Format :
- Dramma per musica (opera seria) en trois actes.
- Musique : Domenico Sarro (1679-1744).
- Livret : Pietro Métastase (1698-1782), écrit en 1736 pour Antonio Caldara.
- Langue : italien.
Création :
4 novembre 1737, Teatro di San Carlo, Naples.
Achille in Sciro est l’œuvre choisie pour inaugurer le nouveau Real Teatro di San Carlo, voulu par Charles de Bourbon, roi de Naples, et inauguré le jour de sa fête. Sarro, alors âgé de cinquante-sept ans, est une figure respectée de la vie musicale napolitaine, formé à la tradition de l’école de Naples et attentif à l’évolution du style galant qui s’impose dans les années 1730.
Livret :
Achille in Sciro, « festa teatrale » de Métastase, fut composé pour Vienne en 1736 et mis en musique par Antonio Caldara à l’occasion des noces de Marie-Thérèse et de François de Lorraine. Le poète puise dans le mythe d’Achille caché à Skyros, déjà traité par Stace dans l’Achilléide : pour lui épargner la mort annoncée devant Troie, sa mère Thétis le dissimule parmi les filles du roi Lycomède, sous les traits de la jeune « Pirra ». Le texte connut un très vaste succès et fut mis en musique, entre autres, par Leo, Jommelli, Hasse et Corselli.
Intrigue :
- Acte I : À la cour de Lycomède, Achille, déguisé en Pirra, aime en secret Déidamie, fille du roi, qui répond à son amour. Le prince Téagène, prétendant officiel de la princesse, attend la réponse de Lycomède. Ulysse, accompagné d’Arcade, aborde l’île : il sait que le héros que les Grecs réclament pour la guerre de Troie s’y cache.
- Acte II : Ulysse cherche à démasquer Achille par la ruse. Le précepteur Nearque s’efforce de protéger le secret, tandis que la jalousie de Téagène et les tourments de Déidamie compliquent la situation. Placé devant l’appel des armes, Achille laisse éclater sa nature guerrière et révèle son identité.
- Acte III : L’amour d’Achille et de Déidamie est dévoilé à Lycomède. Après les colères et les reproches, la situation se dénoue : Achille, partagé entre l’amour et la gloire, choisit de partir pour Troie avec Ulysse, laissant Déidamie à son destin.
Enregistrement(s) :

Federico Maria Sardelli — 2007
Format : 3 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 571/1-3
Année d’enregistrement : juillet 2007, Palazzo Ducale, Martina Franca (Festival della Valle d’Itria), enregistrement live.
Distribution :
- Achille : Gabriella Martellacci, alto
- Licomede : Marcello Nardis, ténor
- Teagene : Massimiliano Arizzi, soprano
- Deidamia : Maria Laura Martorana, soprano
- Ulisse : Francisco Ruben Brito, ténor
- Nearco : Eufemia Tufano, mezzo-soprano
- Arcade : Dolores Carlucci, soprano
Direction : Federico Maria Sardelli
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; Bratislava Chamber Choir
Langue : italien
Particularité :
Captation d’une production scénique du Festival della Valle d’Itria (mise en scène de Davide Livermore), première résurrection moderne de l’ouvrage après plus de deux siècles et demi d’oubli. Le disque conserve les aléas du direct : prise de son inégale, bruits de plateau, tempos parfois instables. La critique salue surtout les voix féminines, en particulier Martorana, Martellacci et Carlucci, et l’engagement d’Eufemia Tufano, tandis que les rôles masculins paraissent moins sûrs. Malgré ces réserves, l’intérêt de la partition et la rareté de l’œuvre en font un document précieux.
Postérité :
Associé à l’inauguration du San Carlo, l’ouvrage reste le titre pour lequel Sarro est aujourd’hui surtout mémorisé, avec son intermezzo Dorina e Nibbio. Il demeure rarement joué ; le livret de Métastase, lui, a connu une fortune considérable, comme en témoigne la version de Caldara (1736) et celles de Leo, Jommelli, Hasse ou Corselli, cette dernière ayant été redonnée au Teatro Real de Madrid, où elle avait été créée en 1744.






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