Format :
- Singspiel (opéra allemand) en trois actes, TVWV 21:24.
- Musique : Georg Philipp Telemann.
- Livret : Johann Samuel Müller.
- Langue : allemand.
Création :
26 mai 1728, Hambourg, Opéra du Gänsemarkt.
Telemann, alors établi à Hambourg, compose Miriways pour la scène du Gänsemarkt. L’autographe est perdu ; la plus ancienne source musicale est une copie de la partition de provenance hambourgeoise datée de 1728, aujourd’hui conservée à la Staatsbibliothek de Berlin.
Livret :
Johann Samuel Müller, alors recteur de l’école municipale d’Uelzen (plus tard recteur du Johanneum de Hambourg), a écrit le texte à partir d’un sujet d’actualité : l’ascension de Mir Wais Hotak, chef afghan de Kandahar qui souleva sa province contre la domination perse au début du XVIIIe siècle. Les événements de Perse étaient largement commentés en Europe, et le livret imprimé de 1728 se réfère à ces récits. L’intrigue romanesque (amours croisées, enfant perdu, apparition du fantôme du chah Abbas Ier en deus ex machina) est en revanche une invention du librettiste.
Intrigue :
- Acte I : Miriways, prince de Kandahar devenu protecteur de la Perse, s’est installé à Ispahan avec sa compagne secrète Samischa. Il offre la couronne de Perse à Sophi, fils du chah déposé, à condition qu’il épouse la femme qu’il lui destine. Sophi refuse : il aime Bemira. Parallèlement, le prince tartare Murzah et le seigneur persan Zemir rivalisent pour gagner Nisibis, jeune veuve réfugiée à Ispahan.
- Acte II : Miriways s’efforce de fléchir Sophi, puis le menace ; Sophi ne cède pas. Zemir, intrigant, s’attribue les attentions secrètes de Murzah auprès de Nisibis. L’acte s’achève sur l’apparition du fantôme du chah Abbas Ier, qui annonce l’issue heureuse.
- Acte III : Un incendie dans un pavillon de jardin permet à Nisibis d’être sauvée par Murzah ; Zemir est démasqué comme menteur et le couple Murzah–Nisibis est réuni. Samischa et Nisibis comprennent que Bemira, élevée dans la famille de Nisibis, est la fille perdue de Miriways et de Samischa. Quand Miriways la présente comme sa fille, Sophi accepte avec joie le mariage imposé : Sophi et Bemira peuvent s’épouser, le pouvoir et l’amour sont enfin conciliés.
Enregistrement(s) :

Michi Gaigg — 2014
Format : 2 CD
Label : cpo
Référence : 777 752-2
Année d’enregistrement : 11, 16 et 17 mars 2012, Theater Magdeburg (enregistrement live, Magdeburger Telemann-Festtage).
Distribution :
- Miriways / Le Fantôme du chah Abbas Ier : Markus Volpert, baryton
- Sophi : Ulrike Hofbauer, soprano
- Bemira : Julie Martin du Theil, soprano
- Nisibis : Gabriele Hierdeis, soprano
- Murzah : Stefan Zenkl, baryton
- Samischa : Ida Aldrian, mezzo-soprano
- Zemir : Susanne Drexl, mezzo-soprano
- Un envoyé / Scandor : Ilja Werger, ténor
Direction : Michi Gaigg
Orchestre : L’Orfeo Barockorchester
Langue : allemand
Particularité :
Première intégrale enregistrée de l’œuvre, captée en direct lors de la reprise scénique des Telemann-Festtage de Magdeburg. L’orchestre sur instruments d’époque, dirigé par Michi Gaigg, est salué pour sa transparence et la fraîcheur de son énergie. Le disque intercale quelques pièces instrumentales empruntées à la suite TWV 50:4 de Telemann (rigaudon, gravement) pour évoquer les ballets suggérés par le livret.

Bernard Labadie — 2020
Format : 2 CD
Label : Pentatone
Référence : PTC 5186842 (parution : 8 mai 2020)
Année d’enregistrement : 2017, Telemann-Festival de Hambourg (enregistrement live).
Distribution :
- Miriways : André Morsch, baryton
- Sophi : Robin Johannsen, soprano
- Bemira : Sophie Karthäuser, soprano
- Nisibis : Lydia Teuscher, soprano
- Murzah : Michael Nagy, baryton
- Samischa : Marie-Claude Chappuis, mezzo-soprano
- Zemir : Anett Fritsch, soprano
- Le Fantôme / Scandor : Dominik Köninger, baryton
- Un envoyé : Paul McNamara, ténor
Direction : Bernard Labadie
Orchestre : Akademie für Alte Musik Berlin
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement live issu du Telemann-Festival de Hambourg de 2017, où l’œuvre est revenue pour la première fois dans la ville de sa création ; les applaudissements sont conservés. Distribution de chanteurs d’envergure internationale et orchestre berlinois sur instruments anciens ; la critique y relève une exécution vive et alerte, avec des cors particulièrement frappants.
Postérité :
Oubliée après le XVIIIe siècle, l’œuvre a été tirée de son long sommeil par une exécution en concert aux Magdeburger Telemann-Festtage en 1992. Vingt ans plus tard, ces mêmes Festtage en ont donné la première mise en scène moderne (2012), dont est issu le premier enregistrement. Miriways a ensuite été donné au Telemann-Festival de Hambourg en 2017, avant la parution du second enregistrement, en 2020.






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