Note personnelle : ,

Saint-Saëns, Camille — Déjanire (1911)

Format :

  • Tragédie lyrique en 4 actes.
  • Musique : Camille Saint-Saëns.
  • Livret : Louis Gallet (mort en 1898), d’après sa propre tragédie Déjanire de 1898, elle-même inspirée des Trachiniennes de Sophocle et, dans une moindre mesure, d’Hercule sur l’Œta attribué à Sénèque ; Saint-Saëns, qui l’a révisé, figure comme coauteur.
  • Langue : français.

Création :

14 mars 1911, au Théâtre de Monte-Carlo (version opéra, chantée de bout en bout) ; la pièce primitive avait été créée à Béziers, aux arènes, le 28 août 1898, sous forme de tragédie avec musique de scène, chœurs et ballet, avec Cora Laparcerie en Déjanire.
Saint-Saëns a soixante-quinze ans. Lié au prince Albert Ier de Monaco et à Raoul Gunsbourg, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, il refond la pièce de 1898 en véritable opéra, composé à partir de décembre 1909 au Caire (dans un pavillon mis à sa disposition par le frère du Khédive) et achevé en mars 1910 à Monte-Carlo et à Cannes. L’ouvrage est repris à l’Opéra de Paris à l’automne 1911 (Litvinne en Déjanire, Muratore en Hercule).

Livret :

Gallet suit surtout les Trachiniennes de Sophocle, où Déjanire, pour reconquérir l’amour d’Hercule épris de sa captive Iole, lui offre une tunique imprégnée du sang du centaure Nessus ; le poison la transforme en supplice pour le héros. Il y apporte quelques inventions : Philoctète, ami d’Hercule, est amoureux d’Iole et aimé d’elle, ce qui compose un quatuor d’allure racinienne, et Phénice, nourrice de Déjanire douée de prophétie, est un cinquième personnage de son invention. L’action se situe à Œchalie, et non à Trachis comme chez Sophocle. En 1911, Saint-Saëns a aussi modifié le dénouement : Déjanire, qui chez Gallet annonçait son suicide, se lamente sans qu’on précise son sort. Il a également remanié les vers de Gallet pour les rendre chantables et a confié Hercule à un ténor (Muratore) plutôt qu’à une basse.

Intrigue :

  • Acte I : À Œchalie, ville du tyran Eurytos qu’il a tué, Hercule règne, cruel et farouche. Il est éperdument amoureux d’Iole, sa captive, fille d’Eurytos, et veut l’épouser, tandis que sa femme Déjanire l’attend en vain à Calydon. Il charge son ami Philoctète, amoureux lui aussi d’Iole qui le lui rend, d’apprendre à la jeune fille qu’il l’aime. Coup de théâtre : Déjanire arrive, désireuse d’empêcher l’hymen dont elle a eu connaissance.
  • Acte II : Dans le gynécée, Iole se lamente entourée de ses femmes. Déjanire survient et insulte celle qu’elle croit sa rivale, mais s’interrompt lorsqu’entre Hercule, qui l’exhorte violemment à repartir pour Calydon. Elle refuse et menace de se venger. Hercule apprend ensuite de la bouche d’Iole qu’elle aime Philoctète, qui est aussitôt fait prisonnier. Fureur d’Hercule, qui tempête de voir son amitié trahie et sa passion dédaignée.
  • Acte III : Déjanire explique à Phénice comment le centaure Nessus lui a donné une tunique teinte de son sang, gage et moyen de fidélité. Iole accourt demander assistance à Déjanire, et lui révèle sa passion pour Philoctète ; il est décidé qu’elle partira afin qu’Hercule l’oublie et revienne à Déjanire. Surprise par Hercule, la jeune fille cède sous ses menaces et promet, sur un serment solennel, d’être sa femme. Déjanire accable alors Iole de reproches et décide d’user du talisman offert par le Centaure : c’est Iole qui en fera présent à Hercule comme vêtement nuptial.
  • Acte IV : Danses, offrandes et cérémonie des noces se succèdent. Hercule accepte des mains d’Iole la tunique fatale qu’il revêt. Un rayon de soleil en embrase les fleurs et le héros, en proie à une flamme dévorante, éperdu de douleur, se jette dans le brasier du bûcher nuptial en implorant le secours de Jupiter qui a pitié de son fils. Hercule disparaît dans les éclairs et la fumée (apothéose), tandis que Déjanire se désespère d’avoir perdu Hercule en croyant le reconquérir.

