Format :
- Genre : opéra historico-romantique (« große historisch-romantische Oper ») en 3 actes dans sa version définitive de 1837 (2 actes en 1829).
- Musique : Gaspare Spontini
- Livret : Ernst Raupach, révisé par Carl August von Lichtenstein pour la version de 1837
- Langue : allemand (titre original : Agnes von Hohenstaufen) ; version italienne pour la reprise de 1954
Création :
12 juin 1829, Königliches Opernhaus de Berlin (version en deux actes, donnée à l’occasion du mariage du prince Guillaume de Prusse avec Augusta de Saxe-Weimar), avec notamment Anna Milder-Hauptmann (Irmengard), Eduard Devrient (Philippe Auguste) et Heinrich Blume (l’Empereur).
Spontini, directeur général de la musique à Berlin depuis 1820, n’en avait présenté qu’un premier acte inachevé le 18 mai 1827. Il remania profondément l’ouvrage en une version en trois actes, créée à la Hofoper de Berlin le 6 décembre 1837 : ce fut son dernier opéra. La partition ne fut jamais imprimée, ce qui explique en grande partie que l’œuvre soit restée ignorée des autres théâtres.
Livret :
Le livret d’Ernst Raupach, qui le qualifiait d’« opéra historico-romantique », s’inscrit dans le groupe des opéras allemands à sujet médiéval (Euryanthe, Tannhäuser, Lohengrin) tout en empruntant beaucoup au grand opéra français. Il mêle des événements de l’époque des Hohenstaufen : la réconciliation de l’empereur Henri VI avec Henri le Lion, le mariage secret du fils de celui-ci avec Agnès, et les intrigues autour de l’alliance française.
Intrigue :
- Acte I (Mayence) : L’empereur Henri VI rassemble ses troupes contre le Welf Henri le Lion. Agnès, sa cousine, est promise à Henri, fils du Lion, mais la guerre menace cette union. Henri arrive déguisé en troubadour. Un ambassadeur français propose l’union d’Agnès avec son roi, Philippe Auguste ; l’empereur accepte et annonce les fiançailles lors d’un banquet. Henri, furieux, révèle son identité : l’empereur le condamne à mort et envoie Agnès au couvent, ce qui provoque une révolte des nobles.
- Suite de l’action : On offre à Henri la vie sauve s’il renonce à Agnès et s’exile ; il refuse. Il s’évade, est capturé, puis défié en duel par l’ambassadeur ; l’empereur ordonne secrètement sa mort. Henri s’échappe et épouse Agnès dans une église, où l’archevêque empêche le duel. Le couple est repris pendant sa fuite. Henri blesse mortellement l’ambassadeur, qui se révèle être Philippe Auguste en personne, venu voir sa fiancée. Irmengard, mère d’Agnès, annonce le mariage ; nouvelle révolte des nobles, mais Henri tire l’épée pour défendre l’empereur. Henri le Lion annonce la prise de Mayence et se soumet ; le roi mourant pardonne au jeune Henri. L’empereur bénit le couple et appelle ses sujets à une expédition en Italie.
Enregistrement(s) :

Gui — 1954
Format : 2 CD
Label : Melodram (« Live Recordings »)
Référence : MEL 27055
Année d’enregistrement : 9 mai 1954, en public, Teatro Comunale, Florence
Distribution :
- Agnese : Lucilla Udovich (Udovick sur la pochette), soprano
- Irmengarda : Dorothy Dow, soprano
- Enrico di Braunschweig : Franco Corelli, ténor
- Filippo di Hohenstaufen : Francesco Albanese, ténor
- Il Duca di Borgogna (Re di Francia) : Enzo Mascherini, baryton
- Enrico il Leone : Anselmo Colzani, baryton
- L’Imperatore Enrico VI : Giangiacomo Guelfi, baryton
- L’Arcivescovo di Magonza : Arnold van Mill, basse
- Il castellano : Jorge Algorta
- Teobaldo : Valiano Natali
- L’araldo : Valerio Meucci
- Primo giudice : Lido Pettini
- Secondo giudice : Raniero Rossi
Direction : Vittorio Gui
Orchestre : Orchestra e Coro del Maggio Musicale Fiorentino
Langue : italien
Particularité :
Captation de la reprise de l’œuvre au Maggio Musicale Fiorentino, la première depuis le XIXe siècle, dans une version italienne sensiblement abrégée. Lucilla Udovich y faisait ses débuts à l’opéra, aux côtés d’un Franco Corelli déjà remarqué. Enregistrement en son monophonique, également réédité par Myto, IDIS et Walhall. Les bases de données discographiques (Operadis) attribuent certains rôles différemment ; la distribution ci-dessus suit celle de la pochette Melodram.
Postérité :
Accueillie de façon contrastée à Berlin — certains la jugeaient « sans exemple manquée », d’autres l’admiraient —, l’œuvre disparut de l’affiche après le départ de Spontini en 1841 et ne retrouva la scène qu’à Florence en 1954, sous la direction de Vittorio Gui, avant une reprise en 1974 avec Leyla Gencer sous la baguette de Riccardo Muti ; Muti l’avait déjà dirigée à la radio en 1970 avec Montserrat Caballé. Elle fut redonnée en allemand à Erfurt en juin 2018, avec une ouverture récemment retrouvée à Copenhague. On lui reconnaît une influence sur Meyerbeer et Wagner.
Sources :
Operadis — Agnes von Hohenstaufen · Wikipedia (en) · Wikipedia (de) · Opera Today — Agnese di Hohenstaufen · Revierpassagen — Erfurt 2018 · Wikipedia — Lucilla Udovich · Pochette Melodram MEL 27055.

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