Enregistrement(s) :

Manno Wolf-Ferrari — 1951

Format : 2 CD (3 LP à l’origine, Cetra)
Label : Mondo Musica (série « I luoghi verdiani – The Verdian Places », 2001) ; première édition Cetra, puis Fonit Cetra
Référence : MMO 91108 ; Fonit Cetra CDON 41 (CD, 1996) ; LP Cetra LPC 1217
Année d’enregistrement : 1951 (en direct, RAI Milan)
Distribution :

  • Giselda : Maria Vitale, soprano
  • Oronte : Gustavo Gallo, ténor
  • Pagano : Mario Petri, basse
  • Arvino : Aldo Bertocci, ténor
  • Viclinda : Miriam Pirazzini, soprano
  • Pirro : Mario Frosini, basse
  • Acciano : Renato Pasquali, basse
  • Sofia : Renata Broilo, soprano
  • Un prieur : Bruno Franchi, ténor

Direction : Manno Wolf-Ferrari (Ermanno Wolf-Ferrari sur la pochette)
Orchestre : Orchestra Sinfonica e Coro della RAI di Milano (chef de chœur : Roberto Benaglio)
Langue : italien

Particularité :

Plus ancienne intégrale de l’ouvrage, dans la version radiophonique italienne de la RAI de Milan, avec Mario Petri en Pagano et Maria Vitale en Giselda.

Lamberto Gardelli — 1971

Format : 2 CD (2 LP à l’origine, 1972)
Label : Philips (collection « Verdi Opera »)
Référence : 422 420-2 (CD, 1989)
Année d’enregistrement : 1971 (studio, Londres, juillet)
Distribution :

  • Giselda : Cristina Deutekom, soprano
  • Oronte : Plácido Domingo, ténor
  • Pagano : Ruggero Raimondi, basse
  • Arvino : Jerome Lo Monaco, ténor
  • Viclinda : Desdemona Malvisi, soprano
  • Pirro : Stafford Dean, basse
  • Acciano : Clifford Grant, basse
  • Sofia : Montserrat Aparici, soprano
  • Un prieur : Keith Erwen, ténor

Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Royal Philharmonic Orchestra ; Ambrosian Singers (chef de chœur : John McCarthy)
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement de studio de l’ouvrage, longtemps la version de référence. Plácido Domingo y chante Oronte avec l’autorisation de RCA.

James Levine — 1996

Format : 2 CD
Label : Decca
Référence : 455 287-2 (parution 1997)
Année d’enregistrement : 1996 (studio, Metropolitan Opera de New York)
Distribution :

  • Giselda : June Anderson, soprano
  • Oronte : Luciano Pavarotti, ténor
  • Pagano : Samuel Ramey, basse
  • Arvino : Richard Leech, ténor
  • Viclinda : Patricia Racette, soprano
  • Pirro : Ildebrando D’Arcangelo, basse
  • Acciano : Yanni Yannissis, basse
  • Sofia : Jane Shaulis, mezzo-soprano
  • Un prieur : Anthony Dean Griffey, ténor

Direction : James Levine (violon solo : Raymond Gniewek)
Orchestre : Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
Langue : italien

Particularité :

Issu de la production du Met de 1993 avec Pavarotti. La critique salue le legato de Pavarotti dans l’air d’Oronte, la colorature de June Anderson, le tempo de Levine et la précision de l’orchestre ; le Pagano de Ramey est jugé relativement léger et la voix de Leech passe moins bien au disque.

Daniele Callegari — 2013

Format : DVD (vidéo)
Label : C Major (Unitel Classica), collection « Tutto Verdi » du Teatro Regio di Parma
Référence : 720608
Année d’enregistrement : 2009 (en direct, Teatro Regio di Parma, 15 et 21 janvier ; parution 2013)
Distribution :

  • Giselda : Dimitra Theodossiou, soprano
  • Oronte : Francesco Meli, ténor
  • Pagano : Michele Pertusi, basse
  • Arvino : Roberto De Biasio, ténor
  • Viclinda : Cristina Giannelli, soprano
  • Pirro : Roberto Tagliavini, basse
  • Acciano : Jansons Valdis, basse
  • Sofia : Daniela Pini, mezzo-soprano
  • Un prieur : Gregory Bonfatti, ténor

Direction : Daniele Callegari
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Regio di Parma (chef de chœur : Martino Faggiani)
Mise en scène : Lamberto Puggelli ; décors : Paolo Bregni ; costumes : Santuzza Calì ; lumières : Andrea Borelli
Langue : italien

Particularité :

Mise en scène solide mais peu originale, devant un grand mur de pierre servant de support à des projections. Forum Opéra loue la Giselda de Theodossiou, proche de l’idéal, le Oronte éblouissant de Meli et le Pagano de Pertusi encore au meilleur de sa forme, ainsi que la ligne musicale tenue par Callegari dans une partition fragmentée.

Postérité :

Populaire en Italie pendant des années, grâce à son souffle patriotique qui lui permit de traverser l’unification, l’ouvrage fut repris à Londres en 1846 et à New York en 1847 (premier Verdi entendu aux États-Unis) ; Verdi le remania en 1847 sous le titre Jérusalem pour l’Opéra de Paris. La Scala l’afficha en ouverture de saison en 1930, le Royal Opera en 1976, le Metropolitan en 1993 avec Pavarotti. Une nouvelle édition critique (Ricordi / University of Chicago Press) a été créée à La Fenice en 2022. Pour Julian Budden, c’est un « agglomérat d’idées hétérogènes », certaines remarquables, d’autres banales, là où Nabucco est unifié.

Sources :

Operadis — I Lombardi ; pochette Mondo Musica (Wolf-Ferrari) ; Wikipedia — I Lombardi alla prima crociata ; Forum Opéra — Callegari (C Major 720608) ; Presto Music — Levine (Decca) ; Presto Music — Callegari (C Major 720608) ; livret Callegari (Anselm Gerhard, Eva Reisinger) ; notice du CD Philips (Gardelli) ; pochette Decca (Levine).

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