Note personnelle : ,

Stenhammar, Wilhelm — Gillet på Solhaug (1899)

Format :

  • Drame lyrique en trois actes, op. 6.
  • Musique : Wilhelm Stenhammar.
  • Livret : d’après la pièce Gildet paa Solhaug (La Fête à Solhaug) d’Henrik Ibsen ; le texte de la pièce est mis en musique tel quel, sans versification.
  • Langue : norvégien (version d’Ibsen de 1883).

Création :

Avril 1899, Stuttgart, Hoftheater (sous le titre Das Fest auf Solhaug).
Stenhammar commence l’œuvre au printemps 1892 et l’achève à l’été 1893 ; le dernier acte est daté d’octobre 1896 pour la partition d’orchestre. Les opéras de Copenhague, Berlin et Stockholm ayant décliné l’ouvrage, c’est l’Opéra de la Cour de Stuttgart qui le crée, avec un bon succès (salle comble, critiques positives) mais sans diffusion ultérieure en Allemagne. La première suédoise a lieu à l’Opéra royal de Stockholm à la fin d’octobre 1902, sous la direction du compositeur, dans une traduction de Sigrid Elmblad (avec Matilda Jungstedt, Sven Nyblom, Paula Lindberg et Carl August Söderman).

Livret :

Stenhammar s’appuie sur la version remaniée de 1883 du drame de jeunesse d’Ibsen (première version : 1856), pièce nourrie de ballades et de contes populaires, et la met en musique directement, sans versification préalable : l’ouvrage relève des « opéras littéraires », genre qui apparaît au début du XXe siècle (Pelléas et Mélisande, Wozzeck). Il l’avait conçu comme cadeau de mariage pour sa fiancée Signe (« Pour Signe » devait figurer en page de titre), mais les fiançailles furent rompues en 1896 et la dédicace disparut de la partition pour piano publiée cette année-là. Stenhammar prit ensuite ses distances avec son œuvre, la jugeant bonne « pour le cercle d’amis plus intime ».

Intrigue :

  • Acte I : Dans la grande salle de Bengt Gautesøn, à Solhaug, on s’apprête à fêter les trois ans de son mariage avec Margit. Erik de Hægge demande pour Knut Gæssling la main de Signe, la sœur de Margit ; Margit refuse de la lui imposer, mais Knut, invité à la fête, promet de s’amender. Gudmund Alfsøn, ancien amour de Margit, arrive en fugitif : envoyé en France avec le chancelier Audun Hugleiksson pour ramener la fiancée du roi, il a vu le chancelier et la princesse s’aimer, puis trouvé un flacon de poison destiné au roi, et il a fui avant que le chancelier ne le dénonce. À Solhaug, l’amour de Margit pour lui se réveille ; Gudmund retrouve aussi Signe, la petite fille d’autrefois. À la demande de Margit, il chante un chant.
  • Acte II : Pendant la fête, Erik pousse Knut à capturer Gudmund sur ordre du roi, mais Knut préfère ne pas se brouiller avec Bengt. Gudmund et Signe s’avouent leur amour. Margit, qui a conçu l’idée de s’ôter la vie avec le flacon trouvé par Gudmund, feint de le jeter dans la rivière mais le garde. Knut apprend que Gudmund aime Signe : les deux hommes deviennent ennemis. Margit, bouleversée, s’évanouit après avoir chanté des chants qui font écho à son propre tourment.
  • Acte III : Même décor qu’à l’acte I. Margit, restée seule avec Bengt, verse le poison dans la coupe de bière destinée à celui-ci. Gudmund reconnaît la coupe que Margit lui avait un jour tendue et la fait tomber. Knut, qui s’est attaqué à Solhaug, est capturé par Bengt ; il assure ne s’être défendu que contre sa fureur, et Margit n’exige de lui que le renoncement à Signe. Un messager du roi invite Gudmund à la cour, où il sera comblé ; le chancelier, dont les intrigues ont été découvertes, est puni de mort. Margit unit Gudmund et Signe, qui quittent Solhaug, la laissant seule.

Enregistrement(s) :
Stenhammar, Gillet på Solhaug, Schaefer, Sterling

Schaefer — 2016

Format : 3 CD
Label : Sterling (« The Romantic Opera in Sweden », vol. 7)
Référence : CDO 1108/1110-2
Année d’enregistrement : 2015 (août 2015, De Geer-salen, Norrköping ; publié en 2016)
Distribution :

  • Gudmund Alfsøn : Per-Håkan Precht, ténor
  • Signe : Karolina Andersson, soprano
  • Margit : Matilda Paulsson, mezzo-soprano
  • Bengt Gautesøn : Fredrik Zetterström, baryton
  • Erik fra Hægge / Huskarl : Erik Lundh, baryton
  • Knut Gæssling : Mathias Zachariassen, ténor
  • Le Messager du roi : Anton Ljungqvist, baryton-basse

Direction : Henrik Schaefer
Orchestre : Symphony Orchestra of Norrköping ; Musikaliska Sällskapets Kammarkör (chef : Henrik Bergion), Akademiska kören Linköping (chef : Marie-Louise Beckman), Norrköpings Vokalensemble
Langue : norvégien

Particularité :

Première mondiale au disque, d’après l’édition critique d’Anders Wiklund, réalisée en coopération avec la Radio suédoise. Selon MusicWeb International, c’est le seul enregistrement complet d’un opéra de Stenhammar : le critique juge l’acte I le plus faible, l’acte II plus captivant et l’acte III le plus fort, loue la diction des solistes et qualifie l’ensemble de « bon sinon exceptionnel ». Le livret du coffret est en suédois, anglais et allemand.

Postérité :

À sa création suédoise, le critique Wilhelm Peterson-Berger voit dans l’ouvrage une « forme mixte, un bâtard » entre drame musical et opéra, tout en y relevant de brillants moments. Stenhammar, très affecté par les critiques de son opéra Tirfing (1898), déclina plus tard une commande d’opéra et n’écrivit plus que de la musique de scène pour le théâtre. Gillet på Solhaug est l’un des nombreux essais nordiques d’unir le drame wagnérien et la tradition nationale romantique.

Sources :

Livret du coffret (Anders Wiklund) · MusicWeb International · Wikipedia.

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