Format :
- Drame lyrique en 3 actes.
- Musique : Camille Saint-Saëns (1835-1921)
- Livret : Lucien Augé de Lassus
- Langue : français
Création :
24 février 1906, Opéra de Monte-Carlo, sous la direction de Léon Jehin.
Commande du prince Albert Ier de Monaco et du directeur Raoul Gunsbourg, l’ouvrage est donné lors d’une soirée de gala caritative, devant la presse parisienne. Saint-Saëns, qui l’a achevé en 1905, le considère comme le dernier maillon de sa production lyrique ; la presse salue la maîtrise de la partition, même si le compositeur juge la première « glaciale » et la seconde représentation bien meilleure.
Livret :
Lucien Augé de Lassus, déjà librettiste de Phryné (1893), situe l’action en Corse, sous le Premier Empire, et s’inscrit dans le thème romantique de la vendetta : la haine mortelle entre les familles Fabiani et Piétra Néra rappelle celle des Montaigu et des Capulet de Roméo et Juliette. Saint-Saëns, qui contrôle étroitement le texte, exige coupes et réécritures, et ramène l’ouvrage à trois actes brefs.
Intrigue :
- Acte I : Dans un site montagneux de Corse, entre deux mausolées, les Fabiani et les Piétra Néra se font face. L’ermite Raphaël, aidé de Tébaldo Piétra Néra, officier de Napoléon revenu au pays, obtient que les deux familles se tournent vers la paix. Mais Nunciata, l’ancêtre, refuse le pardon d’un seul mot : « Non ! ». Tébaldo aime Margarita, sœur de lait de Vanina, et en est aimé ; Vanina aime aussi Tébaldo, mais toutes deux appartiennent au camp qu’il doit haïr.
- Acte II : Léandri, petit-fils de Nunciata, attire Tébaldo dans un guet-apens et est tué en se défendant. Son corps est ramené chez l’aïeule, qui entonne une lamentation funèbre appelant à la vengeance. Vanina, sœur de Léandri, jure de venger son frère, mais un serviteur lui souffle que le meurtrier est Tébaldo.
- Acte III : Près de la chapelle où Raphaël doit unir Tébaldo et Margarita, Vanina, à qui le serviteur Bursica a remis un fusil, surprend les aveux d’amour des amants ; elle ne peut tirer sur Tébaldo. Nunciata saisit l’arme et tire ; Vanina se jette pour protéger Tébaldo et tombe mortellement touchée.
Enregistrement(s) :

Kazuki Yamada — 2024
Format : 2 CD + livret
Label : Palazzetto Bru Zane (collection « Opéra français »)
Année d’enregistrement : octobre 2024, Auditorium Rainier III, Monaco (concert).
Distribution :
- Nunciata : Jennifer Holloway, soprano
- Vanina : Gaëlle Arquez, mezzo-soprano
- Margarita : Hélène Carpentier, soprano
- Tébaldo : Julien Henric, ténor
- Raphaël : Michael Arivony, baryton
- Bursica : Matthieu Lécroart, baryton
- Une Femme : Yui Yoshino, soprano
Direction : Kazuki Yamada
Orchestre : Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ; The Philharmonic Chorus of Tokyo (chef de chœur : Hiroyuki Mito ; chef de chant : David Zobel)
Langue : français
Particularité :
Première intégrale au disque de cet ouvrage rare, enregistrée à Monaco, là où l’œuvre fut créée, à l’issue d’un concert d’octobre 2024. Elle prolonge l’édition de l’intégrale des opéras de Saint-Saëns entreprise par le Palazzetto Bru Zane, et la critique a salué à la fois la concision de la partition, la qualité des ensembles et des chœurs, et l’engagement des interprètes.
Postérité :
Après les cinq représentations monégasques, L’Ancêtre est reprise à Toulouse (1907), Prague (1908), Aix-les-Bains (1909), puis à l’Opéra-Comique en 1911 (treize représentations), à Nantes, à Genève, à Alger, au Caire, à Montréal et à Anvers. Monte-Carlo la redonne en 1915, avant un oubli de plus d’un siècle. Saint-Saëns y voyait l’un de ses accomplissements musicaux les plus aboutis.






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