Format :
- Singspiel en un acte.
- Musique : Franz Schubert (D 787), composée en 1823.
- Livret : Ignaz Franz Castelli, d’après Lisistrata, ou Les Athéniennes de François-Benoît Hoffman, elle-même inspirée de la Lysistrata d’Aristophane.
- Langue : allemand (dialogues parlés et numéros chantés).
Création :
1er mars 1861, Vienne (Musikvereinssaal, sous la direction de Johann Herbeck) ; première scénique à Francfort la même année.
Schubert compose l’ouvrage en 1823, à une période où il traverse une grave maladie tout en multipliant les projets lyriques (Fierrabras date de la même année). L’œuvre n’est jamais montée de son vivant : elle n’est donnée qu’en privé, avec accompagnement de piano. Il faut attendre 1861, plus de trente ans après sa mort, pour une exécution publique, qui connaît alors un vif succès et fait de ce petit ouvrage l’un des singspiels de Schubert les plus joués.
Livret :
Castelli adapte la comédie française de Hoffman (Théâtre Feydeau, 1802), qui transposait la Lysistrata d’Aristophane, et déplace l’action au temps des Croisades : les dames d’un château décident de faire la grève de l’amour tant que leurs époux préféreront la guerre à leur compagnie. Le titre original, Die Verschworenen (« Les Conjurés »), ayant déplu à la censure, il fut remplacé par Der häusliche Krieg (« La Guerre domestique »). Schubert écrivit lui-même les dialogues parlés.
Intrigue :
- Acte unique : Les chevaliers sont de retour de la croisade, mais la comtesse Ludmilla, lasse de les voir ne parler que de guerre, réunit les dames du château et leur fait jurer de refuser toute marque d’affection à leurs maris tant qu’ils ne renonceront pas aux armes. Le messager Udolin, rentré auprès de sa bien-aimée Isella, s’introduit déguisé en femme dans l’assemblée pour espionner la conjuration. Les hommes, vexés, vont boire et feignent l’indifférence ; Ludmilla envoie Isella les épier, tandis qu’Astolf parvient à fléchir sa jeune épouse Helene, qui rompt son serment. Udolin et Isella piègent alors la comtesse en lui faisant essayer une armure, et le comte Heribert la surprend. Les dames, abusées, prennent à leur tour les armes, ce qui ruine leur propre stratagème ; Ludmilla s’avoue vaincue, les hommes déposent les leurs, les amoureux sont unis, et le comte conclut en invitant les femmes à laisser la guerre aux hommes.
Enregistrement(s) :

Heinz Wallberg — 1977
Format : CD (reprise d’un enregistrement de studio paru d’abord en LP)
Label : CPO (LP d’origine : EMI Electrola, collection « Die kleine Oper »)
Référence : CPO 999 554-2 (LP : EMI Electrola 1C 065 30743)
Année d’enregistrement : 1976-1977, studio, Munich.
Distribution :
- Graf Heribert von Lüdenstein : Kurt Moll, basse
- Gräfin Ludmilla : Edda Moser, soprano
- Helene : Gabriele Fuchs, soprano
- Isella : Elke Schary, soprano
- Udolin : Adolf Dallapozza, ténor
- Astolf von Reisenberg : Martin Finke, ténor
- Luitgarde : Gudrun Greindl-Rosner
- Camilla : Sunhild Rauschkolb
Direction : Heinz Wallberg
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : allemand
Particularité :
Longtemps la seule version de référence au disque, avec des dialogues parlés conservés. Wallberg est loué pour l’équilibre de la distribution et le sens du rythme dramatique ; Edda Moser en comtesse et Kurt Moll en comte offrent un luxe vocal rare pour ce répertoire. L’ouverture, redécouverte seulement en 1963, ne figure pas dans cette version, et le livret du disque ne reproduit pas les textes.

Christoph Spering — 1999
Format : CD
Label : Opus 111 (rééd. Naïve)
Référence : Opus 111 OPS 30-167 (rééd. Naïve OP 30167)
Année d’enregistrement : studio, ConcertStudio du DeutschlandRadio, Cologne (parution de l’album vers 1996-1997).
Distribution :
- Soile Isokoski, soprano
- Lisa Larsson, soprano
- Anke Hoffmann, soprano
- Mechthild Georg, alto
- Rodrigo Orrego, ténor
- Peter Lika, basse
- Rôles secondaires : Iris Kupke, Marion Steingötter, Susanne Behnes (sopranos), Andreas Fischer (ténor), Christian Dahm, Thomas Pfützner (basses)
Direction : Christoph Spering
Orchestre : Das Neue Orchester ; Chorus Musicus Köln
Langue : allemand
Particularité :
Version sur instruments d’époque, dans l’esprit des lectures historiquement informées de Spering, avec un plateau de jeunes voix légères parfaitement adaptées à cette partition : Soile Isokoski et Lisa Larsson y brillent dans les rôles féminins principaux. Le disque est présenté en français comme Les Conjurées.

Leon Botstein — 2014
Format : album numérique (enregistrement public)
Label : American Symphony Orchestra
Référence : —
Année d’enregistrement : 2014, en concert au Bard Music Festival (« Schubert and His World »), Fisher Center, Annandale-on-Hudson ; paru le 13 novembre 2014.
Distribution :
- Camille Zamora, soprano
- Deanna Breiwick, soprano
- Margaret O’Connell, Eliza Bagg, solistes féminines
- Kate Maroney, mezzo-soprano
- Nicholas Phan, ténor
- Marc Molomot, ténor
- Nathan Stark, basse
- Matthew Tuell, baryton
Direction : Leon Botstein
Orchestre : American Symphony Orchestra ; Bard Festival Chorale
Langue : allemand
Particularité :
Captation en concert, sans dialogues parlés, d’une durée d’environ une heure. Botstein fait précéder l’ouvrage de l’ouverture D 601, ce qui permet de l’entendre avec une ouverture, absente du disque de Wallberg. C’est la version la plus récente et la seule enregistrée sur le vif.
Postérité :
Après le succès de 1861, Die Verschworenen est devenu l’un des rares opéras de Schubert à avoir été régulièrement joué, souvent par des ensembles de conservatoire ou des petites compagnies, car la partition, lyrique et peu virtuose, convient bien aux voix jeunes. Les critiques y voient une comédie conjugale légère où l’on perçoit les influences de Mozart et de Cherubini, et dont les ensembles a cappella et la romance d’Helene comptent parmi les pages les plus appréciées.






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