Format :
- Melodramma tragico en trois actes.
- Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901).
- Livret : Francesco Maria Piave, d’après le poème The Corsair de Lord Byron (1814).
- Langue : italien.
Création :
25 octobre 1848, Teatro Grande, Trieste, sous la direction de Luigi Ricci.
Verdi s’intéresse au poème de Byron dès 1844. En 1845, il s’engage auprès de l’éditeur Francesco Lucca pour plusieurs opéras, dont un destiné à Londres ; retards, maladie et changements de projet repoussent l’ouvrage, et I masnadieri est finalement créé à Londres en 1847. Verdi achève Il corsaro pour honorer son engagement envers Lucca et envoie la partition de Paris en février 1848. Les troubles politiques font reporter la création, prévue au printemps, à octobre. Verdi n’assiste pas aux représentations. L’accueil de la presse et du public est mauvais, ce qui est rare pour lui, et l’opéra est retiré après trois représentations.
Livret :
Piave adapte le poème de Byron, dont l’intrigue oppose le corsaire Corrado au pacha Seid, la jeune Medora attendant Corrado sur l’île des pirates tandis que l’esclave favorite de Seid, Gulnara, se prend d’amour pour le prisonnier. Selon Julian Budden, l’ouvrage relève davantage du récit que du drame, et manque du conflit qui porte des œuvres comme Ernani ou I due Foscari.
Intrigue :
- Acte I : Sur une île grecque de la mer Égée, repaire des corsaires. Corrado, chef des pirates, déplore son sort puis reçoit une lettre l’informant des forces du pacha turc Seid ; il décide de l’attaquer et rallie ses hommes. Chez Medora, sa jeune amante, qui l’attend avec angoisse, Corrado revient pour un duo d’amour et d’incertitude. Elle le supplie de ne pas partir, mais il s’en va affronter le pacha.
- Acte II : À Corone. Dans le harem, Gulnara, favorite de Seid, souffre de sa captivité et aspire à la liberté et à un amour véritable. Un eunuque l’invite au banquet donné pour célébrer la victoire navale attendue sur les corsaires. Lors du banquet, un derviche est introduit puis se révèle être Corrado ; des incendies éclatent en mer et les corsaires attaquent. Corrado semble l’emporter, mais il s’attarde à sauver Gulnara et les autres femmes du harem en flammes, ce qui permet aux hommes de Seid de se ressaisir et de le capturer. Seid le condamne à une mort cruelle malgré les supplications de Gulnara.
- Acte III : Dans ses appartements, Seid jouit de sa victoire mais soupçonne Gulnara d’aimer Corrado ; elle le lui confirme, et il sort après l’avoir menacée. En prison, Corrado s’attend à mourir. Gulnara soudoie un garde, entre dans sa cellule et lui offre un poignard pour tuer Seid ; il refuse par honneur et lui avoue aimer Medora. Gulnara va elle-même tuer Seid, puis revient assumer le crime, et elle s’enfuit avec Corrado vers l’île des corsaires. Là, Medora, qui s’est empoisonnée, se meurt ; Corrado la retrouve avant qu’elle ne meure, puis se jette d’une falaise malgré ses hommes.
Enregistrements :

Lamberto Gardelli — 1975
Format : 2 CD (enregistrement en studio)
Label : Philips (collection Philips Classics)
Référence : 426 118-2 (1990) ; éditions Philips 416 398-2 (1987) et Decca 475 6769 (2005) ; LP d’origine Philips 6700 098 (1976)
Année d’enregistrement : 1975
Distribution :
- Corrado : José Carreras, ténor
- Medora : Jessye Norman, soprano
- Gulnara : Montserrat Caballé, soprano
- Seid : Gian Piero Mastromei, baryton
- Giovanni : Clifford Grant, basse
- Selimo : John Noble, ténor
- Un eunuque noir : Alexander Oliver, ténor
Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : New Philharmonia Orchestra ; Ambrosian Singers
Langue : italien
Particularité :
Référence de studio, réunissant en 1975 Montserrat Caballé, Jessye Norman et José Carreras. Gramophone loue la direction de Gardelli, à l’aise dans la vigueur et le lyrisme ouvert du premier Verdi, une Caballé alliant force et sensibilité, une Norman à la douceur vulnérable dans sa cavatina et un Carreras « parfait » en Corrado ; Mastromei est jugé un peu en retrait mais suffisant en Seid.

