Note personnelle : ,

Scarlatti, Alessandro — Griselda (1721)

Format
Dramma per musica en 3 actes.
Musique : Alessandro Scarlatti (1660 – 1725).
Livret : Apostolo Zeno (adapté d’après la centième nouvelle du Décaméron de Boccace).
Langue : Italien.
Création
20 janvier 1721 au Teatro Capranica de Rome.
Dernier des plus de cent opéras conservés d’Alessandro Scarlatti, Griselda fut créé à Rome avec une distribution intégralement masculine (castrats et ténors), en raison de la prohibition papale interdisant aux femmes de monter sur les planches romaines à cette époque. Conçu pour le petit Teatro Capranica, l’opéra se caractérise par une écriture orchestrale d’une virtuosité et d’une richesse contrepointique exceptionnelles, marquant l’apogée de l’école opératique baroque italienne.
Livret
Rédigé à l’origine en 1701 par Apostolo Zeno pour Venise, le livret met en scène les épreuves mythiques subies par une humble bergère devenue reine, afin de prouver au peuple la noblesse de sa vertu face aux exigences de la noblesse de sang.
Intrigue
  • Acte I : Le roi Gualtiero de Sicile a épousé la roturière Griselda. Face au mécontentement des sujets qui jugent cette union indigne du trône, Gualtiero annonce qu’il répudie Griselda pour prendre une nouvelle épouse de sang royal, Costanza (en réalité leur propre fille, cachée dès la naissance et élevée par le prince Corrado). Griselda accepte le dénuement et le retour à sa vie champêtre sans révolte. Le noble Ottone, épris de Griselda, tente d’en profiter pour la séduire, mais se heurte à son inflexible fidélité.
  • Acte II : Réfugiée dans une forêt, Griselda retrouve la vie simple. Gualtiero poursuit ses épreuves cruelles : il fait croire à Griselda que leur jeune fils Everardo doit être livré aux bêtes. Ottone tente de la faire chanter en lui offrant la vie de l’enfant contre sa main, mais elle préfère la mort à l’infidélité. Rencontrant la jeune Costanza sans la reconnaître, Griselda ressent d’instinct un puissant lien maternel. Devant la menace d’un enlèvement orchestré par Ottone, Gualtiero ordonne que Griselda soit ramenée au palais, non comme reine, mais comme servante.
  • Acte III : Rendu jaloux et furieux par l’amour qui unit Costanza au jeune Roberto, Gualtiero pousse la torture morale à son comble : il annonce qu’il donne Griselda en mariage à Ottone. Ne pouvant accepter d’appartenir à un autre homme que son époux, Griselda demande à être mise à mort. Subjugué par cette preuve ultime de constance et de dévouement, Gualtiero met fin au subterfuge.
Fin de l’opéra
Dans la scène finale (Acte III, scène 5), Gualtiero révèle la vérité à son peuple et à la cour : la prétendue fiancée Costanza est la fille de Griselda. Everardo est sain et sauf. Le roi demande pardon à Griselda et la rétablit triomphalement sur le trône. Costanza est accordée à son amant Roberto, tandis qu’Ottone est pardonné pour ses égarements passionnels. L’œuvre se conclut par le chœur général célébrant la vertu héroïque : « Coronatevi di fiori casti amori… ».
Enregistrement(s)

Bruno Maderna — 1960
  • Format : CD (3 CD)
  • Label : Arkadia (collection Maderna Volume 5)
  • Référence : 3 CDMAD 015
  • Année d’enregistrement : 27 septembre 1960, Hannover (Live / Rundfunkorchester Hannover des NDR)
  • Distribution :
    • Gualtiero : Pierre Mollet
    • Griselda : Mirella Freni
    • Costanza : Eugenia Ratti
    • Ottone : Heinz Rehfuss
    • Corrado : Peter Witsch
    • Roberto : Ernst Haefliger
  • Direction : Bruno Maderna
  • Orchestre : Radio-Orchester Hannover des NDR
  • Choeur : Hannoversche Solistenvereinigung (Chef de chœur : Wilfried Garbers)
  • Basso continuo : Walter Gerwig, Michael Schäffer (luths), Matthias Siedel (clavecin), Horst Beckedorf (violoncelle), Rudolf Schlegel (contrebasse)
  • Langue : Italien
  • Bonus du coffret : Claudio Monteverdi (L’Orfeo, extraits, 1969), Richard Wagner (Faust Ouvertüre, 1966), Ferruccio Busoni (Turandot Suite, 1966).
René Jacobs — 2002
  • Format : CD (3 CD)
  • Label : Harmonia Mundi
  • Référence : HMM 931805.07 (réédition 2019)
  • Année d’enregistrement : Enregistré en 2002 (coproduction avec WDR 3)
  • Distribution :
    • Griselda : Dorothea Röschmann
    • Gualtiero : Lawrence Zazzo
    • Costanza : Veronica Cangemi
    • Roberto : Bernarda Fink
    • Ottone : Silvia Tro Santafé
    • Corrado : Kobie van Rensburg
  • Direction : René Jacobs
  • Orchestre : Akademie für Alte Musik Berlin
  • Langue : Italien
George Petrou — 2021
  • Format : CD (3 CD)
  • Label : Dynamic
  • Référence : CDS7935.03
  • Année d’enregistrement : Captation live réalisée du 24 au 29 juillet 2021 lors du 47e Festival della Valle d’Itria au Palazzo Ducale de Martina Franca.
  • Édition : Nouvelle édition critique par Raffaele Pe & La Lira di Orfeo (2021) créée pour le 300e anniversaire de l’œuvre.
  • Distribution :
    • Gualtiero : Raffaele Pe
    • Griselda : Carmela Remigio
    • Ottone : Francesca Ascioti
    • Costanza : Mariam Battistelli
    • Corrado : Krystian Adam
    • Roberto : Miriam Albano
    • Everardo : Carlo Buonfrate
  • Direction : George Petrou
  • Orchestre : La Lira di Orfeo
  • Choeur : Coro Ghislieri (Chef de chœur : Giulio Prandi)
  • Langue : Italien
Postérité
Bien que saluée lors de sa création en 1721, Griselda ne connut qu’une seule série de représentations au Teatro Capranica avant de disparaître du répertoire en raison des coûts de production et de l’évolution rapide des goûts musicaux au XVIIIe siècle. Sa redécouverte moderne au XXe siècle — initialement portée par des pionniers comme Bruno Maderna, puis consacrée par la musique ancienne (Jacobs, Petrou) — a révélé le sommet de la maturité dramatique d’Alessandro Scarlatti.

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