Format :
- Opérette en trois actes.
- Musique : Johann Strauss II.
- Livret : Hugo Wittmann et Julius Bauer.
- Langue : allemand.
Création :
10 janvier 1893, Theater an der Wien, Vienne.
Début 1892, Strauss vient de connaître une déception avec son unique opéra, Ritter Pásmán, joué neuf fois seulement à l’Opéra de la Cour. Il se tourne donc de nouveau vers l’opérette. Il termine la partition à l’automne 1892 et les répétitions commencent au Theater an der Wien sous la direction du chef Adolf Müller jr. Lors de la première répétition en costumes, Strauss est surpris par les dialogues parlés, qui lui semblent peu accordés à sa conception musicale, et il aurait dit que ce livret n’avait nullement besoin de musique. La première a lieu en présence de l’empereur François-Joseph, et c’est la première fois que le théâtre utilise la lumière électrique. Fürstin Ninetta est la douzième des quinze opérettes de Strauss et la première qu’il ne dirige pas lui-même. L’ouvrage rencontre le succès et atteint 76 représentations à la Theater an der Wien ; une douzaine d’autres scènes autrichiennes le reprennent.
Livret :
Hugo Wittmann et Julius Bauer, auteurs alors très en vue à Vienne, fournissent à Strauss l’intrigue et les textes chantés, mais pas les dialogues, dont Julius Bauer garde les détails secrets. L’action se passe en 1890 dans un hôtel de bord de mer à Sorrente, en Italie. La partition, selon le livret du disque Naxos, a des points communs avec plusieurs autres œuvres de Strauss : Der Carneval in Rom, Die Fledermaus, Prinz Methusalem, Das Spitzentuch der Königin, Der lustige Krieg, Eine Nacht in Venedig et Simplicius.
Intrigue :
- Acte I : Dans le hall d’un élégant hôtel de bord de mer à Sorrente, le baron Mörsburg observe Adelheid et son fiancé Ferdinand, qui doivent se marier le soir même dans l’hôtel. Le baron reçoit un télégramme de son amie la princesse Ninetta Campocasso, veuve d’un prince italien mais d’origine russe, qui lui demande de lui réserver une chambre. Ninetta arrive habillée en jeune homme sous le nom de Carlino : le baron la reconnaît, mais les autres clients la prennent pour un garçon, ce qui éveille aussitôt l’intérêt des dames. Arrivent les parents des fiancés, Anastasia Knapp (mère de Ferdinand) et Prosper Möbius (père d’Adelheid), tous deux veufs et jadis amoureux sans avoir pu se marier. Surviennent aussi Cassim Pascha, ancien ministre égyptien des Finances devenu hypnotiseur dans un cirque ambulant, et son serviteur Rustan ; le baron reconnaît en lui un vieil ami, le noble russe Tatischeff, et les clients l’appellent « le Turc ». Dans le premier finale, le consul allemand Rübke, qui doit célébrer le mariage, constate qu’Anastasia a épousé Prosper la veille à Nice : Ferdinand et Adelheid seraient donc demi-frère et demi-sœur et ne pourraient se marier, sauf si leurs parents divorcent. Or le divorce ne se justifie légalement que par l’infidélité ou la violence, et les parents ne veulent pas avouer des fautes qu’ils n’ont pas commises.
- Acte II : Sur la terrasse de l’hôtel, avec le Vésuve fumant à l’arrière-plan, Ferdinand dessine le visage de la princesse Ninetta. Le serveur Emilio raconte qu’un mystérieux homme a volé et tué des touristes sur le chemin du volcan. Ninetta paraît cette fois en jeune femme ; lord Plato, qui a parié de ne pas parler, ne dit que « Hum ». Cassim, charmé, lui apprend à hypnotiser et l’invite à une excursion vers le volcan, ce qui fait soupçonner à Emilio qu’il est le brigand Fra Diavolo. Ninetta revient en garçon et chante, en s’adressant au public, la tragédie d’être née fille, ce qui lui vaut l’admiration d’Anastasia. Cassim part chercher Ninetta sur la plage et en revient avec sa canne mais sans elle : au second finale, les clients, convaincus qu’il est le brigand, l’accusent d’avoir assassiné Ninetta, Carlino et la princesse, tandis que Cassim déclare avoir acheté l’hôtel.
- Acte III : Dans la salle de banquet, un bal s’ouvre sur une tarantelle ; Cassim chante une valse sur la polygamie et un ballet d’enfants suit, avec la Pizzicato-Polka. Devant tous, le baron Mörsburg révèle la double identité de Ninetta : la séduisante jeune femme et le beau garçon qui troublait ces dames ne font qu’une seule et même personne. Anastasia gifle Prosper, et le baron s’écrie que c’est le motif du divorce : les jeunes gens pourront se marier. Cassim et Ninetta découvrent qu’ils sont cousins et se disputent inutilement pour le même héritage. Tout s’achève par un heureux dénouement général.
Enregistrement(s) :

Valéria Csányi — 2007
Format : 2 CD, opérette complète sans dialogues (58 min 03 + 45 min 12).
Label : Naxos
Référence : 8.660227-28
Année d’enregistrement : 7 octobre 2007, en public, Berwaldhallen, Stockholm.
Distribution :
- Ninetta Campocasso : Tua Åberg, soprano
- Anastasia Knapp : Elin Rombo, soprano
- Adelheid Möbius : Henriikka Gröndahl, soprano
- Cassim Pascha / Lord Plato : Jesper Taube, baryton
- Ferdinand Knapp : Fredrik Strid, ténor
- Prosper Möbius : Göran Eliasson, ténor
- Baron Mörsburg : Ola Eliasson, baryton
- Emilio / Consul Rübke : Samuel Jarrick, baryton
- Wirth (aubergiste) : Michael Axelsson, ténor
- Quästor : Anders Blom, ténor
- Rustan : Kristina Martling, contralto
- Laura : Katarina Wedin-Nilsson, soprano
Direction : Valéria Csányi
Orchestre : Stockholm Strauss Orchestra (premier violon : Ann-Marie Lysell) ; Ninetta Chorus (chef de chœur : Bo Wannefors)
Langue : allemand
Particularité :
L’orchestre a utilisé la partition Cranz et le matériel d’orchestre daté du 7 avril 1893. Seule différence avec la partition : dans le premier finale, Strauss emploie pendant huit mesures un orgue de Barbarie, remplacé ici par un accordéon. L’absence de dialogues revient, selon le livret, à la conception musicale d’origine. Valéria Csányi, née à Budapest en 1958, est chef à l’Opéra d’État hongrois, surtout pour le ballet. La critique de MusicWeb International recommande vivement le disque, loue le Cassim de Jesper Taube, le chœur et l’orchestre, et note que l’on entend de légers applaudissements entre les actes.
Postérité :
Après le succès de la création, l’œuvre semble n’avoir plus été jouée après 1905, selon le livret du disque, qui écrit avec humour que la Belle au bois dormant a dormi cent ans, Fürstin Ninetta cent deux. La critique attribue cet oubli plus au livret qu’à la musique. Ce disque est le seul enregistrement de l’œuvre recensé par la discographie Operadis.




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