Format :
- Melodramma eroicomico (La testa di bronzo, o sia La capanna solitaria) en 2 actes.
- Musique : Carlo Evasio Soliva (1791 – 1853).
- Livret : Felice Romani.
- Langue : Italien.
Création :
3 septembre 1816, Teatro alla Scala, Milan, sous la direction de Vincenzo Lavigna, avec notamment Filippo Galli (Adolfo) et Claudio Bonoldi (Federico).
Soliva, diplômé du Conservatoire de Milan en 1815, signait là son premier opéra ; ce fut le sommet de sa carrière. Le succès fut immédiat : l’ouvrage resta à l’affiche de la Scala pendant 47 soirées, puis fut repris dans d’autres théâtres italiens ainsi qu’à Dresde (1818) et à Munich (1821). Stendhal en fut enthousiaste et jugea la musique la plus solide, la plus ardente et la plus dramatique qu’il eût entendue depuis longtemps.
Livret :
En avril 1816, la Scala lance un concours du meilleur melodramma, doté de 1000 lires. Le jury, présidé par Vincenzo Monti, couronne Felice Romani, bien que son texte n’ait pas été présenté au concours, et décide de le faire mettre en musique par le jeune Soliva. L’action se déroule en partie dans le palais d’Adolfo à Presburgo, en partie près de Heilsbrunn, sur le Danube. Le même livret fut mis en musique plus tard par Saverio Mercadante (Lisbonne, 1827).
Intrigue :
- Acte I : Au palais du prince Adolfo, à Presburgo, on prépare les noces d’Adolfo et de la comtesse Floresca, qui est en réalité secrètement mariée au capitaine Federico. Ermanno, conseiller du prince, organise la fuite de la jeune femme et cache Federico dans une trappe que l’on ouvre avec une clé insérée dans une tête de bronze. Le serviteur Tollo, en brossant les têtes, tourne la clé et découvre Federico, qui le menace d’un pistolet et s’enfuit. Quand Adolfo ordonne d’ouvrir la cachette, c’est Tollo, terrifié, qui en sort ; le prince soupçonne Ermanno de trahison et l’acte s’achève dans la tension.
- Acte II : Federico, déserteur dont la tête est mise à prix, cherche refuge près de la cabane d’Anna, tante de Tollo, tandis que les jardiniers le poursuivent sous la conduite de Tollo, qui l’épargne. Floresca, déguisée en capitaine, le rejoint et se fait reconnaître. Ermanno a préparé une barque pour traverser le Danube, mais Adolfo intervient ; Floresca le trompe en prenant des habits d’homme, puis se dévoile, et Federico est arrêté. Anna révèle que Federico est en réalité Giorgetto, un enfant trouvé qu’elle avait nourri ; le conseil le condamne à mort. Ermanno apprend alors à Adolfo que Federico est son fils illégitime, né d’Elisa. Des salves de mousquets retentissent et tous croient Federico mort, mais Riccardo avait fait charger les fusils à blanc : l’opéra s’achève sur la réconciliation générale.
Enregistrement(s) :

Angelo Campori — 1993
Format : 2 CD (environ 1 h 56 min)
Label : MGB (série Scena musicale svizzera / Musiques Suisses)
Référence : MGB 6114
Année d’enregistrement : 10 mars 1991, Auditorio de la Radiotelevisione della Svizzera Italiana, Lugano (publié en 1993)
Distribution :
- Adolfo (prince de Presburgo) : Bruno Balmelli, baryton
- Floresca (comtesse polonaise) : Alessandra Ruffini, soprano
- Federico (capitaine) : Enrico Cossutta, ténor
- Ermanno (conseiller d’Adolfo) : Thierry Félix, baryton
- Riccardo (officier de la garde) : Vincenzo Manno, ténor
- Tollo (serviteur) : Roberto Coviello, basse
- Anna (tante de Tollo) : Cettina Cadelo, soprano
Direction : Angelo Campori
Orchestre : Orchestra della Svizzera Italiana, Coro della Radiotelevisione della Svizzera Italiana, Gruppo Vocale Cantemus
Langue : Italien
Particularité :
Un des rares enregistrements officiellement publiés des opéras de Soliva, compositeur d’origine tessinoise, édité dans la collection Scena musicale svizzera consacrée au patrimoine musical suisse. La pochette reproduit un casque d’armure, en écho à la tête de bronze du titre. Les sources divergent sur la date exacte de la prise de son (1991 ou 1992).
Postérité :
Après ce succès initial, Soliva ne retrouva plus la même faveur avec ses opéras suivants, éclipsés par la gloire de Rossini. Il partit en 1821 pour Varsovie, où il dirigea l’école de chant du Conservatoire et créa, en 1830, le Concerto pour piano n° 1 de Chopin avec le compositeur au clavier. La testa di bronzo, sa première réussite, fut aussi la première de ses œuvres lyriques à être redécouverte à l’époque moderne.
Sources :
GBOpera — La testa di bronzo ; Libretti d’opera — La testa di bronzo ; Opera Collection — Soliva ; Sinfonía Virtual — Carlo Evasio Soliva ; Wikipedia — Carlo Evasio Soliva.






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