Format :
- Tragédie lyrique en trois actes.
- Musique : Gaspare Spontini.
- Livret : Charles Brifaut et Michel Dieulafoy, d’après la tragédie Olympie de Voltaire.
- Langue : français.
Création :
22 décembre 1819, Paris, Académie royale de musique (première version, à fin tragique).
Avec Mme Branchu, Nourrit père et Dérivis, l’ouvrage ne connaît que sept représentations, la fréquentation chutant de 7 836 à 2 135 francs de recette. L’assassinat du duc de Berry (13 février 1820) et l’hostilité de la presse libérale précipitent son retrait ; Spontini quitte Paris pour Berlin. Il y révise l’ouvrage sur une version allemande d’E.T.A. Hoffmann (Olimpia, Opéra royal de Berlin, 14 mai 1821), au dénouement heureux et à la fin du troisième acte profondément remaniée, qui rencontre un grand succès. Une synthèse des versions de Paris et de Berlin, « retraduite » en français, est donnée à l’Académie royale de musique le 27 février 1826 (Adolphe Nourrit, Laure Cinti-Damoreau, Mme Branchu dans Statira) ; elle ne sera jouée que cinq fois.
Livret :
Le livret de Brifaut et Dieulafoy suit de près l’Olympie de Voltaire (1761-1762), pièce relativement méconnue du dramaturge. Il s’en écarte surtout à la scène finale : le suicide de Cassandre chez Voltaire est remplacé, en 1819, par la transfiguration des ombres d’Olimpie et de Statira, qui se réunissent à l’ombre d’Alexandre dans le « temple de mémoire ». La version de Berlin (1821) fait d’Antigone le véritable coupable de la mort d’Alexandre et accorde à Cassandre et Olimpie un dénouement heureux, que retient la version de 1826 enregistrée ici.
Intrigue :
- Acte I : Quinze ans après la mort d’Alexandre le Grand, ses généraux rivaux Cassandre et Antigone se réconcilient publiquement. Cassandre s’apprête à épouser Olimpie, fille d’Alexandre qu’il a sauvée au berceau et qui lui rend son amour. Dans le temple de Diane, la vénérable prêtresse Arzane rompt la cérémonie nuptiale en lançant une malédiction ; Cassandre, qui connaît sa véritable identité, se trouble lorsqu’elle dénonce « l’assassin de son roi ».
- Acte II : Sommée de s’expliquer, Arzane révèle qu’elle est Statira, veuve d’Alexandre, et accuse Cassandre du meurtre du roi. Elle espère retrouver sa fille unique ; sa rencontre avec Olimpie, dont elle ne soupçonne pas l’identité, la bouleverse. Cassandre confirme que la jeune fille est bien la sienne et jure avoir retiré le poignard du sein de la reine. Antigone annonce que Statira remontera sur le trône avec sa fille, mais condamne publiquement Cassandre à mort.
- Acte III : Le Hiérophante met Olimpie à l’abri des soldats qui menacent le temple. Partagée entre son amour et sa loyauté envers sa mère, elle refuse la main d’Antigone et fait vœu de se consacrer à la déesse. Cassandre, libéré, affronte Antigone en duel. Mortellement blessé, Antigone avoue publiquement ses crimes ; Cassandre, innocenté, peut épouser Olimpie.
Enregistrement(s) :

Rhorer — 2019
Format : 2 CD + livre de 168 pages (édition limitée à 3 500 exemplaires)
Label : Palazzetto Bru Zane (collection « Opéra français », vol. 20)
Référence : BZ 1035
Année d’enregistrement : 2016 (31 mai, 1er et 2 juin 2016, Philharmonie de Paris ; publié en 2019)
Distribution :
- Olimpie : Karina Gauvin, soprano
- Statira : Kate Aldrich, soprano
- Cassandre : Mathias Vidal, ténor
- Antigone : Josef Wagner, basse
- L’Hiérophante / Un Prêtre : Patrick Bolleire, basse
- Hermas : Philippe Souvagie, basse
Direction : Jérémie Rhorer
Orchestre : Le Cercle de l’Harmonie (instruments d’époque) ; Flemish Radio Choir (préparation du chœur : Hervé Niquet ; chef de chant : Nathalie Steinberg)
Langue : français
Particularité :
Enregistrement de la version parisienne de 1826, d’après la nouvelle édition critique de Federico Agostinelli (Fondazione Pergolesi Spontini, Jesi, en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane). Deux coupures ont été faites : dans l’acte I, la fin de la scène 7 (airs de danse et Bacchanale de la cérémonie nuptiale) ; dans l’acte III, la première partie de la scène 9 (grande Marche triomphale, Pas de Cinq et Pas de Trois). MusicWeb International y voit une parution « exceptionnelle » et loue Karina Gauvin, Kate Aldrich et la qualité des instruments d’époque et du chœur.
Postérité :
Si la version de Berlin (1821) a assuré à l’œuvre un vrai succès en Allemagne, ses versions parisiennes n’ont pas tenu l’affiche. La dernière, celle de 1826, a servi de base aux exécutions et aux mises en scène des cent cinquante dernières années, souvent avec des coupures. D’après Wikipedia, l’ouvrage a été enregistré en italien (Olimpia) à la Scala en 1966 (Molinari-Pradelli), puis en 1984 par Gerd Albrecht (Orfeo). L’enregistrement de Jérémie Rhorer (2019) restitue la version française de 1826 d’après l’édition critique d’Agostinelli.
Sources :
Livret-livre du coffret (Olivier Bara, Gérard Condé, Federico Agostinelli) · MusicWeb International · Wikipedia · Palazzetto Bru Zane.






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