Note personnelle : ,

Salieri, Antonio — Armida (1771)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Antonio Salieri (1750-1825)
  • Livret : Marco Coltellini (1724-1777), d’après la Jérusalem délivrée du Tasse
  • Langue : italien

Création :

2 juin 1771, Burgtheater, Vienne.
Premier opera seria de Salieri, alors âgé de vingt et un ans et élève de Gassmann, après sa commedia per musica Le donne letterate de 1770. Le succès est vif : le lendemain, Joseph II écrit à son frère que l’ouvrage a été « très bien reçu ». Armida était chantée par Catarina Schindler, Rinaldo par le castrat Giuseppe Millico (vraisemblablement) et Ubaldo probablement par Francesco Bussani. L’œuvre est ensuite acclamée à Copenhague (1773), Saint-Pétersbourg (1774) et en Allemagne du Nord (1776-1785).

Livret :

Marco Coltellini, poète de la cour de Vienne, protégé de Metastasio, de Calzabigi et de Gluck, adapte l’épisode de la magicienne Armide et du chevalier Renaud, déjà mis en musique par Lully et Quinault. Salieri place la partition dans le style « magico-héroï-lyrique, touchant au tragique », sous l’influence de la réforme de Gluck : la sinfonia initiale est une véritable pantomime orchestrale qui prépare au drame.

Intrigue :

  • Acte I : La magicienne Armide, reine de Damas, défend Jérusalem contre les croisés. Elle a ensorcelé le chevalier Renaud (Rinaldo) et l’a emmené sur son île enchantée, où elle est tombée éperdument amoureuse de lui. Son compagnon croisé Ubaldo, venu le délivrer, vainc les démons gardiens de l’île avec sa baguette magique. Dans un parc délicieux, de jeunes femmes chantent et dansent la fugacité de la beauté ; Ismene, confidente d’Armide, donne l’alerte. Ubaldo repousse leurs séductions, et chasse les démons convoqués par Ismene. Il prie la Providence de l’aider à ramener Renaud à la raison.
  • Acte II : Dans les jardins d’Armide, les amants célèbrent leur amour. Armide, craignant la séparation, s’éloigne pour éprouver ses pouvoirs. Resté seul, Renaud rêve d’elle et s’endort. Ubaldo accroche son bouclier magique à un arbre ; en s’éveillant, Renaud y voit son reflet et se souvient de qui il est. Armide, effrayée par le bouclier, s’enfuit. Ubaldo lui rappelle ses devoirs de chrétien et il décide de retourner à la croisade.
  • Acte III : Dans une chambre souterraine, Armide invoque en vain les dieux infernaux. Ismene annonce que Renaud est libéré et s’apprête à partir avec Ubaldo. Armide le supplie de rester ou de la tuer, mais, sans l’émouvoir, s’évanouit. À son réveil, il est parti : elle fait détruire l’île et s’envole sur un char tiré par des dragons ailés, en jurant de se venger.

Enregistrement(s) :

Christophe Rousset — 2020

Format : CD + livret
Label : Aparté
Référence : AP244
Année d’enregistrement : 10-13 juillet 2020, Philharmonie de Paris (édition en 2021).
Distribution :

  • Armida : Lenneke Ruiten, soprano
  • Rinaldo : Florie Valiquette, soprano
  • Ismene : Teresa Iervolino, mezzo-soprano
  • Ubaldo : Ashley Riches, baryton

Direction : Christophe Rousset
Orchestre : Les Talens Lyriques ; Chœur de chambre de Namur (chef de chœur : Thibaut Lenaerts)
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’ouvrage. Le rôle de Rinaldo, créé par un castrat, est confié à un soprano féminin.

Postérité :

Armida fut l’un des très rares opéras publiés en Allemagne au XVIIIe siècle (réduction chant-piano de Cramer, Leipzig, 1783), et Salieri la révisa plus tard pour des reprises à succès ; Heinrich von Gerstenberg, après l’avoir entendue à Hambourg en 1776, écrivit à son épouse : « Divin ! J’ai pleuré dix fois ». L’ouvrage est ensuite tombé dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte au disque.

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