Format :
- Drame musical (Musikdrama) en un acte, avec prologue et épilogue.
- Musique : Ethel Smyth (1858 – 1944).
- Livret : Ethel Smyth elle-même.
- Langue : Allemand.
Création :
9 avril 1902, Opéra de la Cour (Hofoper), Berlin.
Deuxième opéra de Smyth, composé spécialement pour l’Allemagne, ce qui explique l’usage de la langue allemande. La compositrice avait dû, pour se faire jouer, surmonter les préjugés des directeurs et des chefs d’orchestre à l’égard des femmes, mais aussi le climat défavorable aux Anglais pendant la guerre des Boers. L’ouvrage fut ensuite donné à Londres, au Royal Opera House, puis au Metropolitan Opera de New York (1903), faisant de Smyth la première femme dont un opéra y fut représenté.
Livret :
Smyth écrit elle-même le texte, avec le soutien de son ami de longue date Henry Brewster, philosophe franco-américain à qui elle dédie la partition et qui avait été son librettiste pour Fantasio. Entre le drame musical et l’opéra romantique allemand typique, avec prologue et épilogue, l’œuvre s’inscrit dans la tradition de Richard Wagner et de Johannes Brahms, que Smyth admirait. L’idée centrale est que la brève tragédie humaine n’est qu’un épisode dans la marche éternelle de la nature : la forêt, vue comme une mère, nourrit, protège et régénère. Smyth y oppose Röschen, jeune fille pure et douce, à Iolanthe, femme indépendante et dominatrice, dont le désir est perçu comme une menace.
Intrigue :
- Prologue : Les esprits de la forêt chantent leur propre éternité, par contraste avec la brièveté de toute chose humaine.
- Scènes 1 à 3 : Des paysans fêtent les noces prochaines de Röschen et du bûcheron Heinrich, quand un colporteur et son ours interrompent la danse pour vendre leurs marchandises. Une sonnerie de cor annonce l’arrivée d’Iolanthe, maîtresse du landgrave Rudolf, que l’on dit sorcière ; les paysans, terrifiés, s’enfuient. Peter, père de Röschen, est parti en ville ; la jeune fille s’enferme pour prier en attendant Heinrich, retenu dans la forêt.
- Scène 4 : Son fiancé rapporte un cerf braconné pour le mariage. Röschen est effrayée : le braconnage est puni de mort. Mais Heinrich se dit sûr de lui. Le colporteur, témoin de la scène, s’enfuit ; pendant que Heinrich cache la bête, Röschen, saisie d’un sombre pressentiment, devine qu’il est en danger.
- Scènes 5 à 7 : Iolanthe paraît soudain, a jeté son dévolu sur Heinrich et veut en faire son chasseur, mais il préfère rester avec Röschen. Le landgrave Rudolf, qui a suivi sa maîtresse, est froidement repoussé. Les villageois traînent le colporteur ; en découvrant le cerf caché, ils dénoncent le véritable braconnier au landgrave.
- Scènes 8 et 9 : Rudolf y voit l’occasion de se venger d’Iolanthe et de punir son rival ; il condamne Heinrich. Iolanthe menace alors Heinrich : s’il devient son amant, elle le sauvera ; sinon, il mourra. Röschen le presse de céder, mais il refuse de trahir sa fiancée et scelle ainsi son destin.
- Épilogue : Pour les esprits de la forêt, cet épisode n’a été qu’un battement de cils dans l’éternité de la nature.
Enregistrement(s) :

Patrick Hahn — 2024
Format : 1 CD (62 min 37 s)
Label : cpo (en coproduction avec Deutschlandfunk Kultur)
Référence : 555650-2
Année d’enregistrement : 2024, Opéra de Wuppertal
Distribution :
- Landgrave Rudolf : Samueol Park, baryton
- Iolanthe (sa maîtresse) : Edith Grossman, mezzo-soprano
- Heinrich (jeune bûcheron) : Sangmin Jeon, ténor
- Peter (bûcheron) : Erik Rousi, basse
- Röschen (sa fille, fiancée de Heinrich) : Mariya Taniguchi, soprano
- Un colporteur : Zachary Wilson, baryton
- Un jeune homme : Mira Ilina, soprano
- Un chasseur : Hak-Young Lee, baryton
Direction : Patrick Hahn
Orchestre : Sinfonieorchester Wuppertal, Chor der Oper Wuppertal
Langue : Allemand
Particularité :
Enregistrement publié en décembre 2025, issu de l’Opéra de Wuppertal où Patrick Hahn est directeur musical. La critique de MusicWeb International salue la mezzo Edith Grossman, le ténor Sangmin Jeon, le baryton Samueol Park (« à suivre »), la direction attentive de Hahn et une prise de son de très haute qualité, tout en regrettant l’absence du texte allemand et de sa traduction dans le livret.
Postérité :
Accueillie sans grand succès à Berlin en 1902, l’œuvre est ensuite tombée dans l’oubli, tout comme le reste de l’œuvre lyrique de Smyth, que la seconde vague du mouvement féministe a redécouvert dans les années 1980. Smyth poursuivit avec The Wreckers (Leipzig, 1906), puis The Boatswain’s Mate, avant d’abandonner progressivement la composition à cause de sa surdité croissante.
Sources :
MusicWeb International — Smyth, Der Wald ; Europadisc — Smyth, Der Wald ; livret du CD cpo 555650-2.






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