Note personnelle : ,

Smetana, Bedřich — Čertova stěna (1882)

Format :

  • Opéra comico-romantique (komicko-romantická opera) en 3 actes.
  • Musique : Bedřich Smetana (1824 – 1884).
  • Livret : Eliška Krásnohorská.
  • Langue : Tchèque.

Création :

29 octobre 1882, Nouveau Théâtre tchèque (Nové české divadlo), Prague.
Pour le compositeur, ce fut une ultime déception : devenu sourd et malade, il dut constater le peu de soin apporté aux répétitions et à la mise en scène. L’opéra fut retiré de l’affiche après cinq représentations, et ce n’est que plus tard que les générations suivantes en reconnurent la qualité.

Livret :

Smetana avait écarté plusieurs propositions de sa librettiste (Viola restait alors en attente) et réclamé un sujet comique. Eliška Krásnohorská choisit un récit situé au XIIIe siècle dans les domaines des Rožmberk, mêlant personnages historiques et intrigue fictive, avec la magie et l’amour pour moteurs. Le point de départ est la légende du Mur du diable (Čertova stěna), formation rocheuse que le diable aurait élevée pour barrer la Vltava, afin de submerger le monastère de Vyšší Brod. L’élément sacré et l’élément diabolique jouent un rôle central, notamment avec Rarach, le diable, et l’ermite Beneš. Smetana voulait un livret plus léger et plus humoristique que ceux du Baiser et du Secret ; Krásnohorská jugeait cet humour trop pesant. Le compositeur, de santé déclinante, opéra plusieurs coupures et retouches, laissant certains passages du texte peu clairs.

Intrigue :

  • Acte I : Michálek, intendant du château de Rožmberk, et le chevalier Jarek pressent leur maître, Vok Vítkovic, de se marier ; refusé jadis par la comtesse de Šauenburk, Vok est resté seul. Jarek jure de ne pas se marier tant que son maître n’aura pas trouvé d’épouse, ce qu’entend l’ermite Beneš, en réalité le diable Rarach. Le vrai Beneš, de son côté, se dispute avec Rarach sur l’identité du véritable diable. Le serment de Jarek attriste Katuška, fille de Michálek, et celui-ci tente de nouveau de pousser Vok au mariage ; quand Katuška avoue aimer Jarek, Vok veut organiser ses noces, mais le serment fait obstacle. Rarach-Beneš demande l’abbatiat du nouveau monastère et promet en échange de délier Jarek. On apprend la mort de la comtesse de Šauenburk, qui a fait de Vok le tuteur de sa fille Hedvika ; Vok envoie le jeune Záviš la chercher et se rappelle son ancien amour.
  • Acte II : Jarek quitte Rožmberk pour échapper à Katuška, mais, déguisé en berger, Rarach l’endort et le ramène au château. Michálek voudrait que Katuška épouse Vok ; elle supplie son père de convaincre le seigneur d’épouser Hedvika, tandis que Rarach poursuit ses intrigues. Beneš ne pense qu’à acquérir la fortune de Vok et l’abbaye. Záviš arrive avec Hedvika, et Vok, enchanté par l’image de sa mère, s’éprend d’elle, ce qui menace de nouveau les plans de Rarach et de Beneš. Vok accepte de devenir moine, mais laisse la décision à Hedvika, déclarant qu’il ne prononcera pas ses vœux si celle qu’il aime vient le trouver avant.
  • Acte III : Au nouveau monastère, Vok fait ses adieux à Záviš, persuadé que Záviš et Hedvika s’aiment, et cède la place au plus jeune. Jarek et Katuška amènent Hedvika, qui avoue son amour pour Vok. Beneš comprend qu’il a laissé le diable le séduire par le désir de richesse. Rarach veut s’introduire dans le monastère, mais Beneš lui barre la route ; Rarach appelle les esprits des enfers pour bâtir un barrage sur la Vltava. Hedvika et Jarek traversent la rivière sur une passerelle pour sauver Vok. Beneš et Vok sortent, Beneš fait le signe de croix, chasse les démons et fait s’écrouler le Mur du diable. Plus rien ne s’oppose à l’amour des deux couples, et un envoyé royal annonce que Vok est nommé gouverneur d’Autriche, de Styrie et de Carinthie.

Enregistrement(s) :

Zdeněk Chalabala — 1960

Format : 2 CD, enregistrement en studio
Label : Supraphon
Référence : remastérisation 2024 (coffret Smetana – The Complete Operas, SU 4335-2)
Année d’enregistrement : 17 octobre – 2 décembre 1960, Studio Domovina, Prague
Distribution :

  • Vok Vítkovic (seigneur de Rožmberk) : Václav Bednář, baryton
  • Záviš Vítkovic : Ivana Mixová, contralto
  • Jarek (chevalier) : Ivo Žídek, ténor
  • Hedvika (comtesse de Šauenburk) : Milada Šubrtová, soprano
  • Michálek (intendant de Rožmberk) : Antonín Votava, ténor
  • Katuška (sa fille) : Libuše Domanínská, soprano
  • Beneš (ermite) : Karel Berman, basse
  • Rarach (le diable) : Ladislav Mráz, basse

Direction : Zdeněk Chalabala (chef de chœur : Milan Malý)
Orchestre : Orchestre et Chœur du Théâtre national de Prague
Langue : Tchèque

Particularité :

Enregistrement de studio de la troupe du Théâtre national de Prague avec Václav Bednář en Vok, Milada Šubrtová en Hedvika et Ivo Žídek en Jarek. Les bandes analogiques d’origine ont été remastérisées numériquement en 2024 par Aleš Dvořák (durée : 62 min + 74 min).

Postérité :

Après le retrait de l’affiche en 1882, l’opéra n’a été apprécié à sa juste valeur que par les générations suivantes. Le livret, qui souffre d’incohérences, n’a pas empêché que sa partition soit considérée comme l’une des plus belles de Smetana.

Sources :

Operadis — The Devil’s Wall ; livret de la remastérisation Supraphon 2024 (SU 4335-2).

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