Renato Palumbo — 2004
Format : DVD vidéo (existe aussi en 2 CD)
Label : Dynamic
Référence : 33468 (DVD, 2005) ; CD 468/1-2
Année d’enregistrement : 2004 (enregistrement public, juin 2004, Teatro Regio di Parma, dans le cadre du festival Verdi)
Distribution :
- Corrado : Zvetan Michailov, ténor
- Medora : Michela Sburlati, soprano
- Gulnara : Adriana Damato, soprano
- Seid : Renato Bruson, baryton
- Giovanni : Arturo Cauli, basse
- Selimo : Gianluca Floris, ténor
- Un eunuque noir et un esclave : Marcelo Puente, ténor
Direction : Renato Palumbo
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Regio di Parma
Langue : italien
Particularité :
Captation scénique d’une mise en scène presque entièrement située sur un navire, dans l’édition critique d’Elizabeth Hudson. MusicWeb y trouve en Adriana Damato le principal atout, une Michela Sburlati pure et alanguie en Medora, un Renato Bruson acteur intense mais à la voix désormais relâchée, et un Zvetan Michailov solide mais forçant dans son air du premier acte ; la direction de Palumbo, attentive à la mélodie verdienne, garde le drame en mouvement, et le chœur est jugé vigoureux et idiomatique.

Carlo Montanaro — 2008
Format : vidéo (DVD / Blu-ray)
Label : C Major Entertainment (collection « Tutto Verdi », avec Unitel Classica)
Référence : 722408 (DVD) ; 722504 (Blu-ray)
Année d’enregistrement : 2008 (enregistrement public, Teatro Regio di Parma, 19 et 21 octobre 2008)
Distribution :
- Corrado : Bruno Ribeiro, ténor
- Medora : Irina Lungu, soprano
- Gulnara : Silvia Dalla Benetta, soprano
- Seid : Luca Salsi, baryton
- Giovanni : Andrea Papi, basse
- Selimo : Gregory Bonfatti, ténor
- Un eunuque noir et un esclave : Angelo Villari, ténor
Direction : Carlo Montanaro ; mise en scène de Lamberto Puggelli, décors de Marco Capuana, costumes de Vera Marzot, lumières d’Andrea Borelli ; réalisation vidéo de Tiziano Mancini
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Regio di Parma (chef de chœur : Martino Faggiani)
Langue : italien
Particularité :
Captation scénique réalisée dans le cadre de l’intégrale « Tutto Verdi » du Teatro Regio di Parma, dans la mise en scène de Lamberto Puggelli, située en grande partie sur un navire dont les voiles et le gréement servent aux changements de décor. MusicWeb y trouve un Bruno Ribeiro à la voix claire et au bon style verdien, une Irina Lungu parfois frémissante, une Silvia Dalla Benetta à la voix chaude et égale, un Luca Salsi qui gagne en couleur et joue avec conviction, et une direction de Montanaro qui tire des phrases bien dessinées de l’orchestre.
Postérité :
L’ouvrage est resté rare. Après quelques reprises en Italie, notamment à Milan et à Turin en 1852, il n’a été donné pour la première fois en Grande-Bretagne qu’en 1966 et aux États-Unis qu’en 1981. La critique reste partagée : Budden y voit un récit plutôt qu’un drame, Kimbell une œuvre légère et esquissée au regard des trois opéras qui précèdent, malgré une écriture d’airs plus imaginative, et Roger Parker avance que sa structure dramatique, arrêtée dès 1846, avant Macbeth, explique son aspect un peu désuet. Operadis recense quinze enregistrements, dont deux captations vidéo réalisées à Parme (2004 et 2008).
Sources :
Wikipedia — Il corsaro ; Operadis — Verdi, Il corsaro ; Gramophone — Gardelli (Philips) ; MusicWeb International — Palumbo (Dynamic) ; MusicWeb International — Montanaro (C Major) ; livret de l’édition C Major (Anselm Gerhard).





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