Enregistrement(s) :

Kazuki Yamada — 2022

Format : CD-livre (2 disques)
Label : Palazzetto Bru Zane (collection « Opéra français », n° 39 ; parution 2024)
Référence : Palazzetto Bru Zane, collection « Opéra français »
Année d’enregistrement : 12-16 octobre 2022, Auditorium Rainier III, Monaco (première mondiale)
Distribution :

  • Déjanire : Kate Aldrich, mezzo-soprano
  • Hercule : Julien Dran, ténor
  • Iole : Anaïs Constans, soprano
  • Philoctète : Jérôme Boutillier, baryton
  • Phénice : Anna Dowsley, mezzo-soprano

Direction : Kazuki Yamada
Orchestre : Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ; Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo (chef de chœur : Stefano Visconti ; chef de chant : David Zobel)
Langue : français

Particularité :

Première intégrale discographique de la dernière œuvre lyrique de Saint-Saëns, dans la collection d’opéras français du Palazzetto Bru Zane, que la fondation consacre depuis 2014 à la renaissance de l’ensemble des opéras du compositeur. Seul un extrait, l’épithalame de l’acte IV (« Viens, ô toi dont le clair visage »), avait été enregistré auparavant. Le rôle-titre exige un grand soprano aux graves cuivrés ; Hercule relève d’une tessiture plus ambiguë, celle d’un ténor héroïque (Muratore, à la création) ; Iole est écrite dans un hiératisme tout en notes aiguës pianissimo. Kazuki Yamada dirige l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dans la principauté même où l’opéra a été créé.

Postérité :

Accueillie avec respect à l’Opéra de Paris en 1911, la partition de Déjanire ne trouve pas son public, à l’heure où la modernité l’emporte sur le classicisme, puis où la Première Guerre mondiale rebat les cartes. Saint-Saëns passe ses dernières années à promouvoir les reprises de Henry VIII et, dans une moindre mesure, du Timbre d’argent, délaissant Déjanire dont les gabarits vocaux rendaient utopiques les distributions de qualité. Le Monde artiste et Gil Blas avaient pourtant salué en 1911 la noblesse et la pureté de la partition, Gil Blas y voyant l’œuvre la plus homogène du compositeur depuis Samson et Dalila. Longtemps oubliée, Déjanire n’avait connu avant l’enregistrement de Monte-Carlo que quelques extraits, révélés au festival de Radio France à Montpellier en 1985 ; sa concision et ses élans lyriques devraient lui donner de nouveaux admirateurs.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les 5 derniers enregistrements ajoutés.
Salieri, Antonio
Axur, re d’Ormus (1788)
Salieri, Antonio
Armida (1771)
Salieri, Antonio
Arlecchinata (1788)
Saint-Saëns, Camille
Samson et Dalila (1877)
Saint-Saëns, Camille
Samson et Dalila (1877)

Phase 1 : Je crée une fiche pour les opéras que je possède physiquement ou numériquement.
Reste à lister :

208 fiche(s)

Ce site est à la base fait pour mon utilisation personnelle. Il liste des opéras que j’ai, que je cherche (très majoritairement d’avant le XXème siècle).
Les références en rouge correspondent à ce que je possède physiquement en CD/SACD/DVD/Bluray.
« Opéra » au sens très large avec quelques opérettes, des zarzuelas etc…
Les pages ont été créées avec l’IA (le modèle utilisé est précisé dans chaque page) et peuvent contenir des erreurs même si j’ai demandé de n’utiliser que des sources fiables (wikipedia, sites des maisons de disques, discogs etc.)
Elles seront toutes revues et corrigées au fur et à mesure des progrès des modèles.
Les titres en gris/italique correspondent aux opéras pour lesquels je n’ai trouvé aucune trace d’enregistrement (autre que des extraits éventuels) ou je n’ai pas encore eu le temps de chercher. Il faut cocher la case pour les faire apparaître.

Statistiques:
Nombre d’opéras pour lesquels j’ai au moins une version physique :
559 CDs/SACDs
130 DVDs/Blurays

——————————–

Nombre d’opéras pour lesquels je n’ai (au moins) qu’une version numérique :
588 versions FLAC

——————————–
16 opéras avec enregistrement(s) connu(s) sur ma wishlist.

——————————–
16986 opéras sans enregistrement connu/pas encore trouvé (cocher la case en haut de la liste pour les faire apparaître).