Format :
- Intermezzo giocoso (opera buffa) en deux actes.
- Musique : Giuseppe Scarlatti (1718 ?-1777).
- Livret : Marco Coltellini (1719-1777), poète de cour.
- Langue : italien.
Création :
24 juillet 1768, théâtre baroque du château de Český Krumlov (Bohême du Sud).
L’ouvrage est commandé pour les noces de Johann Nepomuk Anton, fils aîné et héritier du prince Joseph Ier Adam de Schwarzenberg. Giuseppe Scarlatti, probablement neveu de Domenico Scarlatti et alors âgé d’une cinquantaine d’années, dirige lui-même la première ; la distribution réunit des amateurs de la cour : la princesse Maria Theresia de Schwarzenberg (Clarice), Antonia Scarlatti (Vespetta), le comte Salburg de Linz (Orazio) et Coltellini lui-même (Patrizio). Certains ouvrages de référence mentionnent en revanche le Burgtheater de Vienne.
Livret :
Marco Coltellini, auteur de livrets pour Traetta, Gluck et Sarti et poète de la cour de Vienne, écrit pour le goût « bas » du prince, féru de comique, un divertissement vif, à l’action rapide, fait de quiproquos, de domestiques frondeurs et de travestissements. Il met en miroir un couple de nobles et un couple de serviteurs, le tout sur le thème que résume le titre : là où est l’amour, là est la jalousie.
Intrigue :
- Acte I : La jeune marquise veuve Clarice hésite à épouser le comte Orazio, qui la courtise. Chacun a son serviteur : la suivante Vespetta et le valet Patrizio, eux aussi épris l’un de l’autre. Soupçons et malentendus font naître la jalousie chez les quatre personnages.
- Acte II : Querelles, ruptures et réconciliations se succèdent, avec des travestissements qui brouillent encore les pistes. Les masques tombent et les deux couples, maîtres et serviteurs, se retrouvent dans un dénouement heureux.
Enregistrement(s) :

Vojtěch Spurný — 2011
Format : DVD (88 minutes, plus 55 minutes de bonus) ; existe aussi en Blu-ray
Label : Opus Arte
Référence : OA 1104 D
Année d’enregistrement : 2011, théâtre baroque du château de Český Krumlov (reprise donnée le 9 septembre 2011, enregistrée en vidéo).
Distribution :
- Clarice, marquise : Lenka Máčiková, soprano
- Orazio, comte : Aleš Briscein, ténor
- Vespetta : Kateřina Kněžíková, soprano
- Patrizio : Jaroslav Březina, ténor
Direction : Vojtěch Spurný ; mise en scène : Ondřej Havelka
Orchestre : Schwarzenberg Court Orchestra (instruments d’époque)
Langue : italien (sous-titres anglais, français, allemand, japonais et coréen)
Particularité :
Première reprise moderne de l’ouvrage, donnée dans le théâtre même de la création, restauré et rouvert en 1997, l’un des deux seuls théâtres baroques conservés avec leurs machineries d’origine, avec celui de Drottningholm. La mise en scène d’Ondřej Havelka joue la carte de l’authenticité : toiles peintes, éclairage à la bougie, musiciens en perruques et livrées de 1768. La distribution entièrement tchèque, issue du Théâtre national de Prague, se montre habile comédienne et solide chanteuse ; l’orchestre joue avec netteté sous la direction de Spurný. La critique juge la musique plaisante et efficace, dans le style de la buffa napolitaine, plus que remarquable, et voit dans le théâtre « la vraie vedette » de la production. Le DVD comprend un documentaire de 55 minutes sur le théâtre. Le film a reçu le prix spécial de la fondation Dagmar et Václav Havel (Vize 97).
Postérité :
Longtemps oublié, l’ouvrage n’a été remonté qu’en 2011, à l’occasion de la restauration du théâtre de Krumlov. On y a relevé une ressemblance entre l’air de Patrizio « A che serve intisichire » et le « Non so più cosa son » de Chérubin dans Les Noces de Figaro (1786), composé dix-huit ans plus tard. Il témoigne du goût de la noblesse austro-bohémienne pour l’opera buffa à la fin du XVIIIe siècle.






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